B.A. EAGLE DE BLACK HORSE MO­DEL

Un avion rare et ori­gi­nal

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte : Pierre Buis­syne Pho­tos : Laurent Buis­syne

Avant de nous lan­cer dans la dé­cou­verte de ce kit, re­pla­çons-nous dans le contexte de l a créa­tion de cet avion. Nous sommes dans l es an­nées 30, l’avia­tion de­vient flo­ris­sante et c’est l’an­née des re­cords, no­tam­ment Lé­na Bern­stein qui bat le re­cord de du­rée de pi­lote seul à bord en 35 h 45. C’est éga­le­ment du­rant cette pé­riode que le B.A. Eagle fut construit. Ori­gi­naire du Royaume-Uni, il s’agis­sait d’un mo­no­plan aile basse d’une ca­pa­ci­té d’em­port de trois per­sonnes. La Bri­tish Klemm Air­plane Com­pa­ny fit une pro­duc­tion li­mi­tée de 43 avions construits. La vente se fit es­sen­tiel­le­ment aux com­pa­gnies pri­vées. Néan­moins, cer­tains furent ven­dus à des aé­ro-clubs. Entre 1935 et 1937, le B.A. Eagle fut uti­li­sé pour les courses aé­riennes. À l’heure ac­tuelle, il n’en reste plus que deux au monde : le ma­tri­cule G-AFAX ex­po­sé au mu­sée de l’air de Ma­drid en Es­pagne, qui était en­core ac­tif en 2009, et le ma­tri­cule VH-UTI, ex­po­sé en Aus­tra­lie et qui a été ac­tif jus­qu’en 2012.

Ce mo­dèle ARTF est clas­sique avec la marque Black Horse : une se­mi-ma­quette en struc­ture bois en­toi­lée à l’Ora­co­ver. L’aile est en deux par­ties, équi­pée de vo­lets de bord de fuite.

Di­vers ac­ces­soires tels que les com­mandes, gui­gnols, vis, chapes, pi­lote sont li­vrés. Le mou­lage des élé­ments en fibre (ca­pot et pan­ta­lons de roues) est d’ex­cel­lente qua­li­té, la teinte de la pein­ture est iden­tique à la teinte de l’Ora­co­ver re­cou­vrant la cel­lule. On trouve aus­si tout le né­ces­saire pour ins­tal­ler une mo­to­ri­sa­tion ther­mique (bâ­ti et ré­ser­voir) ou élec­trique (ral­longe de bâ­ti). Les au­to­col­lants comme les im­ma­tri­cu­la­tions se­ront à col­ler. La no­tice, bien qu’en langue an­glaise, se suf­fit à elle-même, les nom­breux des­sins et pho­tos étant suf­fi­sam­ment ex­pli­cites.

MON­TAGE

L’as­sem­blage du fu­se­lage de­mande peu de travail. À no­ter que le couple mo­teur pré­vu pour le mo­teur élec­trique est per­cé d’ori­gine, mais ces per­çages po­si­tionnent le mo­teur 7 à 8 mm

trop bas par rap­port au ca­pot. Il convient donc de re­per­cer le couple mo­teur. Pour la pose de la rou­lette de queue, la corde à pia­no four­nie pour cou­pler le vo­let à la rou­lette pré­sente un re­tour cou­dé qui vient se lo­ger dans le vo­let de dé­rive, mais l’angle du pli n’est pas suf­fi­sant. Il faut donc ajus­ter cet angle pour avoir un re­tour qui soit plus pro­non­cé et per­mettre un mon­tage cor­rect de l’en­semble. Le dia­mètre de l’axe de la rou­lette de queue est trop pe­tit. Il faut le re­per­cer à 2,4 mm pour qu’elle se monte par­fai­te­ment sur la corde de pia­no. En­fin, et pour res­ter sur la rou­lette ar­rière, je n’ai pas trou­vé la vis sans tête ve­nant se lo­ger dans la bague d’ar­rêt de la rou­lette.

