“On es­père un cham­pion­nat du monde

La deuxième édi­tion de l’in­ter­na­tio­nal Brid­ges­tone Han­dy Race s’est dé­rou­lée en marge du ré­cent GP de France. Cette for­mule, ré­ser­vée aux pi­lotes han­di­ca­pés, ren­contre de plus en plus de suc­cès. Et de­vrait lo­gi­que­ment se dé­ve­lop­per.

Moto Journal - - ACTUS -

Pro­pos re­cueillis par Pierre Or­luc avec l’aide de Pi­lar Do­merge, pho­tos Gold and Goose et DR

Les pré­sents au Mans sa­me­di 19 mai en fin d’après-mi­di n’ont pas man­qué de vi­brer à l’in­ter­na­tio­nal Brid­ges­tone Han­dy Race, qui se te­nait dans le cadre du GP de France pour la se­conde an­née consé­cu­tive. Au-de­là de la course, jo­li­ment rem­por­tée par l’ita­lien Da­niele Barbero de­vant son com­pa­triote Emi­lia­no Ma­la­go­li et l’au­tri­chien Pe­ter Rohr, le suc­cès de la for­mule ima­gi­née par le Fran­çais Sté­phane Pau­lus et ce même Emi­lia­no Ma­la­go­li fait plai­sir à voir. Une for­mule ap­pe­lée à s’étof­fer, avec, no­tam­ment et pour­quoi pas, quelques épreuves pen­dant le cham­pion­nat du monde Su­per­bike 2019.

Quel bi­lan tires-tu de cette deuxième édi­tion ?

Un bi­lan plus que po­si­tif ! Dé­jà, grâce à la mé­téo, on a eu une course ex­cep­tion­nelle, un bon ac­cueil des mé­dias, des or­ga­ni­sa­teurs, de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de mo­to, de Dor­na [pro­mo­teur du Mo­togp]. Et puis l’ac­cueil du pu­blic a été su­per, même si beau­coup de gens étaient par­tis après les courses du CEV qui ont eu lieu avant. Le peu de spec­ta­teurs qu’il y avait, on les en­ten­dait, ils ap­plau­dis­saient. On a des ac­com­pa­gna­teurs dans les tri­bunes qui ont en­ten­du beau­coup de ré­ac­tions po­si­tives. La FIM nous as­sure de son sou­tien pour les an­nées à ve­nir. C’était un week-end hy­per­po­si­tif, avec plein de pi­lotes ra­vis.

D’au­tant qu’au ni­veau chro­no, cer­tains d’entre eux ne font pas sem­blant !

Pour les gens, il y avait beau­coup d’éton­ne­ment de voir les pi­lotes rou­ler à ce ni­veau-là. Il faut dire que pour les hommes de tête, ça rou­lait quand même en pe­tit 1’48 pen­dant toute la course ! L’an­née der­nière, les es­sais avaient eu lieu sur le mouillé ; là, c’était sur le sec, les pi­lotes ont donc bien pu prendre leurs marques. On a eu une belle ba­garre.

Com­bien étaient-ils ?

En 2017, il y avait trente pi­lotes. Cette an­née, comme nous avons ins­tau­ré une règle de 120 % pour les chro­nos [il faut être dans les 120 % du meilleur chro­no pour être qua­li­fié], ils étaient 27 au dé­part. Mais deux n’ont pas pu par­ti­ci­per ; un parce qu’il n’était pas dans les 120 % et l’autre parce qu’il a eu un pro­blème tech­nique sur sa ma­chine. Ils étaient donc 24 sur la grille, de huit na­tio­na­li­tés. Il y avait une Fin­lan­daise, pas mal d’ita­liens, une di­zaine de Fran­çais, trois Belges, un Au­tri­chien, un An­glais, un Es­pa­gnol, un Tchèque.

Des pi­lotes lour­de­ment han­di­ca­pés, qu’on doit par­fois por­ter pour être mis en selle, par­ti­cipent à la course. Y a-t-il des han­di­caps que vous n’ac­cep­tez pas ?

