VI­RUS DE SI­LENCE MO­DEL

Un coup de jeune !

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte et pho­tos : Laurent Ber­li­vet

Cette f ois, il s’agis­sait d’une pe­tite chose à la fois frêle et ron­douillarde, par­ti­cu­liè­re­ment sé­dui­sante avec des di­men­sions lil­li­pu­tiennes. En l’oc­cur­rence, un mi­nus­cule pla­neur nom­mé Vi­rus, à construire avec un fu­se­lage très jouf­flu pour y ca­ser une mi­cro­ra­dio (qui nous sem­ble­rait énorme à l’heure ac­tuelle…), pro­lon­gé par une poutre, un stab en T et une aile équi­pée d’un an­tique et peu fré­quent pro­fil Je­dels­ky qu’on trou­vait par­fois sur des mo­dèles de vol libre.

Conçu par Ber­nard Mu­noz, le ré­dac’ chef de la re­vue de l’époque a d’abord cru à un gag de son pi­giste, dou­tant for­te­ment qu’un tel mi­crobe puisse réel­le­ment vo­ler. Pour s’en convaincre, il a en­voyé toutes les in­fos et le plan à deux autres pi­gistes pour qu’ils construisent cha­cun un mo­dèle et va­lident la for­mule !

Pu­blié en 1986, ce fut un suc­cès fou, au point qu’on en parle tou­jours après toutes ces an­nées.

Si­lence Mo­del, tou­jours à l’af­fût pour étendre sa gamme avec des mo­dèles ex­clu­sifs, a ob­te­nu l’ac­cord du concep­teur pour le pro­duire en kit. Et cette fois, c’est Ber­nard qui a été sur­pris de consta­ter l’in­té­rêt « éter­nel » de sa pe­tite créa­tion…

Le kit dif­fère l égè­re­ment de l’ori­gi­nal : l’al­lon­ge­ment a été re­vu, le fu­se­lage est moins vo­lu­mi­neux car les équi­pe­ments ra­dio n’ont plus rien à voir avec l es ser­vos et ré­cep­teurs « mons­trueux » de l’époque. Quant aux bat­te­ries NiCd qu’il fal­lait ca­ser tant bien que mal, elles ont lais­sé place aux pe­tits LiPo qui mul­ti­plient l’au­to­no­mie par 10… Le kit com­porte toutes l es pièces en bal­sa et contre-plaqué dé­cou­pées au la­ser, un plan échelle 1 et tous les ac­ces­soires pour réa­li­ser les com­mandes. Pour le prix, il est en rap­port avec l a taille du mo­dèle, soit 42 eu­ros.

La boîte est toute pe­tite. Il faut ce­pen­dant l a conser­ver car l e mo­dèle as­sem­blé, avec son aile en deux par­ties et son stab amo­vible, pour­ra tou­jours y ren­trer. Pra­tique pour l e sto­ckage et l e trans­port !

MON­TAGE

Le bois est lé­ger mais très raide. Il est né­ces­saire de le mettre en forme avant d’as­sem­bler le fu­se­lage en goutte d’eau. J’ai donc lais­sé trem­per les flancs et le cof­frage in­fé­rieur dans de l’eau chaude avant de les contraindre avec des cales et du poids par­des­sus. Les an­ciens di­ront que ça fonc­tionne en­core mieux avec de l’am­mo­niaque, mais l’odeur et les va­peurs sont très désa­gréables.

En at­ten­dant le sé­chage, on peut s’oc­cu­per des em­pen­nages. La par­tie fixe de la dé­rive est consti­tuée de trois épais­seurs afin d’en­glo­ber en son centre le pas­sage de la gaine de pro­fon­deur. Cette der­nière doit suivre une belle courbe et ne pas être cou­dée à l’en­droit où elle entre dans la poutre afin d’évi­ter tout point dur. Le tube car­bone de­vra donc être per­cé et fen­du pour son pas­sage, ain­si que pour faire sor­tir la gaine de di­rec­tion. Du ru­ban adhé­sif en pa­pier, col­lé sur le tube, per­met de bien re­pé­rer les en­droits à per­cer et évite éga­le­ment à la mèche ou au disque abra­sif de ri­per. La par­tie fixe du sta­bi­li­sa­teur et la gou­verne de pro­fon­deur sont ren­for­cées par des sau­mons rap­por­tés, fibre en tra­vers. La mise en forme est ra­pide, quelques coups de cale à pon­cer per­mettent d’ ar­ron­dir les bords d’ at­taque et d’ af­fi­ner les bords de fuite.

