La Loire-At­lan­tique en day-crui­ser ..................................

Moteur Boat Magazine - - SOMMAIRE -

Ta­naël 2 est un Lea­der 605 amé­na­gé que nous avons, ma femme et moi, de­puis six ans et dont le port d’at­tache est Gour­ma­lon à Por­nic. Après un plein de car­bu­rant à la Noë­veillard, le nou­veau port de Por­nic, la croi­sière peut com­men­cer. Le beau temps est de la par­tie, la mer est calme dans la baie de Bour­gneuf, et Noir­mou­tier est vi­sible de l’autre cô­té. Nous lon­geons la Côte de Jade, côte ro­cheuse sur la­quelle ap­pa­raissent de pe­tites criques de sable entre Sainte-Ma­rie-sur-Mer, com­mune rat­ta­chée à Por­nic, et Pré­failles. La baie de Bour­gneuf se ter­mine au sé­ma­phore de la pointe Saint-Gil­das, lieu de pêche bien connu des plai­san­ciers lo­caux. La tra­ver­sée du che­nal de Loire n’est qu’une for­ma­li­té, puis­qu’il y a peu de cou­rant et au­cun pas­sage de car­go. Nous en­trons dans la baie de La Baule par le pas­sage entre le phare du Grand Char­pen­tier et la Pierre Per­cée. La baie est bien pro­té­gée par un cha­pe­let de roches. Après seule­ment une heure de na­vi­ga­tion à 20 noeuds, nous ar­ri­vons à Por­ni­chet où nous re­trou­vons Re­ven­ton 2, le Cap Ca­ma­rat 555 DC de notre ami avec qui nous al­lons faire cette petite croi­sière de trois jours. Nous quit­tons le port avec les deux ba­teaux en di­rec­tion de Ba­gue­naud, une dune de sable entre deux roches face à la grande plage de Bonne Source à Por­ni­chet, où nous fai­sons une halte pour le dé­jeu­ner de mi­di. Dans l’après­mi­di, nous sor­tons de la baie de La Baule par le che­nal, puis lon­geons de belles vil­las bor­dant la côte ro­cheuse du Pou­li­guen. La mer est calme ; au large, le banc de la Banche et le pla­teau du Four cassent les vagues. À Batz-sur-Mer, nous pas­sons au pied du musée du Grand Block­haus qui do­mine la mer, puis nous ap­pro­chons, sans en­trer, du pe­tit port Saint-Mi­chel dont l’ac­cès est im­pos­sible à ma­rée basse. Une ving­taine de pe­tites em­bar­ca­tions y sta­tionnent à la belle sai­son. Nous pas­sons la pointe du Croi­sic, mais les ho­raires de ma­rée nous in­ter­disent l’ac­cès à ce port aty­pique consti­tué de pe­tits bas­sins, ap­pe­lés chambres. Après la pointe de PenB­ron, la rade du Croi­sic s’ouvre à nous. Nous pré­fé­rons par­tir plus au large, cap sur l’île Du­met, en dé­lais­sant les grandes plages de sable et, au fond de la rade, le port de pêche de La Tur­balle. Nous contour­nons l’île par le sud-est pour ar­ri­ver au mouillage le plus fré­quen­té, et le mieux abri­té. Après une heure de na­vi­ga­tion, nous mouillons l’ancre face à la grande plage de

la seule île de Loire-At­lan­tique, pour une pause lec­ture et bai­gnades bien mé­ri­tée. Il n’y a que 3,5 milles pour at­teindre le port de Pi­riac-surMer. L’ac­cès se fait en sui­vant les car­di­nales et bouées de che­nal. C’est un port en eau pro­fonde gar­dé par une porte à seuil bas­cu­lant ; il faut bien te­nir compte des ho­raires avant de s’y en­ga­ger. L’ac­cueil est convi­vial, et les deux ba­teaux sont pla­cés face à face, de chaque cô­té d’un pon­ton. Ayant un em­pla­ce­ment an­nuel dans un port de Loire-At­lan­tique, mon Pass’es­cale me donne droit à une nuit gra­tuite à Pi­riac, mais le Cap Ca­ma­rat doit s’ac­quit­ter d’une note de 20 € pour la nuit. Nous pro­fi­tons des douches et des sa­ni­taires à dis­po­si­tion, le confort de nos ba­teaux étant ré­duit au mi­ni­mum.

