Agré­ment mo­teur

Moto Revue - - Essai 3000 km -

Ca­rac­tère HHHHH

En adop­tant le ca­lage à 270° de ses ma­ne­tons de vi­le­bre­quin, ce twin pa­ral­lèle cher­chait clai­re­ment à se payer une vraie per­son­na­li­té. Bon gros ron­ron, poum-poum bien mar­qué, iner­tie ul­tra-conte­nue, ce mo­teur reste ce­pen­dant re­la­ti­ve­ment dis­cret. Bru­no avoue : « Il ne lui manque que da­van­tage de ca­rac­tère pour être vrai­ment in­con­tour­nable. Pour­tant, avant de par­ler de ce que nous pro­cure ce mo­teur en termes de sen­sa­tions, il faut quand même prendre 5 mi­nutes pour l’ad­mi­rer. C’est, à mon humble avis, l’un des plus beaux de la pro­duc­tion ac­tuelle. Rien ne dé­passe, la fi­ni­tion est ma­gni­fique, les ma­té­riaux em­ployés de qua­li­té et l’in­té­gra­tion des élé­ments d’ha­bi­tude dis­gra­cieux tels les du­rites ou le ra­dia­teur force le res­pect. » C’est tel­le­ment vrai ! Mais pour ceux qui placent le cri­tère ca­rac­tère avant tous les autres, le risque d’une pe­tite dé­cep­tion n’est pas à ex­clure mal­gré un ren­de­ment de haute pres­ta­tion (on en re­parle juste après). Tho­mas cor­ro­bore : « Le twin pa­ral­lèle n’est pas hy­per dé­mons­tra­tif (le flat de la ni­neT le sur­classe sur ce point par exemple). Il est, pour moi, au dia­pa­son de l’en­gin : gen­ti­ment alerte, sans agres­si­vi­té. Seul re­proche : il chauffe co­pieu­se­ment les cuisses (voir duo). Cer­tains peuvent voir ça comme une note de ca­rac­tère, nous, ça nous brûle et nous ir­rite. »

So­no­ri­té HHHHH

Comme à l’ac­cou­tu­mée, nous ai­me­rions pou­voir jouir d’un ni­veau so­nore re­le­vé afin de res­sen­tir en­core mieux la force et le po­ten­tiel de ce « big twin ». La Th­rux­ton n’est pas aphone mais il faut bien re­con­naître qu’il lui en manque pour af­fo­ler nos sens, sur­tout en sta­tique d’ailleurs. Ef­fec­ti­ve­ment, en dy­na­mique, la frus­tra­tion est moindre mais quand même, si c’était à re­faire, peut-être tro­que­rions-nous l’op­tion sa­coches contre une paire de si­len­cieux li­bé­rés ! Tho­mas quant à lui re­la­ti­vise : « Il est agréable à em­me­ner ce twin pa­ral­lèle et en plus, il flatte le tym­pan. »

Vi­bra­tions HHHHH

Glo­ba­le­ment, ques­tion vi­bra­tions, nous avons af­faire ici à un très bon élève. En ef­fet, vu les cotes mo­teur re­te­nues (97,6 x 80 mm) et le poids des pièces en mou­ve­ment, les vi­bra­tions sont plu­tôt très bien conte­nues. Bru­no : « Oui, sauf qu’elles viennent se rap­pe­ler à notre bon sou­ve­nir au-de­là des 4 500 tr/min mais il est vrai, uni­que­ment dans le gui­don. Pas de chance, c’est pile à ce ré­gime que les li­mi­ta­tions de vi­tesse au­to­rou­tières vous im­posent de crui­ser... » OK, Bru­no mais tu se­ras d’ac­cord avec l’ob­ser­va­tion que l’on se tient à des an­nées-lu­mière des four­mille­ments res­sen­tis à l’oc­ca­sion de ton es­sai 3 000 km pré­fé­ré, je veux par­ler de ce­lui or­ches­tré à bord de la BMW S 1000 XR, qui elle, vibre pour de vrai !

Dis­po­ni­bi­li­té/ren­de­ment HHHHH

Voi­là l’énorme atout de ce bloc qui sait évo­luer à 50 km/h en sixième sans le moindre sou­bre­saut, ré­agir avec pa­nache à l’ou­ver­ture des gaz à n’im­porte quel ré­gime de ro­ta­tion et jus­qu’à fon­cer bielle en tête en dé­but de zone rouge ! Bru­no ac­quiesce sans dé­tour : « Force est de re­con­naître qu’avec ce 1200, Triumph a réus­si un chouette mo­teur. Souple, cou­pleux, vif, à l’aise dans les tours. » Non fran­che­ment, là, on en tient un bon, un très bon qui pro­fite évi­dem­ment de sa com­mande de gaz de type Ride by Wire et des meilleures at­ten­tions de la part des in­gé­nieurs an­glais. Bru­no n’en ou­blie par au­tant de ren­for­cer la re­marque de Tho­mas ex­pri­mée plus haut : « Ce der­nier (le bloc mo­teur bien sûr, pas Tho­mas) vous chauffe gen­ti­ment le des­sous du cuis­sot. En plein été, je vous ga­ran­tis que sous le jean, ça trans­pire. Re­mar­quez, on peut le voir comme un ex­cellent moyen de sé­cu­ri­té pas­sive : sûr qu’il ne vous vien­dra ja­mais à l’es­prit de rou­ler en short en plein mois d’août ! »

Trans­mis­sion HHHHH

À l’ins­tar du groupe ther­mique, la trans­mis­sion pri­maire af­fiche un ve­lou­té des plus agréables. Tho­mas n’ayant rien contre cet avis, bien au contraire : « Une des réus­sites à mettre au cré­dit de cette Triumph : la boîte est pré­cise quand l’em­brayage donne dans le pur beurre. Un vrai plus lors des évo­lu­tions en ville. » Pour Bru­no éga­le­ment, « l’em­brayage est un mo­dèle de sou­plesse » . La par­faite ges­tion du frein mo­teur est à ci­ter ici éga­le­ment. La moto ne se tasse pas au lâ­cher de gaz et en­tame une fonc­tion « roue libre » juste frei­née comme il se doit, ren­voyant vers un pi­lo­tage très « cou­lé ». Et comme la ges­tion Ride by Wire suit une même lo­gique, on se re­trouve avec un gros twin su­per bien éle­vé, fa­cile à ap­pré­hen­der et ja­mais fa­ti­gant.

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