UNE 2E SAI­SON COM­MENCE

LEBRON JAMES REVIT AVEC DU SANG NEUF AU­TOUR DE LUI À CLE­VE­LAND. IL ÉTAIT TEMPS, À QUELQUES SE­MAINES DES PLAYOFFS. GEORGE HILL, JOR­DAN CLARKSON, RODNEY HOOD ET LARRY NANCE JR AP­PORTENT FRAέCHEUR ET VI­TA­LI­TÉ ET SUR­TOUT, UNE NOU­VELLE DI­MEN­SION ATH­LÉ­TIQUE ET

Mondial Basket - - Édito -

Le dé­but d’an­née a été triste dans l’Ohio : neige à go­go, froid de ca­nard et des Ca­va­liers à la ra­masse avec un bi­lan né­ga­tif de 38.9% de vic­toires sur le seul mois de jan­vier. Af­front ter­rible de­vant des mil­lions de fans qui avaient les yeux ri­vés sur leur té­lé. Car il y a (aus­si) eu huit dé­faites dans des matches re­trans­mis en live sur le ré­seau na­tio­nal ! A l’is­sue du blo­wout face à Hous­ton à la Q Are­na (88-120), le 3 fé­vrier, un LeBron James plus qu’amer et désem­pa­ré lâ­cha dans une rage conte­nue : « J’en perds les mots… »

LE BIDE ISAIAH THO­MAS, ÉLÉ­MENT DÉCLENCHEUR

Ce ne sont pas Isaiah Tho­mas (La­kers), Der­rick Rose (libre au 24 fé­vrier ; même Tom Thi­bo­deau et Min­ne­so­ta n’en vou­laient pas), Iman Shum­pert (Sa­cra­men­to), Chan­ning Frye (La­kers) et Jae Crow­der (Utah) qui lui per­met­tront de les re­trou­ver car ils ne sont plus dans le lo­cker room de Cle­ve­land à l’heure qu’il est. Même Dwyane Wade a fait ses va­lises pour ren­trer à la mai­son, chez lui, en Flo­ride, à Mia­mi. Dan Gilbert, le pro­prié­taire de la fran­chise de l’Ohio, a-t-il sen­ti le vent tour­ner cet hi­ver ? Sû­re­ment. Pour gar­der LeBron James cet été, il avait tout in­té­rêt à sor- tir le car­net de chèques et à se­couer son front of­fice. Il fal­lait ren­for­cer et ré­veiller une équipe qui par­tait à vau-l’eau. Cle­ve­land, trans­for­mé en gruyère, avait l’avant-der­nière dé­fense de toute la Ligue ! Ty­ronn Lue avait tout es­sayé ou presque avec ce dont il dis­po­sait. Mee­tings, rab’ d’en­traî­ne­ment, nou­velles ro­ta­tions : tout y est pas­sé. Il al­la même jus­qu’à chan­ger à nou­veau son star­ting li­neup, en pleine tour­mente, en rap­pe­lant le Ca­na­dien Tris­tan Thomp­son, bom­bar­dé dans le cinq à la place de l’exCel­tic Jae Crow­der. En pure perte. Même la bles­sure et l’in­dis­po­ni­bi­li­té pour deux mois de Ke­vin Love (il de­vrait être re­mis à temps pour les playoffs), tou­ché à la main, res­taient un épi­phé­no­mène pour une équipe dé­zin­guée, dé­glin­guée dans toutes ses lignes. Le re­tour d’Isaiah Tho­mas le 2 jan­vier contre Port­land de­vait per­mettre aux Cavs de res­pi­rer. Au lieu de ce­la, ce fut l’as­phyxie to­tale. Le double All-Star, in­ca­pable d’or­ga­ni­ser le jeu et trop peu pro­duc­tif au sco­ring, a fait un bide com­plet. Il fi­nit même - bê­te­ment - par in­ter­pel­ler les pa­trons de la fran­chise avec des dé­cla­ra­tions in­tem­pes­tives sur les sys­tèmes de jeu de­vant la presse. Une re­mise en cause du coa­ching mal­ve­nue de la part d’une re­crue qui n’avait rien ap­por­té ou si peu - et sur­tout beau­coup moins que ce­lui qu’elle était cen­sée rem­pla­cer (Ky­rie Ir­ving, dont le dé­part au­ra vrai­ment trau­ma­ti­sé le cham­pion NBA 2016). Tho­mas, de­ve­nu un can­cer au ves­tiaire, a été ex­pé­dié sur la côte Ouest. En­core une preuve - pour ceux qui en dou­taient - du fait que l’on ne touche pas à Coach Lue, qui a per­mis à Cle­ve­land de dé­cro­cher l’unique titre de son his­toire (cer­tains ajou­te­ront qu’il est quelque peu « pro­té­gé » par le « King »). C’est peu dire que le flop Tho­mas a été le phé­no­mène qui a lan­cé le grand mé­nage de prin­temps. Le roster a été re­ma­nié en pro­fon­deur. Dans une Ligue où on ne fait pas de sen­ti­ments, une quin­zaine de matches au­ront suf­fi pour dé­ga­ger l’an­cien Cel­tic.