Pi­riac, une es­cale pleine de charme

Les prises de quai rac­cor­dées, les tauds de cock­pit sont dé­pliés, car les soi­rées com­mencent à être fraîches en ce mi­lieu de mois d’août et la nuit tombe de bonne heure. Le cock­pit du Cap Ca­ma­rat avec sa ban­quette en L et son taud in­té­gral se trans­forme en un car­ré plus agréable que ce­lui du Lea­der 605, pour­tant un peu plus grand. La soi­rée se ter­mine au­tour d’un bon re­pas en se ra­con­tant des his­toires de ma­rins avec d’autres amis ré­si­dant à Pi­riac pour les va­cances. Calme, tou­jours en eau et proche du centre d’une petite ville pleine de charme, ce port est une bonne es­cale. Le len­de­main ma­tin, nous vi­si­tons Pi­riac à pied, dé­cou­vrons la plage Saint-Mi­chel, puis nous sui­vons la côte et ren­trons au port par les pe­tites rues du cen­tre­ville. L’ar­chi­tec­ture est bre­ton­nante avec des mai­sons en pierre et des toi­tures pen­tues en ar­doise. De re­tour aux ba­teaux, il faut pré­pa­rer le dé­part, ran­ger les tables et les ral­longes élec­triques, puis re­con­fi­gu­rer les ba­teaux pour la na­vi­ga­tion. Après un re­pas à terre, nous quit­tons Pi­riac le di­manche en dé­but d’après-

mi­di. Dès la sor­tie du che­nal, nous sui­vons notre route sur la carte pa­pier ; le vent s’est un peu le­vé et nous pre­nons les vagues de face en na­vi­guant à vi­tesse ré­duite jus­qu’à la ba­lise du Nor­wen. Le pla­teau de Pi­riac per­turbe les vagues. La ba­lise pas­sée, nous re­trou­vons les condi­tions de la veille. Le Re­ven­ton 2, qui a dé­ci­dé de fran­chir les vagues au­tre­ment, est un peu dis­tan­cé, mais, à puis­sance égale, sa coque plus petite et son Mercury plus ner­veux que mon Hon­da en font un ba­teau beau­coup plus ra­pide que le nôtre et il ne tarde pas à nous rat­tra­per. Nous en­trons dans la baie de La Baule par le che­nal du Pou­li­guen.

Un mee­ting aé­rien pour clô­tu­rer le week-end

Nous sta­tion­nons sur une des bouées de mouillage libre de­vant Le Pou­li­guen le temps d’une bai­gnade et d’une conver­sa­tion sur cette na­vi­ga­tion avec nos pas­sa­gers, qui aiment ce type de ba­teau et la fa­çon dont ils sont uti­li­sés. Il est temps de nous po­si­tion­ner, sur ancre, de­vant La Baule car un mee­ting aé­rien va clô­tu­rer le week-end et in­ter­dit pour le mo­ment l’ac­cès au port de Por­ni­chet. Qu’im­porte, nous se­rons aux pre­mières loges… Après une nuit à couple à Por­ni­chet, je règle les 18 € de ma nui­tée, car le Pass’es­cale n’est pas va­lable dans ce port. Le ciel est gris, quelques gouttes tombent sur le pare-brise de Ta­naël 2, et la mé­téo est à l’image de mon mo­ral de fin de week-end. À re­gret, nous en­fi­lons les vestes de quart. Au cas où la pluie conti­nue­rait, je re­plie le taud, car je n’aime pas na­vi­guer avec, le pare-brise en plas­tique gê­nant la vi­si­bi­li­té, et les tur­bu­lences ar­rière font re­mon­ter des odeurs de gaz dans le cock­pit. À la sor­tie du port, la mer est plate, dé­ven­tée, avec peu de houle, et la vi­si­bi­li­té est bonne mal­gré tout. Le re­tour dans la baie de Bour­gneuf est ra­pide sous ce ciel char­gé, même Noir­mou­tier, au loin, est sous les nuages. Les pê­cheurs ne sont pas à la pointe Saint-Gil­das en ce lun­di ma­tin. Au fond de la baie, Por­nic ap­pa­raît dans un ha­lo de so­leil ; c’est là que nous al­lons. De re­tour dans le port de Gour­ma­lon, l’église, per­chée dans la ville haute sonne onze heures, le ba­teau est dé­char­gé et re­trouve son mouillage, qui marque la fin de la croi­sière et le re­tour à terre. ■

Nous quit­tons la baie de La Baule avec en ar­rière-plan du Cap Ca­ma­rat 555 DC les im­meubles de cette côte bé­ton­née dans les an­nées 1970.

Pro­me­nade dans les rues étroites de Pi­riac entre les mai­sons de pierre aux toi­tures pen­tues.

Gaëlle, aux com­mandes de notre Lea­der 605. En na­vi­ga­tion, nous por­tons sys­té­ma­ti­que­ment notre gi­let.

L’île Du­met ac­cueille un fort se­mi-cir­cu­laire et un fort car­ré Vau­ban. La cir­cu­la­tion sur l’île est contrô­lée en rai­son d’une fré­quen­ta­tion trop éle­vée qui, à une pé­riode, a me­na­cé la faune et la flore.

Pro­fi­ter d’un mee­ting aé­rien, bien ins­tal­lés dans le cock­pit de notre ba­teau et loin de la foule des plages, que de­man­der de plus !

Lu­mière de fin de jour­née sur la route du re­tour entre l’île Du­met et Pi­riac… les condi­tions sont idéales !

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