CHIP­MUNK DE BLACK HORSE MO­DEL Une ma­quette ori­gi­nale

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte : Jean Paul & Her­vé Mou­ri­choux Pho­tos : Mo­nique Mou­ri­choux

Comment re­con­naître un avion De Ha­villand? Le bi­plan Ti­ger Moth, l’avion de trans­port Dra­gon Ra­pid ou le chas­seur bi­mo­teur Mos­qui­to… Ces avions conçus et pro­duits par le construc­teur De Ha­villand ont un point com­mun fa­cile à dé­tec­ter: une forme de dé­rive ar­ron­die en bord d’at­taque et bord de fuite, avec un som­met poin­tu.

Conçu en 1946, le Chip­munk est un avion d’en­traî­ne­ment pro­po­sé aux ar­mées pour rem­pla­cer le Ti­ger Moth du même construc­teur. Il a été conçu et pro­duit au Ca­na­da, en An­gle­terre et au Por­tu­gal. Il se­ra fa­bri­qué à 1 283 exem­plaires entre 1946 et 1961. Avec une masse à vide de 643 kg et un mo­teur de 145 ch, il af­fiche des per­for­mances plu­tôt mo­destes avec une vi­tesse en pointe de 223 km/h et un rayon d’action de 500 km. Il reste en état de vol en­vi­ron 350 mo­dèles. Le mo­dèle re­pro­duit par Black Horse est un exem­plaire aux cou­leurs ca­na­diennes.

UN KIT BIEN AVAN­CÉ

Le mo­dèle est en­tiè­re­ment en struc­ture bois, en­toi­lé à l’Ora­co­ver. Les ailes sont en deux par­ties dé­mon­tables, équi­pées de gou­vernes (ai­le­rons et vo­lets) oc­cu­pant la to­ta­li­té du bord de fuite. L’im­plan­ta­tion des ser­vos se fait dans l’épais­seur de l’aile, au dos d’une trappe. Il en faut un par gou­verne, soit quatre au to­tal. La clé d’ailes de 20 mm de dia­mètre est en alu­mi­nium. Les fixa­tions sont ori­gi­nales car confiées à des fer­rures qui entrent dans le fu­se­lage pour être ser­rées par une vis à de­meure. C’est simple, ef­fi­cace et fa­cile à mettre en oeuvre. Les ar­ti­cu­la­tions de l’en­semble des gou­vernes sont faites par des char­nières souples qui res­tent à col­ler. Le train est à fixer sous les ailes. Les jambes « ma­quette » en alu­mi­nium sont amor­ties : elles sont en­quillées sur une CAP qu’il va fal­loir fixer à l’in­tra­dos dans les em­pla­ce­ments pré­vus. Les roues de 75 mm sont en mousse.

Le fu­se­lage est qua­si­ment cy­lin­drique avec de beaux kar­mans à la jonc­tion des ailes, qui vont com­plè­te­ment mas­quer le point de rac­cord ailes/fu­seau. La struc­ture bois est in­té­gra­le­ment cof­frée en bal­sa, ce qui as­sure une bonne ri­gi­di­té. La par­tie fixe de la dé­rive est so­li­daire du fu­seau, le sta­bi­li­sa­teur en deux par­ties res­tant à col­ler. La grande bulle est amo­vible, sa fixa­tion est clas­si­que­ment confiée à deux pièces de blo­cage en bois à l’avant et d’une ti­rette à res­sort à l’ar­rière. En un clic, vous ac­cé­dez aux en­trailles du mo­dèle : c’est très im­por­tant lorsque vous avez une pro­pul­sion élec­trique né­ces­si­tant à chaque vol de ma­ni­pu­ler l’ac­cu de pro­pul­sion. On trouve à l’in­té­rieur deux pla­tines : une pe­tite à l’ar­rière pour im­plan­ter les ser­vos (deux pour la pro­fon­deur et une pour la dé­rive), et à l’avant la pla­tine de l’ac­cu ou du ré­ser­voir, avec la place pour le ré­cep­teur. Nul be­soin d’avoir des doigts d’en­fant pour bri­co­ler dans le fu­seau, on a de l’es­pace. À l’avant, le couple pare-feu n’est per­cé qu’en son centre, pour per­mettre le pas­sage des du­rites d’un mo­teur ther­mique. Les points de fixa­tion du mo­teur sont lais­sés à votre charge. Le vo­lu­mi­neux ca­pot mo­teur en fibre est prêt à être fixé : il est peint aux cou­leurs du fu­se­lage avec les ou­ver­tures « ma­quette » dé­jà faites.