Hor­mis ces quelques dé­tails, le travail sur le fu­se­lage est très agréable, ra­pide et sans grande dif­fi­cul­té. Le lo­ge­ment du sta­bi­li­sa­teur n’a pas été re­tou­ché et le sta­bi­li­sa­teur ho­ri­zon­tal était d’ori­gine bien ca­lé par rap­port aux ailes.

Les ailes sont li­vrées avec les ai­le­rons et les vo­lets pré-as­sem­blés. En ef­fet, les char­nières des ai­le­rons sont col­lées uni­que­ment sur la pièce mo­bile. Il faut donc col­ler les char­nières sur l’aile. Néan­moins, il est in­dis­pen­sable de vé­ri­fier si le col­lage d’usine est sa­tis­fai­sant, car les char­nières peuvent avoir tendance à se dé­col­ler en ti­rant un peu des­sus. L’uti­li­sa­tion d’une colle époxy est conseillée.

L’ac­cès aux ser­vos des ailes se fait par l’in­ter­mé­diaire de trappes vis­sées sur l’in­tra­dos. Les trous pour les vis sont à pré-per­cer pour évi­ter de faire écla­ter le bois. Pour l’ins­tal­la­tion des com­mandes, il suf­fit de suivre l a no­tice, l es ac­ces­soires four­nis pour cette étape sont de très bonne qua­li­té. Dans un sou­ci d’es­thé­tique, les gui­gnols étant en fibre de verre, il est pré­fé­rable de pas­ser un coup de pein­ture rouge ou gris se­lon l’en­droit où ils se trouvent.

Les jambes de train sont main­te­nues cha­cune par quatre vis de 3,5 mm, leur mon­tage est donc ex­trê­me­ment ra­pide. En re­vanche, l’ha­billage des jambes de train à l’aide des pan­ta­lons en fibre de­mande un peu plus de travail et la no­tice ne four­nit pas toutes les ex­pli­ca­tions. L’ha­billage des jambes est com­po­sé de deux par­ties : une su­pé­rieure et une in­fé­rieure. Sur ces pièces, on re­trouve les ins­crip­tions L (left=gauche) et R (right=droite) pour évi­ter de se trom­per de cô­té lors de la pose. La par­tie su­pé­rieure peut être col­lée à la colle à chaud dans un pre­mier temps, mais de­mande tout de même, par la suite, trois vis sup­plé­men­taires pour être com­plè­te­ment im­mo­bi­li­sée par rap­port à l’aile. Sur cette pièce, il faut dé­ga­ger com­plè­te­ment le pas­sage pour la par­tie in­fé­rieure du pan­ta­lon. En ef­fet, il ne faut pas seule­ment en­le­ver juste as­sez de ma­tière pour faire pas­ser le dia­mètre des jambes, mais tout re­ti­rer pour pou­voir faire pas­ser la se­conde par­tie de l’ha­billage, qui vient s’em­boî­ter dans

la pre­mière, telles des pou­pées russes. Cette étape est donc dé­li­cate compte te­nu de la faible épais­seur de cette pièce qui, de plus, est en ABS. La fixa­tion de cette se­conde pièce sur la pre­mière de­mande uni­que­ment de faire un trou de chaque cô­té pour y pas­ser les vis de main­tien. L’as­sem­blage des deux par­ties consti­tuant le pan­ta­lon né­ces­site de re­mon­ter la par­tie in­fé­rieure, dé­ga­geant de ce fait une bonne par­tie de la roue.