LE GM KOBY ALT­MAN S’EN SORT BIEN

Il n’avait pas échap­pé à LeBron James que les autres fran­chises s’étaient ac­ti­vées pour se ren­for­cer. A coups d’achats et de trades, des All-Stars de la trempe de Jim­my But­ler, Car­me­lo An­tho­ny, Paul George, Ch­ris Paul et, plus ré­cem­ment, Blake Grif­fin (à De­troit) ont tous per­mis à leur nou­velle équipe de re­par­tir de l’avant. Cle­ve­land ne pou­vait pas res­ter

« MON JOB, EN TANT QUE LEA­DER DE L’ÉQUIPE, C’EST DE M’AS­SU­RER QUE CHA­CUN EST PAR­FAI­TE­MENT ACCLIMATé à LA CULTURE DE LA GAGNE, POUR EN­DOS­SER LES HABITS DU CHAM­PION » LeBron James (Cle­ve­land)

dans une im­passe. Pas après avoir dis­pu­té trois Fi­nales. Le staff et le front of­fice ont tran­ché. Bye-bye, Isaiah. Wel­come Jor­dan Clarkson, Larry Nance Jr, George Hill et Rodney Hood. LeBron James avait fait cette dé­cla­ra­tion ter­rible quelques jours avant la trade deadline : « Je fais mon bou­lot. Chaque jour, je suis l’un des pre­miers à la salle d’en­traî­ne­ment et quand je quitte les lieux, je suis en­core l’un des der­niers. Je contrôle ce que je peux. Et c’est tout. » Ce n’est pas l’amour fou entre le « King » et Dan Gilbert de­puis dix-huit mois. LeBron n’a pas di­gé­ré le trade d’un Ky­rie Ir­ving en pleine forme contre un Isaiah Tho­mas bles­sé. Les 15 matches joués par l’ex-star de Bos­ton consti­tuent en quelque sorte une es­cro­que­rie. Et Dan Gilbert a com­pris. Un peu tard mais il a ré­pon­du à James en or­don­nant un coup de ba­lai sans pré­cé­dent à Cle­ve­land. Koby Alt­man, le GM, a été prié de co­gi­ter et d’ac­ti­ver son ré­seau pour ap­por­ter du sang neuf et re­dy­na­mi­ser un lo­cker room en pleine dé­prime. Le jeune ge­ne­ral ma­na­ger (35 ans) s’en sort bien. Pour le mo­ment. Les nou­veaux ve­nus (Hill, Hood, Clarkson, Nance Jr) ré­pondent aux at­tentes. Celles du big boss de la fran­chise et sur­tout celles du « King ». Mais le Roi ne veut pas être le fos­soyeur des an­ciens de la mai­son. James reste un homme de consen­sus. Il a com­men­té le block­bus­ter trade de l’an­née à sa ma­nière, sans nous convaincre sur la pre­mière par­tie : « Ça n’a rien à voir avec ce que les autres (ndlr:les­tra­dés) fai­saient, ce qu’ils ne pou­vaient pas nous of- frir et ce que les nou­veaux sont cen­sés nous ap­por­ter. Nous sommes tous des joueurs pro­fes­sion­nels. Nous étions bien avec les gars qui étaient ici au­pa­ra­vant, nous se­rons en­core plus heu­reux avec les gars qui sont ar­ri­vés. C’est comme ça dans cette Ligue, c’est un bu­si­ness. Il n’y a d’ombre sur per­sonne. » Sa­cré LeBron ! On ne lui en vou­dra pas mais per­sonne n’est dupe. Et sur­tout pas les ex­clus, ex­pé­diés aux quatre coins du pays, à Los An­geles, Sa­cra­men­to, Mia­mi et au diable pour Der­rick Rose, l’ex-MVP de la Ligue, qui a ob­te­nu un buy-out (ra­chat de son contrat) à Utah car il ne se

voyait pas ge­ler à Salt Lake Ci­ty.

UNE ÉQUIPE RA­JEU­NIE, PLUS ATH­LÉ­TIQUE, MEILLEURE EN DÉ­FENSE

Larry Nance Jr, 25 ans, avait à peine choi­si son nu­mé­ro à Cle­ve­land (le 24 après moult hé­si­ta­tions, son père avait por­té le 22 - qui a été re­ti­ré - chez les Cavs entre 1988 et 1994) que l’es­couade était « on the road », à Bos­ton. In­utile de dire que tous les re­gards des ob­ser­va­teurs étaient tour­nés vers cette pre­mière et ce duel au som­met au TD Gar­den. Pas d’op­po­si­tion Ky­rie-Isaiah mais du lourd, quand même. Du très sa­vou­reux, même. Et on n’a pas été dé­çus. Les C’s ont fait il­lu­sion le temps du pre­mier quart­temps. Après, ce fut un vé­ri­table lyn­chage et au fi­nal, un blo­wout de Bos­ton, ter­ras­sé 121-99. Une se­maine avant, les Ca­va­liers étaient à l’ago­nie ! George Hill a pris les com­mandes à la mène, au cô­té de J.R. Smith. « Mon job n’est pas de me po­ser des ques­tions sur ce qui a pu se pas­ser avant. On est ici pour com­men­cer quelque chose de nou­veau », a dit l’an­cien point guard de Sa­cra­men­to. Même son de cloche pour Rodney Hood, ar­rière shoo­teur gau­cher ar­ri­vé du Jazz et sor­ti du banc dans la pre­mière ro­ta­tion. Qui sait dé­jà ce que veut le boss. « LeBron de­mande des choses simples. Il faut jouer dur. En de­hors de ça, il te rend le match tel­le­ment fa­cile que tout est plus simple à exé­cu­ter si tu es à la bonne place sur le ter­rain. » George Hill a joué avec un ca­dor comme Paul George pen­dant cinq ans à In­dia­na. Pour lui, fi­ler le bal­lon à James est un bon­heur. Sur­tout qu’il en a ba­vé face au « King », es­suyant trois re­vers consé­cu­tifs en fi­nale de Confé­rence Est, quand In­dia­na et Mia­mi s’af­fron­taient pour une place face à la meilleure équipe de l’Ouest. « LeBron te met en confiance. Il veut qu’on prenne du plai­sir à jouer en­semble et sur­tout, il veut que nous soyons nous-mêmes. Je pense que c’est un bon signe. On va bien s’en­tendre. » Cleve-

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