Re­ve­nons aux flancs du fu­se­lage qui sont main­te­nant bien secs. On prend soin de col­ler les ren­forts dans l es angles en conser­vant la cour­bure ob­te­nue au préa­lable. Les quatre couples en contre-plaqué ain­si que l a pla­tine-ser­vo sont col­lés à la colle blanche, em­pri­son­nés par l es deux flancs, en s’ai­dant de la vue de des­sus du plan pour res­pec­ter la forme.

Les cof­frages sont en­suite en­col­lés puis glis­sés entre l es flancs, sauf au ni­veau de la trappe à l’avant où le cof­frage consti­tué de deux épais­seurs ne se­ra pas col­lé sur les flancs pour per­mettre l’ac­cès. Deux points de cya­no suf­fisent pour l’im­mo­bi­li­ser. À l’avant, le nez est consti­tué d’un em­pi­le­ment de planches de bal­sa pour for­mer un bloc. Un pon­çage soi­gné per­met­tra de bien ar­ron­dir les angles. L’ar­rière du fu­se­lage est li­mé avec une queue-de-rat afin d’y glis­ser la poutre en car­bone. Celle-ci ne se­ra col­lée que plus tard, lorsque les ailes se­ront en place, afin d’as­su­rer un par­fait équer­rage.

Les ailes sont as­sem­blées en un rien de temps. Elles peuvent être mon­tées « en l’air », en pla­çant la planche ser­vant de bord d’at­taque à l’en­vers sur le plan et en ali­gnant les ner­vures d’après les re­pères, en s’ai­dant d’une équerre. Une autre mé­thode consiste à épin­gler chaque ner­vure sur l e chan­tier et à po­ser en­suite la planche du bord d’at­taque.

Les deux mé­thodes se valent. Il faut juste pen­ser à in­cli­ner les ner­vures centrales qui don­ne­ront l’angle du di­èdre. On met­tra les ailes à plat sur le chan­tier pour col­ler la par­tie ar­rière du cof­frage afin d’évi­ter tout vrillage. Des tubes en plas­tique sont in­sé­rés dans les ner­vures centrales, ser­vant de four­reaux aux deux clés d’aile en corde à pia­no de 2 mm. Seule la par­tie cen­trale est cof­frée. Sur un pro­fil Je­dels­ky, les ner­vures res­tent ap­pa­rentes à l’in­tra­dos.

FI­NI­TION

Les ailes n’étant pas en­toi­lées en des­sous, il est né­ces­saire de pro­té­ger le bois de l’hu­mi­di­té. J’ai pas­sé trois couches de bou­che­pore au pin­ceau, en lais­sant sé­cher à plat sur le chan­tier et en don­nant un lé­ger coup de pon-

çage entre chaque couche. L’ex­tra­dos et le reste du mo­dèle sont en­toi­lés avec du film ther­mo­ré­trac­table Ora­light. Les au­to­col­lants en forme de taches sont tra­cés à l’in­for­ma­tique et dé­cou­pés dans du vi­nyle au­to­col­lant avec une ma­chine Sil­houette SD. Ce­lui mar­qué Vi­rus est four­ni par le fa­bri­cant. La pla­tine est pré­vue pour re­ce­voir deux mi­cro-ser­vos. J’ai ins­tal­lé des Graup­ner DS101 de moins de 3 grammes pièce. Si vous uti­li­sez les mêmes, je vous re­com­mande de glis­ser une goutte de cya­no entre les par­ties haute et basse du boî­tier car ils ont ten­dance à s’ou­vrir dès qu’on tente d’en­fi­ler le pa­lon­nier. Ça sur­prend de se re­trou­ver avec la mé­ca­nique au fond du fu­se­lage…

At­ten­tion avec les cordes à pia­no pour les com­mandes : la plus longue, qui est aus­si plus fine, est des­ti­née à la pro­fon­deur. Le glis­se­ment doit se faire sans point dur, les ser­vos n’ayant qu’une très faible puis­sance.