Tant que ton han­di­cap te per­met de pi­lo­ter une mo­to, on ac­cepte. Le rè­gle­ment, c’est être in­va­lide à 100 % d’un membre : la pa­ra­plé­gie, l’am­pu­ta­tion, le plexus bra­chial sont les prin­ci­paux han­di­caps qu’on ac­cepte. A l’in­verse, pour avoir une ho­mo­gé­néi­té du pla­teau, nous n’ac­cep­tons pas cer­tains autres han­di­ca­pés, par exemple une per­sonne aveugle d’un oeil, avec un doigt cou­pé… On a des pe­tites la­cunes au ni­veau du rè­gle­ment mé­di­cal par rap­port aux han­di­caps qu’on ac­cepte dans cette épreuve in­ter­na­tio­nale, et on es­saie de fa­vo­ri­ser les pi­lotes qui ont pas for­cé­ment ac­cès aux cham­pion­nats na­tio­naux avec les va­lides. Il y a des choses qui vont être éta­blies pour 2019. Après le GP, une réunion s’est d’ailleurs te­nue à Ge­nève avec les res­pon­sables de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de mo­to pour or­ga­ni­ser l’ave­nir de la Brid­ges­tone Han­dy Race. Sté­phane Pau­lus y était pour Han­di Free Ri­ders et, du cô­té ita­lien, Emi­lia­no Ma­la­go­li, no­tam­ment.

Bon nombre de par­ti­ci­pants ne sont sou­vent pas tout jeunes...

Ce sont prin­ci­pa­le­ment des mo­tards qui ont eu un ac­ci­dent sur la route et qui se mettent à la piste pour as­sou­vir leur pas­sion. Beau­coup, qui n’étaient pas pas­sion­nés par la com­pé­ti­tion avant leur ac­ci­dent, se sont mis à la piste et se pas­sionnent pour le monde de la course. Tous s’en­traînent pour avoir ce ni­veau­là, mais il y a deux Fran­çais et un Belge qui par­ti­ci­paient pour la pre­mière fois et qui s’en sont bien sor­tis. Ils ont fait des chro­nos im­pres­sion­nants pour une pre­mière com­pé­ti­tion.

D’autres courses sont-elles pré­vues ?

Pour l’ins­tant, c’est une coupe in­ter­na­tio­nale FIM, et on es­père qu’elle de­vienne un cham­pion­nat du monde dans l’ave­nir. En 2018, cette coupe in­ter­na­tio­nale compte trois courses : celle dis­pu­tée au Grand Prix de France ; la pro­chaine au­ra lieu fin août sur le cir­cuit du Mu­gel­lo, pen­dant un meeting na­tio­nal ita­lien ; en­fin, le der­nier week-end de sep­tembre, l’in­ter­na­tio­nale Brid­ges­tone Han­dy Race se­ra in­té­grée au cham­pion­nat du monde Su­per­bike à Ma­gny-cours.

Et en France, il existe un cham­pion­nat...

Oui, cette an­née, c’est un vé­ri­table cham­pion­nat de France qui au­ra lieu sur trois épreuves : une à Pau, fin juin, et deux sur le cir­cuit Ca­role. On s’at­tend à avoir une ving­taine de pi­lotes fran­çais et belges – les Belges viennent rou­ler sous li­cence

fran­çaise dans notre cham­pion­nat –, ce qui est po­si­tif par rap­port à l’an der­nier, où ils n’étaient que qua­torze. Ça a be­soin de se mettre en place, on se fait connaître, on a en­core énor­mé­ment de de­mandes au ni­veau de Han­di Free Ri­ders pour faire des ini­tia­tions, puis­qu’on a une mo­to équi­pée pour per­mettre à ces mo­tards-là (pa­ra­plé­giques et am­pu­tés sur­tout des jambes) de faire leurs pre­miers tours de roues après leur ac­ci­dent et leur don­ner l’en­vie de ve­nir à la com­pé­ti­tion.

« On a eu une course ex­cep­tion­nelle, un bon ac­cueil des mé­dias, des or­ga­ni­sa­teurs, de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de mo­to, de Dor­na »

Comme en 2017, l’ita­lien Da­niele Barbero a rem­por­té l’in­ter­na­tio­nal Brid­ges­tone Han­dy Race du Mans. Sté­phane Pau­lus, co-créa­teur de la for­mule et fon­da­teur d’han­di Free Ri­ders, n’a pas ter­mi­né, après une chute à trois tours de l'ar­ri­vée.

La Fin­lan­daise Ul­la Kul­ju, ici en­cou­ra­gée par Lo­ris Ca­pi­ros­si, était la seule femme en­ga­gée. Elle a fi­ni ving­tième. D’autres de­vraient la re­joindre dans les an­nées à ve­nir.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.