MO­TO­RI­SA­TION ET FI­NI­TION

En ther­mique, Black Horse in­dique une four­chette de mo­teur al­lant du 10 cc 2 temps au 15 cc es­sence. En élec­trique, le mo­teur pré­co­ni­sé est un Rim­fire 60 (kV de 650) pré­vu pour être ali­men­té en 6S (4 000 à 5 000 mAh) et ré­gu­lé par un contrô­leur de 80 A. Le mo­teur qui a été ins­tal­lé dans le cadre de cet es­sai est un Top­mo­del XC5025/16 (kV de 470) équi­pé d’une ApcE 15x10 et ali­men­té en 5S (4 400 Mah). Les ai­le­rons, vo­lets et dé­rive se contentent d’un ser­vo stan­dard, la pro­fon­deur est quant à elle ani­mée par un Hi­tec Hs485hb, plus puis­sant qu’un ser­vo stan­dard. Le ré­cep­teur est i ns­tal­lé der­rière la clé d’aile

Les au­to­col­lants sont à po­ser sur l’ap­pa­reil. Si les mar­quages rouges res­sortent très bien sur le gris de l’aile, c’est moins évident pour l’im­ma­tri­cu­la­tion du fu­se­lage : le blanc n’étant pas as­sez pro­non­cé, il laisse ap­pa­raître, une fois po­sé, le rouge du fu­se­lage. Ce­la donne à l’im­ma­tri­cu­la­tion une teinte gri­sâtre, dom­mage. L’en­toi­lage de­man­de­ra à être re­ten­du ici et là. Du­rant cette opé­ra­tion, il est pré­fé­rable de prê­ter at­ten­tion à la zone si­tuée de­vant le pare-brise. La zone de re­cou­vre­ment entre l e cou­pon gauche et le cou­pon droit est très faible et, en re­ten­dant trop fort, vous ris­quez de faire ap­pa­raître la struc­ture en bal­sa. Toutes l es têtes de vis re­ce­vront une pointe de pein­ture rouge afin de les mas­quer. En­fin, le pi­lote se­ra col­lé en place à l’époxy. On re­gret­te­ra la trans­pa­rence plu­tôt moyenne de la bulle, qui ne laisse pas suf­fi­sam­ment ap­pa­raître l e ma­gni­fique ta­bleau de bord four­ni d’ori­gine.

UN POINT SUR L’ÉQUILIBRAGE

Le cen­trage i ndi­qué dans l a no­tice se si­tue à 88 mm en re­trait par rap­port au bord d’at­taque, me­su­ré à l’em­plan­ture. En re­cu­lant au maxi­mum l’ac­cu uti­li­sé, le cen­trage ob­te­nu se trouve un bon 10 mm en avant. C’est dé­jà une bonne chose car au­cun ajout de plomb ne se­ra né­ces­saire sur le mo­dèle. En re­vanche, il faut es­pé­rer que ce cen­trage « avant » n’au­ra pas de consé­quence sur les qua­li­tés de vol. Le mo­teur Rim­fire conseillé étant 52 g plus lé­ger que le Top­mo­del, on peut ima­gi­ner que l e cen­trage se­ra peut-être plus fa­cile à ob­te­nir.

CONCLU­SION

Black Horse Mo­del nous pro­pose ici un mo­dèle ori­gi­nal. L’avion est bien dis­po­sé à être amé­lio­ré pour de­ve­nir une bonne pe­tite ma­quette. C’est un kit qui ne se re­trouve pas sur tous les ter­rains d’avia­tion. Sur ces quelques der­niers mots, je vous laisse à vos manches pour faire de beaux vols. ■

L’oi­seau af­fiche presque 1,8 m d’en­ver­gure mais se montre fa­cile à trans­por­ter grâce à ses ailes en deux par­ties.

Le B.A. Eagle, c’est tout le charme de l’avia­tion an­glaise des an­nées 30 : des lignes as­sez ef­fi­lées et élé­gantes…

Le kit est au stan­dard Black Horse Mo­del, à sa­voir une struc­ture bois as­sem­blée à 90 % et en­toi­lée à l’Ora­co­ver. Les ac­ces­soires four­nis sont de bonne qua­li­té.

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