Boîte mé­ca­nique

Moto Journal - - TECHNIQUE -

EN PRA­TIQUE

Chan­ger de rap­port sur une boîte de vi­tesses mé­ca­nique, c’est na­tu­rel quand on a un peu de bou­teille. Ce n’est pour­tant pas évident pour le no­vice. Et pour cause, l’opé­ra­tion ré­clame une suc­ces­sion d’étapes à réa­li­ser dans le bon ordre et le bon ti­ming. Pour mon­ter un rap­port alors qu’on ac­cé­lère, il faut si­mul­ta­né­ment ti­rer le le­vier d’em­brayage et cou­per les gaz pour ne pas que le mo­teur s’em­balle. Il faut dans la fou­lée pas­ser le rap­port sui­vant en mon­tant le sé­lec­teur au pied, fer­me­ment et ra­pi­de­ment, mais sans pré­ci­pi­ta­tion sous peine de tom­ber sur un faux point mort. Pas le temps de se fé­li­ci­ter de la ma­noeuvre, il faut ra­pi­de­ment re­lâ­cher le le­vier d’em­brayage, pas trop bru­ta­le­ment, tout en re­met­tant du gaz pour conti­nuer à ac­cé­lé­rer. Bref, chan­ger un rap­port, c’est plus fa­cile à faire qu’à ex­pli­quer. Mais uni­que­ment quand on maî­trise l’opé­ra­tion ! Les sources d’er­reur sont nom­breuses à chaque étape et les pas­sages de rap­ports mal ef­fec­tués ne sont pas rares pour les dé­bu­tants.

COMMENT ÇA MARCHE

Une boîte de vi­tesses clas­sique de mo­to, ben… c’est une boîte de vi­tesses, quoi ! Rien ne semble plus com­mun et na­tu­rel qu’une boîte de mo­to. His­toire de prendre un peu de re­cul, on peut quand même pré­ci­ser que les boîtes de mo­to mo­dernes

sont des boîtes de vi­tesses sé­quen­tielles à deux arbres pa­ral­lèles et à cra­bots. Le terme sé­quen­tiel tra­duit le fait que la sé­lec­tion des vi­tesses se fait tou­jours dans le même ordre. Pour pas­ser de la 1re à la 6e, on de­vra pas­ser par la 2e, la 3e, la 4e et la 5e. Par op­po­si­tion, les boîtes de vi­tesses clas­siques de voi­ture ne sont pas sé­quen­tielles et per­mettent de sé­lec­tion­ner n’im­porte quel rap­port à tout mo­ment (ou du moins d’es­sayer). Ce qui contrôle le pas­sage des rap­ports, c’est le sé­lec­teur que l’on ac­tionne au pied. Chaque coup de botte sur le sé­lec­teur fait tour­ner le ba­rillet de sé­lec­tion d’un cer­tain angle. Or, le ba­rillet de sé­lec­tion pos­sède des gorges qui guident des four­chettes de sé­lec­tion qui font à leur tour cou­lis­ser les pi­gnons pour chan­ger de rap­port. Les deux arbres pa­ral­lèles font ré­fé­rence à l’agen­ce­ment des dif­fé­rents rap­ports de dé­mul­ti­pli­ca­tion. Ces rap­ports sont réa­li­sés par des couples de pi­gnons qui s’en­grènent, l’un sur un arbre pri­maire en­traî­né par le mo­teur, l’autre sur un arbre se­con­daire qui en­traîne la roue ar­rière. En­fin, les cra­bots cor­res­pondent aux dents qui per­mettent d’en­ga­ger les dif­fé­rents rap­ports. Ils s’op­posent aux syn­chro­ni­seurs gé­né­ra­li­sés dans les boîtes au­to­mo­biles, plus doux et si­len­cieux, mais aus­si beau­coup plus lents. Quand une four­chette fait cou­lis­ser un pi­gnon, les cra­bots pla­cés sur le flanc du pi­gnon le rendent so­li­daire d’un pi­gnon voi­sin et en­gagent ain­si un cer­tain rap­port de dé­mul­ti­pli­ca­tion.

La pente des cra­bots em­pêche les pi­gnons de se dé­so­li­da­ri­ser quand ils trans­mettent un couple.

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