UN TREM­PLIN POUR LA FREE-AGEN­CY

Mondial Basket - - DRAFT 2018 -

AU­CUNE SUR­PRISE DANS LA DRAFT 2018 AVEC DEANDRE AY­TON, LE NU­MÉ­RO 1, PAR­TI POUR JOUER LE CAC­TUS EN ARI­ZO­NA. UNE BELLE PLANTE DE SEPT PIEDS QUI DE­VRAIT POUS­SER LES SUNS À GRAN­DIR. LA SU­PER­STAR EU­RO­PÉENNE LU­KA DON­CIC DÉ­BARQUE COMME UN COWBOY À DAL­LAS POUR TI­RER SUR TOUT CE QUI BOUGE. ET SI­NON ? LES GM N’ONT PRIS AU­CUN RISQUE À QUELQUES JOURS DE L’OU­VER­TURE D’UN MAR­CHÉ QUI CONCER­NAIT LEB­RON JAMES, KE­VIN DU­RANT, PAUL GEORGE ET CH­RIS PAUL. L’IN­TÉ­RÊT DE CETTE DRAFT, C’ÉTAIT DE GAR­DER SA MON­NAIE POUR MIEUX DÉ­PEN­SER TOUT L’ÉTÉ. UNE NOU­VELLE FABLE AMÉ­RI­CAINE.

Les deux fran­chises NBA qui se sont fait une place au so­leil au cours des dix-huit der­nières an­nées ont construit leur mo­dèle à par­tir de la draft. San An­to­nio avec Tim Dun­can, Ma­nu Gi­no­bi­li et To­ny Par­ker. Gol­den State en pio­chant Ste­phen Cur­ry, Klay Thomp­son et Dray­mond Green. Des choix ju­di­cieux de la part des ge­ne­ral ma­na­gers, RC Bu­ford chez les Texans et Bob Myers chez les Ca­li­for­niens. De bonnes pioches qui ont per­mis à ces deux fran­chises de conquérir des titres NBA. Pas moins de cinq pour les Spurs et dé­jà trois (en quatre ans) pour les gol­den boys de la Bay Area. C’est exac­te­ment ce que Ryan McDo­nough tente de faire à Phoe­nix. Le ge­ne­ral ma­na­ger des Suns n’a pas hé­si­té un ins­tant en fai­sant du pi­vot DeAndre Ay­ton le nu­mé­ro 1 de la draft 2018, après avoir pris le shoo­ting guard De­vin Boo­ker en 2015 (13e choix) et l’ar­rière-ai­lier Josh Jack­son l’an der­nier (4e choix). Trois picks ju­di­cieux qui doivent per­mettre à Phoe­nix de se pro­je­ter à court terme dans le Top 5 de la Wes­tern Conference, avec l’ob­jec­tif de rem­por­ter en­fin un pre­mier titre NBA. « Je suis dans la Ligue de­puis 2003, rap­pe­lait Ryan McDo­nough. J’ai vu pas­ser pas mal de joueurs à la draft mais au­tant que je m’en sou­vienne, c’est le groupe de joueurs le plus ta­len­tueux qu’on ait ja­mais eu. Le vo­lume des « big men », sur­tout, est phé­no­mé­nal. » Et McDo­nough est per­sua­dé d’avoir pris le meilleur cet été ! On sait que Phoe­nix a eu des en­tre­tiens avec 18 joueurs au mo­ment du Draft Com­bine de Chi­ca­go car les Suns ne peuvent tout sim­ple­ment plus se per­mettre, au­jourd’hui, de se trom­per. Entre 2008 et 2013 (date de l’ar­ri­vée de McDo­nough au poste de GM), l’équipe de l’Ari-

zo­na n’a ja­mais su ca­pi­ta­li­ser sur ses choix de draft. Ce temps semble ré­vo­lu avec Boo­ker, Jack­son, Ay­ton et l’ai­lier Mi­kal Bridges (10e choix), choi­si par Phi­la­del­phie mais en­voyé à Phoe­nix au cours de cette même ses­sion. Alors, l’équipe d’Igor Ko­kos­kov est-elle la grande ga­gnante de la draft 2018 ? Pas si sûr ! Des fran­chises ont pré­fé­ré gar­der de la flexi­bi­li­té sous leur sa­la­ry cap pour lan­cer de grandes ma­noeuvres à par­tir du 1er juillet, date de l’ou­ver­ture du mar­ché des free-agents.

