L’HEURE H

Mondial Basket - - Life With -

I l y a un peu plus de onze ans, Gerald Green s’était fait un nom en rem­por­tant le Slam Dunk Contest de Las Ve­gas. Il n’avait pas un seul ta­touage à l’époque et por­tait fiè­re­ment le maillot de Bos­ton. Paul Pierce l’avait cor­na­qué pour ce concours et Mi­chael Jor­dan lui avait mis les meilleures notes. Green avait 21 ans et l’am­bi­tion de ses jeunes an­nées che­villées au corps. Il fai­sait par­tie de cette der­nière gé­né­ra­tion qui était pas­sée di­rec­te­ment du ly­cée à la NBA, avant que le com­mis­sio­ner Da­vid Stern (rem­pla­cé par Adam Sil­ver de­puis) ne vante le fa­meux « Stay in school » pour re­tar­der d’un an l’ar­ri­vée de jeunes im­ma­tures dans la grande Ligue amé­ri­caine. Né à Houston, Green de­vint ra­pi­de­ment un no­made du cir­cuit NBA avant de connaître un exil en Rus­sie puis en Chine, entre 2009 et 2011. Le Texan n’a ja­mais eu le temps de se po­ser, voya­geant dans pas moins de 8 fran­chises ! En oc­tobre 2017, il avait sui­vi tout le trai­ning camp des Milwaukee Bucks avant d’être cou­pé au mo­ment de lan­cer la sai­son. « Quand Houston est ve­nu me cher­cher fin dé­cembre, je fai­sais des un contre un avec mon rott­wei­ler », ra­conte le n°18 de la draft 2005, dé­sor­mais âgé de 32 ans. Une vie de chien qui le voit jouer chez les Ro­ckets pour un peu plus de 900 000 $ « seule­ment ». Mais Green ne se plaint pas. Il a ré­cu­pé­ré un stra­pon­tin d’ex­trême jus­tesse dans sa ville na­tale car D’An­to­ni avait des bles­sés en cas­cade et vou­lait un shoo­teur ex­pé­ri­men­té. Il a fait l’af­faire. Im­mé­dia­te­ment. Alors que Ryan An­der­son, Chris Paul et Luc Mbah a Moute étaient blo­qués à l’in­fir­me­rie, le n°14 a rap­por­té 15.6 points de moyenne à 41.5% der­rière l’arc sur ses 10 pre­miers matchs ! En back-up d’Eric Gor­don, il est vite de­ve­nu la co­que­luche du Toyo­ta Cen­ter. « Les gens m’adorent ici. C’est nor­mal car ils savent que je suis un gars de Houston. Ga­min, j’étais fan des As­tros (ndlr : l’équipe de ba­se­ball). Je suis un pur mec de Houston. » Les ta­touages qu’il ar­bore au­jourd’hui en at­testent et il est heu­reux de mon­trer ses bi­ceps comme sa coupe « As­tro ». Car le ba­se­ball reste sa grande pas­sion. Chez les Ro­ckets, Coach D’An­to­ni lui donne en moyenne 22 mi­nutes de jeu par match. Un temps de jeu qu’il sait uti­li­ser. Contre Phoe­nix le 30 mars der­nier, il a mis un buz­zer bea­ter dans le cor­ner pour don­ner la vic­toire à Houston (104-103). « Je n’avais ja­mais eu la chance de faire ça de­vant ma mère et mon père. C’est le genre de shoot que tu rêves de mettre quand tu es ga­min. Tu mets toute la salle de­bout. C’est un truc de dingue », ra­con­tait le shoo­teur des Ro­ckets. Green se pro­je­tait dé­jà sur les playoffs dans une équipe où le tir est une re­li­gion. Il a clô­tu­ré la sai­son ré­gu­lière dans la même dy­na­mique qu’à son ar­ri­vée. Plus de 15 points de moyenne, 4.5 re­bonds et 36.5% der­rière la ligne à 3 points. Le Texan est un joueur d’im­pact en sor­tie de banc, même s’il n’est pas le meilleur dé­fen­seur du monde. Il est gé­né­reux dans l’ef­fort et ap­porte son éner­gie na­tu­relle. Quand il a pris 25 000 $ d’amende pour avoir re­pous­sé Gor­gui Dieng qui cher­chait des noises à Chris Paul, ce der­nier a ré­glé pour lui. En­fant, Green avait per­du un doigt parce qu’il avait dun­ké avec une bague qui avait ri­pé sur l’an­neau mais cette sai­son, il n’a pas per­du la main. Pour le plus grand bon­heur de Houston. GREEN EN SHORT 32 ans Amé­ri­cain Ar­rière shoo­teur

Sai­son 2017-18 : 12.1 pts, 3.2 rbds, 0.6 pd

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