... qui était un mo­tard pas­sion­né

John­ny Hal­ly­day ai­mait le rock'n'roll, mais aus­si les belles voi­tures et les grosses mo­tos. Dans un livre dé­dié à ces deux pas­sions sor­ti peu avant sa mort, son an­cien homme à tout faire dé­voile son in­croyable ga­rage. Eclec­tique, comme sa gui­tare.

Moto Journal - - SOMMAIRE - Xa­vier de Mont­che­nu PHO­TOS ar­chives MJ et DR

Tout le monde n'était pas fan de John­ny, bien sûr. Tout le monde s'ac­corde, c'est un fait ma­jeur, pour re­con­naître la bête de scène, la gé­né­ro­si­té en concert, le ma­gné­tisme puis­sant, la voix in­com­pa­rable, la fu­sion avec le pu­blic ou le pro­fes­sion­na­lisme de la star dis­pa­rue. John­ny, ça n'est un se­cret pour ce fils de per­sonne, ado­rait vé­ri­ta­ble­ment les belles mé­ca­niques sur quatre et deux-roues. Une re­la­tion pour­tant pas tou­jours com­prise ou ad­mise des membres de Mo­to Jour­nal comme des lec­teurs. Les te­nues à franges et le ban­da­na au­tour de la tête sur des chop­pers Har­ley – c'est l'image qui vient spon­ta­né­ment à l'es­prit –, n'ont ja­mais vrai­ment fait vi­brer les ex­perts de la presse spé­cia­li­sée. Bru­no Gillet, notre ex-spé­cia­liste des Grands Prix, qui a connu John­ny, se rap­pelle : « Lorsque je pro­po­sais à la ré­dac­tion des su­jets sur John­ny, il fal­lait à chaque fois in­sis­ter. Et quand on fi­nis­sait par en pas­ser, c'est les lec­teurs qui râ­laient. Mais une chose est sûre, il a tou­jours ai­mé la mo­to. Comme tous ces mecs des an­nées 60 qui aiment les mo­tos et les belles ba­gnoles. Il était un des rares mecs qui rou­laient en Har­ley alors que ça n'était pas la mode. Et puis, quand il tra­verse les USA à mo­to où il n'était pas connu, c'est pas pour faire un coup de pub. C'est parce qu'il était pas­sion­né. Une an­née je suis par­ti avec lui et Pierre Billon, qui fut long­temps son men­tor, à Day­to­na. Il ado­rait Day­to­na. Ar­ri­vé là-bas, il me dit : “J'ai­me­rais bien qu'il y ait une mo­to qui courre ici à mon nom, mar­quée Hal­ly­day, ça fe­rait bien”. Ça fai­sait par­tie de nom­breux pro­jets qu'il avait dans la tête. Il rou­lait aus­si Har­ley parce qu'il avait été opé­ré de la hanche et avait du mal à res­ter long­temps en selle avec les jambes trop pliées. » Bru­no rap­pelle aus­si les pa­roles si­gnées Billon pour son ami chan­teur : « Des mo­tos et des hommes et la Ca­li­for­nie, je roule en tête et la bande me suit. » « C'était exac­te­ment ça », pré­cise Bru­no qui se sou­vient d'une autre anec­dote as­sez in­croyable : « Un ma­tin, j'ar­rive chez lui, dans le 16e, vil­la Mo­li­tor. Je de­vais faire une in­ter­view de lui pour Hal­ly­day Ma­ga­zine, le jour­nal de liai­son avec ses fans. Là, il me prend dans ses bras, il m'em­brasse et me dit : “Les sa­lauds, ils sont ve­nus cette nuit avec un ca­mion pla­teau et ils m'ont pris toutes mes Har­ley”. A l'époque, c'était Cha­rasse le mi­nistre du Bud­get, et ils ont trou­vé ça pour lui faire payer ses ar­rié­rés d'im­pôts. Et John­ny ajoute : “Ils m'au­raient pris mes toiles de maître, je m'en fou­tais mais mes Har­ley, e sont des mo­dèles uniques !” Il était ef­fon­dré. »

UN LIVRE COMME UN HOM­MAGE

Les per­fides pen­sant que John­ny n'était qu'un flam­beur ou un people de se­conde zone peuvent ré­vi­ser leur ju­ge­ment : notre Jo­jo national était un vrai fan de mo­to. On trouve trace de cette pas­sion dans le

[1] L'image que l'on re­tient de John­ny à mo­to, c'est ses vi­rées en Har­ley avec ses potes, no­tam­ment la tra­ver­sée des USA à cinq mo­tos en 1990, entre la côte est et la côte ouest. [2] John­ny s'est of­fert cette 1200 Elec­tra Glide. Il cir­cu­lait fiè­re­ment...

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