Pour le ré­cep­teur, il en faut un de taille mo­deste, plus fin qu’un mor­ceau de sucre. Pour avoir de l’au­to­no­mie, mais aus­si pour évi­ter d’ajou­ter du plomb afin d’ob­te­nir le cen­trage, j’ai pla­cé un LiPo 1S 600 mAh. Il res­tait la place pour un pe­tit buz­zer qui per­met de re­trou­ver ce pe­tit pla­neur quand l’herbe du ter­rain de vol est un peu haute.

CONTA­MI­NÉ ?

Grâce à Si­lence Mo­del, le Vi­rus pu­blié en 1986 a su­bi une vé­ri- table cure de jou­vence. Ceux qui gar­daient le plan sous le coude de­puis toutes ces an­nées et qui n’ont ja­mais pris le temps d’at­ta­quer la construc­tion peuvent dé­sor­mais pas­ser à l’acte grâce à ce kit com­plet. Ce n’est pas le temps de mon­tage qui risque de re­bu­ter, même pour un dé­bu­tant en construc­tion : quelques soi­rées ré­par­ties sur une se­maine suf­fisent. Le vol est fa­cile et amu­sant et la faible iner­tie rend ce pe­tit pla­neur qua­si indestructible.

Ceux qui lisent la presse mo­dé­liste de­puis les an­nées 80 re­con­naî­tront ins­tan­ta­né­ment le Vi­rus, pe­tit pla­neur deux axes des­si­né par Ber­nard Mu­noz.

Une bonne pi­che­nette per­met d’ef­fec­tuer un large cercle en re­ve­nant se po­ser dans la main.

En plaine, le por­tage est amu­sant. Ici, c’est un bi­plan Ma­non qui a re­çu un ber­ceau spé­ci­fique.

1 Le bal­sa des flancs, un peu dur, a été mouillé et mis à sé­cher sous presse pour ob­te­nir la cour­bure né­ces­saire. 2 Un mor­ceau de scotch pa­pier col­lé sur le tube car­bone per­met de bien voir où pra­ti­quer la fente des­ti­née au pas­sage de la gaine. 3 Mon­tage de l’aile « en l’air ». Il n’y a pas de lon­ge­ron, c’est la plan­chette du bord d’at­taque qui fait aus­si of­fice de cof­frage su­pé­rieur. 4 Dé­tail de l’em­plan­ture, avec deux mor­ceaux de planche qui coffrent tout l’ex­tra­dos. La plan­chette à l’avant est dé­jà frai­sée avec le bon pro­fil. 5 Seule la par­tie cen­trale est cof­frée à l’in­tra­dos. À l’in­té­rieur, deux mor­ceaux de tube plas­tique font of­fice de sup­ports de clés d’aile. L’in­tra­dos n’est pas en­toi­lé sur un pro­fil Je­dels­ky. Il faut donc pro­té­ger le bois de l’hu­mi­di­té avec du bouche-pore. 6 L’équi­li­brage d’un mo­dèle doit être fait avec pré­ci­sion. Sur un pe­tit mo­dèle, la plage de cen­trage n’est que de quelques mil­li­mètres. 7 La place est comp­tée dans le fu­se­lage. L’équi­pe­ment per­met de cen­trer le pla­neur sans ajou­ter de plomb. 8 Stab et ailes dé­mon­tés, le Vi­rus se range dans sa toute pe­tite boîte et pour­ra être em­por­té par­tout pour vo­ler sou­vent.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.