La sa­ga Sar­go

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Cin­quante bou­gies, ce­la se fête ! Le chan­tier fin­lan­dais, connu au­jourd’hui dans le sec­teur de la plai­sance pour ses ba­teaux au ca­rac­tère hau­tu­rier, a vu le jour en 1967 sous le nom de Mi­nor. Mais c’est réel­le­ment en 1962 que l’histoire com­mence. En fait, elle cor­res­pond au mo­ment où Edy Sa­rin, le fon­da­teur de la marque, com­mence sa car­rière dans la construc­tion na­vale. Les pre­miers pas ont lieu à Kok­ko­la, un sec­teur de la Fin­lande où une tren­taine de construc­teurs de ba­teaux par­mi les plus ré­pu­tés au monde sont dé­nom­brés. En 1966, il fait même par­tie de l’aven­ture nais­sante du chan­tier Nau­tor’s Swan, par­ti­ci­pant à la construc­tion des tout pre­miers voi­liers de 36 pieds. Nau­tor ne maî­tri­sant pas tous les corps de mé­tiers, en par­ti­cu­lier le bois, Edy com­mence à pro­duire la me­nui­se­rie, le soir dans sa grange, puis ra­pi­de­ment dé­marre son af­faire of­fi­ciel­le­ment. En 1967, les contrats af­fluent de­puis Nau­tor, mais aus­si de­puis une mul­ti­tude de chan­tiers lo­caux. Alors que le com­po­site de­vient un ma­té­riau en vogue dans la construc­tion nau­tique, Edy lance le des­sin d’un pre­mier din­ghy de 3,50 mètres. Deux cent cin­quante autres mo­dèles voient le jour en l’es­pace de trois ans et le lo­go de la marque Mi­nor com­mence à être ap­po­sé sur les coques en 1969. Les Mi­nor 650 (des ti­mo­niers) sortent d’usine en 1976, créant la nouveauté. Ce sont les pre­miers ba­teaux à ca­bine ar­rière en Fin­lande, concept qui de­vient tra­di­tion­nel dans le nord de l’Eu­rope. Puis sort le pre­mier wal­ka­round avec son ty­pique pare-brise aux vitres in­ver­sées, le Mi­nor 700. La ré­pu­ta­tion du « ba­teau toute sai­son », ca­pable d’en­du­rer n’im­porte quel temps, se forge au fil des an­nées et des mo­dèles qui se suc­cèdent, au point que la mil­lième uni­té est li­vrée en 1998. C’est aus­si l’an­née de l’en­trée de Tho­mas, pre­mier des fils du couple Sa­rin, dans l’en­tre­prise familiale en tant que ma­na­ger mar­ke­ting. Les ba­teaux prennent de l’em­bon­point et le 34 est pré­sen­té en avant­pre­mière au Sa­lon d’Hel­sin­ki en 2000. L’ar­ri­vée du fils ap­por­te­ra un sé­rieux coup de jeune sur toute la gamme. Dès 2002, l’évo­lu­tion se pour­suit avec la construc­tion d’une se­conde usine, au bord de l’eau cette fois-ci. Elle est inau­gu­rée en 2002. Fi­nan­cée à l’ori­gine avec un prêt sur dix ans, l’usine est fi­na­le­ment in­té­gra­le­ment rem­bour­sée au bout de quatre ans. Les deux autres fils, Da­vid et Jo­hannes, re­joignent leur grand frère et l’ac­cé­lé­ra­tion se pour­suit. Les ex­por­ta­tions s’in­ten­si­fient, les pro­fes­sion­nels comme la po­lice ma­ri­time al­le­mande font confiance à Mi­nor pour leurs ba­teaux de tra­vail. L’an­née 2014 marque un tour­nant his­to­rique pour l’en­tre­prise familiale. L’ap­pel­la­tion Mi­nor se prê­tant de moins en moins au mar­ché an­glo-saxon, il est dé­ci­dé de chan­ger de nom, en l’oc­cur­rence un nom à l’image de l’es­prit de l’usine. Sar­go naît de la contrac­tion du nom « Sa­rin » et « Go », qui si­gni­fie en an­glais « al­ler de l’avant ». Le pa­ri est réus­si. Le ré­seau de dis­tri­bu­tion et d’im­por­ta­tion se conso­lide un peu par­tout dans le monde, États-Unis, Ja­pon, Al­le­magne, An­gle­terre, Rus­sie… et la France en mars 2015. Le nom Sar­go cor­res­pond à une nou­velle étape de mo­der­ni­sa­tion de toute la gamme, et aus­si à l’ar­ri­vée de nou­velles fi­ni­tions tou­jours plus orien­tées vers le haut de gamme. Une autre bonne part de la sta­bi­li­té et de la réus­site de Sar­go est di­rec­te­ment liée à cet es­prit de fa­mille et d’équipe. Un grand nombre d’em­ployés font par­tie in­té­grante de l’histoire, cer­tains sont là de­puis les an­nées 1980, per­pé­tuant la tra­di­tion, les codes et le sa­voir-faire de l’en­tre­prise et trans­met­tant la pas­sion et l’amour du beau à la dou­zaine de jeunes re­crues de l’an­née. En­fin, 2017 cé­lèbre les 50 ans de l’en­tre­prise, tou­jours pro­prié­té familiale. Un troi­sième bâ­ti­ment sort de terre et sur­plombe les eaux du golfe de Bot­nie. Il a été éri­gé spé­ci­fi­que­ment pour les étapes de fi­ni­tions et les mises en ser­vice à flot des ba­teaux. Tous les es­sais et va­li­da­tions sont faits, quelle que soit l’épais­seur des glaces hi­ver­nales. L’an­née 2017 cor­res­pond aus­si à l’an­nonce de nou­veaux axes de dé­ve­lop­pe­ment, des ré­ponses tou­jours au plus proche des de­mandes et des be­soins des clients de tout ho­ri­zon. Une ver­sion ré­so­lu­ment orien­tée fi­shing est en cours d’étude.

L’ex­plo­rer 28 est l’un des best-sel­lers du chan­tier fin­lan­dais spé­cia­li­sé dans les ti­mo­niers ba­rou­deurs tout temps.

Edy Sa­rin est le fon­da­teur de la marque Mi­nor en 1967.

Vue de la ligne d’as­sem­blage et de fi­ni­tion à l’usine de Kok­ko­la sur la côte ouest de la Fin­lande.

Par­mi les plus ré­cents mo­dèles de la gamme, le 33 a été ac­cla­mé par la presse nau­tique in­ter­na­tio­nale.

L’usine his­to­rique est au coeur de la fo­rêt fin­lan­daise, cer­née par les lacs.

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