HOUS­TON RO­CKETS 1994-1995

HOUS­TON RO­CKETS 4- 0 OR­LAN­DO MAG I C

Mondial Basket - - BACK-TO-BACK - LE GRAND TÉ­MOIN : HA­KEEM OLA­JU­WON

Res­pec­tez un peu Hous­ton, s’il vous plaît. Of­frez aux Ro­ckets une place dans l’his­toire. « Nous avons eu beau­coup de dé­trac­teurs tout au long de notre par­cours et j’ai une chose à leur dire : ne sous-es­ti­mez ja­mais le coeur d’un cham­pion ! » Cé­lèbre phrase si­gnée du coach texan, Ru­dy Tom­ja­no­vich, « Ro­cket­man » par ex­cel­lence. Les Ro­ckets de 1993-94 avaient prou­vé qu’ils pou­vaient ga­gner une guerre de tran­chées et sur­clas­ser, à ce pe­tit jeu, les Knicks de New York, avec une moyenne de 86 points par match en Fi­nales NBA pour l’ob­ten­tion de leur pre­mier ban­nière de cham­pion. Les Ro­ckets de 1994-95, confron­tés à des ri­vaux plus ath­lé­tiques et jouant plus ra­pi­de­ment, ont re­le­vé un autre dé­fi. Ils ont ins­crit 114 points par match contre Or­lan­do dans l’ul­time sé­rie. Un « gap » in­croyable de 28 points par match d’une Fi­nale à l’autre… Cette équipe de Hous­ton s’est ré­in­ven­tée presque du jour au len­de­main pour s’as­su­rer une place unique dans l’his­toire. « C’est dif­fi­cile pour moi de mettre en mots ce que je res­sens pour cette for­ma­tion, dé­cla­ra « Ru­dy T », la voix char­gée d’émo­tion après le « sweep » in­fli­gé au Ma­gic. Le ca­rac­tère, les tripes… Au­cune équipe dans l’his­toire de la Ligue n’a fait ça. Chaque for­ma­tion que nous avons bat­tue au­rait pu ga­gner le cham­pion­nat. C’est pour­quoi on nous doit le res­pect. » Des cham­pions qui ne vou­laient pas mou­rir ! Ils ont sur­vé­cu à une sai­son ré­gu­lière dé­ce­vante qui com­pre­nait un gros trade, des bles­sures, une ma­la­die, pour ar­ri­ver en playoffs avec le désa­van­tage du ter­rain. « Tout ce que nous voulions était une chance, rap­pe­lait Car­roll Daw­son, l’en­traî­neur ad­joint. Nous pen­sions que si nous ar­ri­vions à nous qua­li­fier pour les playoffs, nous pour­rions nous amé­lio­rer à chaque sé­rie. » En de­ve­nant la pre­mière équipe à « dou­bler » avec un « sweep », les Ro­ckets sont par­ve­nus à leurs fins. Ob­te­nir le res­pect. Res­pect pour Ha­keem Ola­ju­won, 5e seule­ment dans l’élec­tion du MVP de la sai­son ré­gu­lière et qui, mal­gré une Fi­nale mons­trueuse en 1994, n’avait ja­mais été re­con­nu à sa juste va­leur. Res­pect pour Clyde Drex­ler, en NBA de­puis une douzaine d’an­nées et qui, avant ces playoffs, avait mar­qué plus de points que n’im­porte qui en phase fi­nale sans ja­mais rem­por­ter de bague. Il a fal­lu que Clyde « The Glide » dé­barque en fé­vrier aux cô­tés d’Ha­keem « The Dream » pour que son rêve se réa­lise. Res­pect pour les jeunes joueurs en pleine as­cen­sion, tels que Ro­bert Hor­ry et Sam Cas­sell, ou les vé­té­rans comme Ma­rio Elie. Et sur­tout, res­pect pour les Ro­ckets en tant qu’équipe ! Cer­tains pen­saient un peu vite qu’ils avaient été cham­pions par ac­ci­dent ou sur un coup de chance… « Nous sommes res­tés en­semble et nous avons cru en nous­mêmes, c’est comme ça que nous y sommes arrivés », ex­pli­quait Ken­ny Smith. Les Ro­ckets mar­chaient au ra­len­ti à mi-sai­son. Ils échan­gèrent leur po­wer for­ward Otis Thorpe pour Clyde Drex­ler. Un guer­rier contre un pla­neur. Le « Pla­neur » re­trou­va ain­si son an­cien coéquipier de la classe Phi Slam­ma Jam­ma des Cou­gars de Hous­ton (NCAA), Ha­keem Ola­ju­won. In­vi­té à com­pa­rer les deux for­ma­tions, le pi­vot texan dé­cla­ra : « L’équipe de l’an­née der­nière était la meilleure l’an der­nier, l’équipe de cette an­née avait une plus grosse tâche. Il n’y avait pas d’ad­ver­saire fa­cile, nous de­vions jouer contre Utah, Phoe­nix, San An­to­nio et Or­lan­do. Nous avons payé nos co­ti­sa­tions, nous avons bos­sé dur pour y ar­ri­ver. » Pour se his­ser en Fi­nales, Hous­ton avait de fait réus­si un gros ex­ploit. Beau­coup es­ti­maient qu’Or­lan­do, de son cô­té, n’avait tout sim­ple­ment pas as­sez souf­fert, tou­chant le jackpot à la draft avec Sha­quille O’Neal, 22 ans, et Pen­ny Har­da­way, 23. Le Ma­gic fai­sait par­tie des équipes du fu­tur. Ces deux fran­chises pour­vues de bom­bar­diers fous à 3 points al­laient ef­fa­cer des ta­blettes tous les re­cords der­rière la ligne. Les 23 tirs à 3 points réus­sis par les deux équipes dans le Game 1 (pour 62 ten­ta­tives) ont ain­si gom­mé l’an­cienne marque de 14/37, tan­dis que le 14/32 de Hous­ton a ba­layé le re­cord de 10/22. Juste avant que les feux d’ar­ti­fice ne se dé­clenchent, Ola­ju­won avait clô­tu­ré le score en plan­tant de fa­çon in­ha­bi­tuelle un 3-points du cor­ner. Il ter­mi­na avec 35 pions et 15 re­bonds et fut élu à l’una­ni­mi­té MVP des Fi­nales pour la deuxième an­née consé­cu­tive, re­joi­gnant Mi­chael Jor­dan dans un club hy­per fer­mé : ce sont les seuls joueurs à avoir connu cet hon­neur deux an­nées de suite. In­ter­ro­gé pour sa­voir si ces playoffs re­pré­sen­taient le meilleur bas­ket de sa car­rière, « The Dream » dé­tour­na l’at­ten­tion de sa per­sonne. Comme tou­jours. « Je suis d’ac­cord mais je pense que c’est grâce à ce groupe, son style de jeu. Nous jouons un bas­ket d’équipe, avec une dé­fense agres­sive et en uti­li­sant des tirs ex­té­rieurs qui me li­bèrent et me donnent plus d’es­pace pour jouer à l’in­té­rieur. Nous avons évo­lué avec plus d’ex­pé­rience après ce que nous avons ac­com­pli l’an­née der­nière. »

NOUS JOUIONS UN BAS­KET D’ÉQUIPE HA­KEEM OLA­JU­WON

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