L’en­semble de l’ac­cas­tillage né­ces­saire au mon­tage est four­ni dans le kit : com­mandes, vis­se­rie, gui­gnols, mais éga­le­ment le bâ­ti mo­teur en deux par­ties, le ré­ser­voir et le cône d’hé­lice de 60 mm. La no­tice en an­glais va gui­der l’ac­qué­reur tout au l ong des étapes de mon­tage: les

nom­breuses pho­tos vont d’ailleurs s’avé­rer plus utiles que les ex­pli­ca­tions qui y sont as­so­ciées.

La dé­cou­verte du kit prend peu de temps, il faut dire qu’il n’y a pas beau­coup de pièces : ce­la pré­fi­gure d’un mon­tage ra­pide. Ça tombe bien, je suis plu­tôt pres­sé !

MON­TAGE : QUE DU CLAS­SIQUE

Le mo­dèle est pré­vu pour être équi­pé d’un mo­teur ther­mique 2 temps de 10 cm3, 4 temps 15 cm3 ou d’un mo­teur élec­trique Rim Fire 60 (Bru­sh­less 5055 avec un kV de 650) ali­men­té en LiPo 5 ou 6S. J’ai re­te­nu un mo­teur (dis­po­nible dans l’ate­lier et éprou­vé sur d’autres ma­chines) Bru­sh­less 5045 avec un kV de 500, ali­men­té en 5 ou 6S.

Cô­té ser­vos, il en faut quatre dans l es ailes et deux dans l e fu­se­lage (au for­mat stan­dard). J’ai dé­ci­dé d’uti­li­ser les To­wer­pro MG 996 R, ser­vos éco­no­miques ro­bustes et lar­ge­ment di­men­sion­nés pour le mo­dèle.

Le mon­tage des ailes se ré­sume au col­lage des char­nières souples avec de l a cya­no, à l a fixa­tion des ser­vos au dos des trappes et au col­lage des gui­gnols en fibre de verre. Les com­mandes en CAP sont fi­le­tées à une ex­tré­mi­té (avec l’uti­li­sa­tion de chapes nor­males) et sont à plier pour l’autre bout avec blo­cage par des clips en plas­tique. Les jambes de train amor­ties sont à blo­quer dans le lo­ge­ment pré­vu dans les ailes, avec une pièce en plas­tique sim­ple­ment vis­sée. Les roues en mousse de 75 mm sont en­suite so­li­da­ri­sées des jambes de train par l’in­ter­mé­diaire d’une simple vis M5. Le trou dans la jambe étant ta­rau­dé, il suf­fit de vis­ser jus­qu’à ar­ri­ver en bu­tée pour ga­ran­tir une fixa­tion ro­buste.

On en­chaîne avec le fu­se­lage et le col­lage du sta­bi­li­sa­teur. Il se pré­sente en deux par­ties, à rac­cor­der au fu­seau sur une clé en alu­mi­nium de 9 mm de dia­mètre. Le col­lage se fait sur les flancs, le bon po­si­tion­ne­ment en in­ci­dence étant as­su­ré par un té­ton en bois cô­té bord d’at­taque. Pour l a dé­rive, j e dé­couvre une pe­tite as­tuce dans la concep­tion : d’ha­bi­tude, la com­mande est at­ta­chée à la gou­verne, elle-même liée à la rou­lette pour la rendre di­rec­trice. Ici, la com­mande est connec­tée à la rou­lette de queue, qui est ren-

due so­li­daire de la gou­verne par une corde à pia­no pliée et col­lée dans l’épais­seur de la dé­rive. Ce­la im­pose de com­men­cer par mon­ter la rou­lette de queue et plier la corde à pia­no, qui pos­sède une sur-lon­gueur, à la cote men­tion­née dans la no­tice, puis mon­ter la dé­rive mo­bile en col­lant la CAP. C’est ori­gi­nal mais fonc­tion­nel. Les gou­vernes de pro­fon­deur sont in­dé­pen­dantes et ani­mées par deux ser­vos si­tués dans le fu­seau, sous la bulle (comme le ser­vo de dé­rive). Les com­mandes en CAP cou­lissent dans des gaines en plas­tique de fa­çon sa­tis­fai­sante.