LA­KERS, SIXERS ET MA­VE­RICKS LORGNENT LA FREE-AGEN­CY

Pour la pre­mière fois de­puis 2003, au­cun joueur confir­mé n’a été échan­gé le soir-même de la draft, sa­chant qu’au cours des trois der­nières sai­sons, cinq vé­té­rans en moyenne avaient chan­gé d’équipe à cette date. Certes, Dwight Ho­ward a été en­voyé à Brook­lyn par Char­lotte et Ti­mo­fey Moz­gov a fait le chemin in­verse. Mais c’était 48 heures avant la draft. Les ge­ne­ral ma­na­gers ont fait leur mar­ché en pio­chant des jeunes re­crues au-de­là de la « Green room » mais c’est en juillet que les grandes opé­ra­tions dé­bu­te­ront. On at­ten­dait de gros deals pour les su­per­stars. LeB­ron James, Paul George, Ch­ris Paul et Ke­vin Du­rant avaient tous la pos­si­bi­li­té de (re)de­ve­nir free-agents, alors que Kaw­hi Leo­nard a de­man­dé à être tra­dé. Evi­dem­ment, ces dif­fé­rentes op­tions ont cal­mé les GM le 21 juin à Brook­lyn. Ils n’al­laient pas s’ex­ci- ter sans sa­voir ce qui les at­ten­dait quinze jours plus tard. Phi­la­del­phie, par exemple, n’a pas hé­si­té à cé­der son 10e choix de draft, Mi­kal Bridges, à Phoe­nix pour le 16e choix, moins luxueux. Les Sixers ont re­te­nu l’ai­lier Zhaire Smith, for­mé à Texas Tech. Il n’y a pas de pe­tites éco­no­mies à ce ni­veau car entre une 10e et une 16e po­si­tion, c’est 1 mil­lion de dol­lars qui est en jeu. Ce move va per­mettre à la fran­chise de Joel Em­biid et Ben Sim­mons, éli­mi­née en de­mi-fi­nales de Con­fé­rence Est par Bos­ton (4-1), d’of­frir à un vé­té­ran une place dans son ros­ter, avec 26 mil­lions de dol­lars de sa­la­ry cap dès cet été. Les La­kers sont res­tés sobres de la même ma­nière, se conten­tant du 25e choix (l’in­té­rieur Mo­ritz Wa­gner) et d’un se­cond tour de draft. L’Al­le­mand est un La­ker in­té­ri­maire car le but du jeu, pour la fran­chise de Ma­gic John­son, est de si­gner deux joueurs ayant au moins 10 ans d’ex­pé­rience NBA au prix fort. Dal­las a ré­cu­pé­ré le pro­dige slo­vène Lu­ka Don­cic, 19 ans, pour prendre la re­lève de l’Al­le­mand Dirk No­witz­ki. Cette opé­ra­tion a un double sens. Elle si­gni­fie d’abord que les Ma­ve­ricks s’orientent vers une re­cons­truc­tion de fran­chise avec cette su­per­star eu­ro­péenne for­mée au Real Ma­drid. En­suite, Dal­las va être agres­sif sur le mar­ché pour ré­cu­pé­rer un pi­vot, ce qui reste sa prio­ri­té. Mo­ha­med Bam­ba au­rait pu être ce­lui-là via la draft (il été pris en 6e po­si­tion par Or­lan­do) mais les Ma­ve­ricks

avaient « dea­lé » avec les Hawks pour un me­neur (Trae Young, 5e, ex­pé­dié en Géor­gie contre Don­cic). Même avec Lu­ka, les Texans ont en­core 16 à 24 mil­lions de dol­lars pour sé­duire un « big man » star­ter. Il se­ra alors temps de cons­truire l’équipe du fu­tur avec la pé­pite slo­vène. Mais les Mavs n’ont pas to­ta­le­ment les mains libres. Tout dé­pen­dait des dé­ci­sions de leurs free-agents, Seth Cur­ry, Yo­gi Fer­rell et le Tu­ni­sien Sa­lah Me­j­ri. Mark Cu­ban, le pro­prio, ne déses­pé­rait pas de sé­duire des joueurs comme DeMar­cus Cou­sins, Clint Ca­pe­la et plus sû­re­ment Ju­lius Randle, un « cowboy » pur sucre puis­qu’il est né à Dal­las. At­lan­ta peut dire mer­ci au cham­pion 2011. Le me­neur Den­nis Schrö­der n’était plus dans les plans de la fran­chise, sur­tout après ses dé­cla­ra­tions en Al­le­magne (il avait clai­re­ment ex­pli­qué qu’il vou­lait jouer à In­dia­na ou Mil­wau­kee). L’ar­ri­vée de Trae Young, su­per me­neur de jeu des Soo­ners d’Ok­la­ho­ma, de­vrait pous­ser les di­ri­geants à ex­pé­dier Schrö­der sous d’autres la­ti­tudes. Cette draft a été condi­tion­née comme ja­mais par la free-agen­cy, qui de­vrait to­ta­le­ment chan­ger le pay­sage de la NBA la sai­son pro­chaine. D’ailleurs, un jeune draf­té, Collin Sex­ton (8e choix par Brook­lyn, en­voyé à Cle­ve­land), n’a pas man­qué de le sou­li­gner. C’est même un S.O.S. qu’il a en­voyé au meilleur joueur du monde, LeB­ron James, avant d’em­bar­quer pour l’Ohio : « LeB­ron, fai­sons-le ! Je vois que tu as be­soin de quelques élé­ments, une pe­tite pièce man­quante par rap­port à la sai­son der­nière. Fai­sons-le en­semble et re­tour­nons en Fi­nales. » Avec ce mes­sage ve­nu du fond du coeur, Collin Sex­ton au­ra-t-il été plus per­sua­sif que Ko­by Alt­man, le GM des Ca­va­liers ? Ré­ponse en juillet mais Sex­ton, for­mé à Ala­ba­ma, doit sa­voir que le « King » ne peut plus se conten­ter de re­tour­ner en Fi­nales NBA (huit de suite, neuf en tout). Il veut ga­gner une qua­trième bague de cham­pion.

