3 La boîte DCT en ques­tions

Moto Journal - - TECHNIQUE -

Est-elle deux fois plus en­com­brante ? Sur le prin­cipe oui, parce qu’à un ins­tant don­né, chaque em­brayage doit être ca­pable de trans­mettre tout le couple mo­teur. La dif­fé­rence, c’est que la force de pres­sion qui plaque les disques d’em­brayage n’est plus four­nie par des res­sorts, mais par un cir­cuit hy­drau­lique. Or, dans un em­brayage clas­sique, pour que la force à four­nir au le­vier soit rai­son­nable, on li­mite la rai­deur des res­sorts en aug­men­tant la sur­face des disques. Sur la boîte DCT, la force de pres­sion hy­drau­lique est dé­con­nec­tée de tout ef­fort du pi­lote. On peut alors aug­men­ter la pres­sion d’huile qui plaque les disques et li­mi­ter leur sur­face. Au fi­nal, sur la boîte DCT, on ob­tient deux em­brayages plus com­pacts. Reste un sur­poids in­évi­table de l’ordre d’une di­zaine de ki­los par rap­port à une trans­mis­sion mé­ca­nique.

C’est deux fois plus d’en­tre­tien ? C’est l’in­verse. Toutes les opé­ra­tions qui concernent les em­brayages et les chan­ge­ments de rap­port sont gé­rés élec­tro­ni­que­ment. Or, tout est op­ti­mi­sé pour maxi­mi­ser l’ef­fi­ca­ci­té et la dou­ceur des pas­sages de rap­ports. La pres­sion hy­drau­lique qui plaque les disques d’em­brayage as­sure des chan­ge­ments ra­pides (res­sen­tis au gui­don), mais progressifs, loin des lâ­chers d’em­brayage bru­taux qu’on fait par­fois avec un em­brayage ma­nuel. Du coup, les disques d’em­brayage s’usent moins, les cra­bots de pi­gnon su­bissent moins d’à-coups et le kit-chaîne aus­si. Sur une Afri­ca Twin qu’on a uti­li­sée en longue du­rée, nous avons rem­pla­cé le kit-chaîne à 40 000 km, le double de la du­rée de vie moyenne d’un kit-chaîne avec une boîte mé­ca­nique clas­sique. La trans­mis­sion DCT est donc fiable et mé­nage tous les élé­ments de trans­mis­sion. En re­vanche, si pro­blème il y a, la com­plexi­té du sys­tème rend évi­dem­ment les ré­pa­ra­tions beau­coup plus cou­teuses…

Si ça tombe en rade, on se casse la gueule ? On n’a ja­mais eu de sou­ci de sys­tème DCT qui tombe en rade bru­ta­le­ment et pas vrai­ment de re­tour de pro­prié­taires mé­con­tents à ce su­jet. Mais bon, dans l’éven­tua­li­té d’une panne sou­daine (pompe à huile dé­faillante, fuite d’huile, etc.), est-ce qu’on reste blo­qué en 3e alors qu’on doit s’ar­rê­ter pour ne pas se man­ger un ca­mion ? Non, parce que par dé­faut, les em­brayages sont dé­brayés (à l’in­verse d’un em­brayage ma­nuel qui est em­brayé par dé­faut). Si une chute de pres­sion d’huile sur­vient, la pres­sion va chu­ter et faire di­mi­nuer du même coup la force de pres­sion qui plaque les disques d’em­brayage. On se re­trou­ve­rait donc en po­si­tion dé­brayé.

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