DENNIS SMITH JR

L’ENRAGÉ QUI MORDAIT LES CERCLES

Mondial Basket - - Édito -

VEXÉ DE N’AVOIR ÉTÉ CHOI­SI QUE CIN­QUIÈME MENEUR DE LA DER­NIÈRE DRAFT, DENNIS SMITH JR AVAIT SOIF DE RE­VANCHE. TOUTE SA VIE N’AU­RA ÉTÉ QUE COM­BAT. DO­TÉ D’UNE DÉ­TENTE IRRÉELLE, IL « JUMPE » LES OBS­TACLES CHEZ LES MAVERICKS. DÉ­COL­LAGE IM­MÉ­DIAT !

UN CA­DEAU POUR SA GRAND-MÈRE

Ele­vé par un père cé­li­ba­taire - « J’ai gran­di sans mère et j’en ai pleu­ré, en­fant » -, Dennis doit beau­coup à sa grand-mère Glo­ria, 73 ans. Le soir de la draft, Ju­nior de­mande de l’ar­gent à Se­nior pour pou­voir man­ger quelque chose. Ju­nior af­firme qu’il n’a rien en tête mais il sait, à ce mo­ment, quel se­ra son pre­mier achat ma­jeur en tant que joueur NBA. Un SUV Lexus noir pour sa grand-mère. Elle l’a dé­jà choi­si. « Quand tu re­tournes à Dal­las, dit-elle à Ju­nior, tu dis à Mark Cu­ban de te payer. » De­puis, Ju­nior et sa soeur De’Ai­ra ont re­noué quelques contacts té­lé­pho­niques avec leur mère, He­le­na. Une ci­ca­trice pro­fonde qui nour­rit aus­si cette rage de vaincre.

J. COLE LUI LANCE UN DÉ­FI

Le rap­peur J. Cole, né à Fayet­te­ville, était un grand fan de Smith lorsque ce der­nier me­nait le jeu de la Tri­ni­ty Ch­ris­tian High School, dans cette ville de Ca­ro­line du Nord. Il l’a dé­fié lors d’une par­tie de un contre un en 2014. Smith n’a fait preuve d’au­cune pi­tié, contrant le rap­peur im­pi­toya­ble­ment. Même après ce swat, Dennis res­pecte tou­jours J. Cole et son jeu. « Il est agres­sif et il avait mar­qué une bonne par­tie des pa­niers de son équipe, a dé­cla­ré Smith. Je me suis dit : «Wow,ce­mec­peut­jouer pour­de­vrai!» C’était res­pec­table en soi. Nous sommes à peu près de la même étoffe. « The Come Up » est la pre­mière mix­tape que j’écoute chaque fois que je me lève ou que je cours tôt le ma­tin », pré­cise « DSJ ». J. Cole avait don­né quelques conseils à Smith lors de leur pre­mière ren­contre. « Il me di­sait de res­ter con­cen­tré sur le basket et me po­sait LA ques­tion prin­ci­pale : «Dans­quel col­le­ge­vas-tual­ler?» C’est un grand fan de UNC mais il m’avait re­com­man­dé d’al­ler là où je le vou­lais. »

IL IMPRESSIONNE STE­PHEN CUR­RY

Lors d’un camp d’été, Dennis a réa­li­sé un dunk mons­trueux sous les yeux des frères Cur­ry. Seth et Ste­phen. Steph a même cou­ru vers le ca­me­ra­man pour voir un re­play. Il faut dire que la dé­tente de Dennis a été cal­cu­lée à 1,21 m ! « J’avais 13 ans et je de­vais me­su­rer moins de 1,80 m quand j’ai réus­si mon pre­mier dunk à une main, avec re­bond sur le plexi, et avec un vrai bal­lon ! », narre-t-il. Deux se­maines après, il pas­sait son pre­mier « wind­mill dunk » en plein match.

UL­TRA-COMPÉTITIF

Voi­ci ce que Heath Van­de­ven­der, l’en­traî­neur de Smith à la Tri­ni­ty Ch­ris­tian High School, dé­cla­rait à son pro­pos : « C’est l’en­fant le plus compétitif que j’aie ja­mais en­traî­né, qu’il s’agisse de jeux vi­déo, de billard, de cartes, peu im­porte… Je pense qu’il se sou­vien­dra de ceux qui sont pas­sés de­vant lui à la draft, en par­ti­cu­lier des quatre me­neurs. Il l’uti­li­se­ra comme une mo­ti­va­tion toute la sai­son. » Mar­kelle Fultz (n°1 aux Cel­tics), Lon­zo Ball (n°2 aux La­kers), De’Aa­ron Fox (n°5 aux Kings) et Frank Ntilikina (n°8 aux Knicks) ont ap­pris à s’en mé­fier. « Vous par­lez d’un gars qui est un pit­bull. Si vous avez « ou­blié » de le draf­ter, vous al­lez vous en mordre les doigts ! », pour­sui­vait le coach qui n’avait pas pu uti­li­ser son pou­lain lors de sa der­nière an­née : il avait été vic­time d’une dé­chi­rure au ge­nou. « Je suis vrai­ment mo­ti­vé, avait sur­en­ché­ri Dennis au mo­ment de la draft. J’ai été sous-es­ti­mé toute ma vie. J’uti­lise ça comme car­bu­rant, ça me convient par­fai­te­ment. » Qu’on se le dise !

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