On passe au mon­tage de la pro­pul­sion, avec comme nous l’avons vu en dé­cou­vrant le kit, rien de pré­vu pour la fixa­tion du mo­teur élec­trique. Le plus simple étant sou­vent le meilleur, je dé­cide de fa­bri­quer un couple in­ter­mé­diaire en CTP de 4 mm qui va être fixé au couple pare-feu par quatre tiges fi­le­tées de 4 mm. Le ca­lage de ce couple se calque sur le couple pare-feu (an­ti­couple et pi­queur). Le bru­sh­less va être fixé en face ar­rière avec la croix de fixa­tion. Une fois bien bou­lon­née, la ri­gi­di­té est ex­cel­lente. Le po­si­tion­ne­ment du mo­teur en pro­fon­deur va être dé­fi­ni en pre­nant en compte la po­si­tion du ca­pot mo­teur, pour avoir un dé­ga­ge­ment suf­fi­sant du pla­teau d’hé­lice. Le contrô­leur élec­tro­nique se po­si­tionne der­rière le couple in­ter­mé­diaire, sim­ple­ment scot­ché sur une des tiges fi­le­tée. Le ca­pot se fixe avec quatre vis, après avoir per­cé les trous.

Il est temps de vé­ri­fier le cen­trage du mo­dèle mon­té et équi­pé de son ac­cu de pro­pul­sion. Le cen­trage de la no­tice est in­di­qué à 95 mm. Pour l’ob­te­nir, il faut avan­cer l’ac­cu LiPo 5S 5 000 mAh en bu­tée avant. Il dé­passe suf­fi­sam­ment par l’ou­ver­ture de la bulle pour le san­gler. Un Vel­cro au­to­col­lant est dis­po­sé sur la pla­tine (et sur l’ac­cu) pour contrer toute vel­léi­té de glis­ser.

Le poids du mo­dèle ain­si équi­pé est de 3 530 g, dans la four­chette an­non­cée sur la no­tice. Le mo­teur élec­trique Bru­sh­less 5045 em­mène al­lè­gre­ment l’hé­lice 13x7 : la faible consom­ma­tion de 35 A ré­vèle que le mo­teur peut être char­gé avec une hé­lice plus grande, mais la trac­tion semble dé­jà cor­recte, nous af­fi­ne­rons si be­soin lors des es­sais en vol.

Le mon­tage s’est tran­quille­ment éta­lé sur deux se­maines. Il y a tout de même un peu de tra­vail et quelques col­lages, mais la concep­tion est bien pen­sée et au­cune mau­vaise sur­prise n’est ve­nue en­ta­cher cette opé­ra­tion.

Avec son 1,63 m d’en­ver­gure, le Chip­munk de Black Horse Mo­del est une ma­quette sym­pa et pro­po­sée dans une taille rai­son­nable : un mo­dèle idéal pour vo­ler avec un bud­get rai­son­nable.

Le ca­pot mo­teur ca­rac­té­ris­tique n’a pas beau­coup d’ou­ver­tures : c’est néan­moins suf­fi­sant car notre mo­teur élec­trique (fai­ble­ment sol­li­ci­té) n’a ja­mais don­né des signes de chauffe anor­maux.

Les trois ser­vos (deux pour la pro­fon­deur et un pour la dé­rive) sont im­plan­tés à l’ar­rière et l’ac­cu LiPo 5S 5 000 mAh est tout à l’avant. Pas de pro­blème, il y a de la place.

La grande ca­bine est ver­rouillée par une ti­rette à res­sort à l’ar­rière, don­nant un ac­cès ra­pide et très pra­tique au com­par­ti­ment ra­dio et ac­cu.

Les postes de pi­lo­tage sont élé­gam­ment re­pro­duits, avec un buste de pi­lote en place avant : l’es­prit ma­quette est bien là.

Les jambes du train prin­ci­pal sont amor­ties. Mais la corde à pia­no prise dans l’aile est un peu trop souple et il faut re­dres­ser as­sez sou­vent les jambes, qui ont ten­dance à se tordre en ar­rière.

La rou­lette de queue a une concep­tion un peu par­ti­cu­lière : c’est elle qui en­traîne la gou­verne de dé­rive, et non l’in­verse.

Les ser­vos d’ai­le­rons et de vo­lets sont dis­si­mu­lés dans l’épais­seur de l’aile, mon­tés sur des trappes.

Le mo­dèle, sans être trop gros, af­fiche des vo­lumes in­té­res­sants. Il se contente d’équi­pe­ments stan­dards qui per­mettent d’avoir un bel avion pour un coût maî­tri­sé.

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