A BOS­TON OU SAN AN­TO­NIO LE « STEAL » DE LA DRAFT

Dan­ny Ainge, le ge­ne­ral ma­na­ger des Cel­tics, avait suf­fi­sam­ment bri­co­lé son équipe avec des échanges pen­dant quatre ans. Cette an­née, il a dû at­tendre le 27e choix pour ap­pe­ler Ro­bert Williams. Un so­pho­more for­mé à Texas A&M qui n’a pas été très consis­tant la sai­son der­nière, d’où sa chute en bas de 1er tour. Mais Ainge est convain­cu d’avoir réa­li­sé le « steal » de la soi­rée. « C’est un rem­part pour protéger le pa­nier et un re­bon­deur. On n’a pas en­core vrai­ment ça à Bos­ton. On l’a en par­tie mais ce n’est pas ce que peut réus­sir Ro­bert Williams. » Aron Baynes a fait du bon bou­lot la sai­son pas­sée pour les Cel­tics mais ce n’est pas un dé­fen­seur dis­sua­sif comme peut l’être Ro­bert Williams avec sa mons­trueuse en­ver­gure de plus de 2,60 m ! Un vrai al­ba­tros qui ira ce­pen­dant vo­ler, se­lon toute vrai­sem­blance, du cô­té de la G-League dans un pre­mier temps, même si le coach de « Bean- town », Brad Stevens, lui voit beau­coup de qua­li­tés. Suf­fi­sam­ment pour re­joindre et in­té­grer ra­pi­de­ment son équipe. « Il a de la vi­tesse au contre. C’est ce qui est in­té­res­sant dans un pre­mier temps. On va tra­vailler sur son po­si­tion­ne­ment et on ver­ra comment on avance avec lui. » Bos­ton a pio­ché sans trop se rui­ner. L’an der­nier, les La­kers avaient pris Kyle Kuz­ma à la même po­si­tion, avec le 27e choix. Kuz­ma leur a coû­té 1,4 mil­lion de dol­lars et s’est im­po­sé aux cô­tés de Lon­zo Ball et Bran­don In­gram. Dan­ny Ainge se montre lui aus­si op­ti­miste, convain­cu d’avoir fer­ré le bon pois­son pour faire gros­sir ses Cel­tics. Mais San An­to­nio, en pleine tour­mente dans le dos­sier Kaw­hi Leo­nard, est aus­si per­sua­dé d’avoir réa­li­sé le « steal » de la nuit avec Lon­nie Wal­ker IV, re­te­nu en 18e po­si­tion. Les Texans ne savent pas très bien où ils vont, alors ils ont je­té leur dé­vo­lu sur ce deuxième ar­rière for­mé à Mia­mi. Wal­ker était consi­dé­ré comme un lot­te­ry pick une grande par­tie de la sai­son mais il a dé­çu au fil du temps à l’uni­ver­si­té, par son manque de maî­trise et son ir­ré­gu­la­ri­té. Lo­gi­que­ment, il est tom­bé à la 18e place mais son po­ten­tiel est très in­té­res­sant pour les Epe­rons qui n’ont pas trou­vé, de­puis deux ans, le joueur clé ca­pable de prendre le re­lais à l’ar­rière. Wal­ker, avec ses ap­ti­tudes dé­fen­sives, se­ra un nou­veau « try » dans le sys­tème de Gregg Po­po­vich.

Lu­ka Don­cic (Dal­las)

Lu­ka Don­cic (Dal­las)

Trae Young (At­lan­ta) DeAndre Ay­ton (Phoe­nix) Mi­kal Bridges Phoe­nix) (

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