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De­vant l’en­goue­ment sus­ci­té au Royaume-Uni par ses pe­tites mais to­niques Spit­fire, l’an­glais CCM a dé­ci­dé que cou­rant 2019, ces der­nières fran­chi­ront la Manche et se­ront ven­dues en France. Un pa­ri pro­met­teur, dont Le­wis El­lis, le di­rec­teur mar­ke­ting de la

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Voi­là plus d’un an qu’on a dé­cou­vert les Spit­fire en pho­tos, ici en France. Mais on ne s’at­ten­dait vrai­ment pas à ce qu’elles soient im­por­tées chez nous. Qu’est-ce qui a dé­ci­dé une pe­tite en­tre­prise comme CCM à se lan­cer dans ce pa­ri ?

Il y a deux choses qui nous ont dé­ci­dés : d’une part le fait que de­puis 15 mois, on re­çoit beau­coup de de­mandes d’in­for­ma­tions sur les Spit­fire en pro­ve­nance de la France, et aus­si le fait que CCM a dé­jà été pré­sent dans l’Hexa­gone, no­tam­ment dans les an­nées 70, et qu’à son pe­tit ni­veau, ça fonc­tion­nait plu­tôt pas mal pour la marque, dans ce pays. Alors certes, les se­ven­ties sont loin mais bon, les mo­tos font écho au pas­sé et on se dit qu’il y a un truc à jouer.

La France est-elle la seule à être concer­née par l’ar­ri­vée de la gamme Spit­fire?

Non. Nous pen­sons aus­si à l’Al­le­magne, l’Es­pagne et l’Ita­lie. De toute fa­çon, pour que les Spit­fire soient ven­dues en Eu­rope, il faut qu’elles passent les normes an­ti­pol­lu­tion. Vu ce que ça coûte, au­tant qu’on soit pré­sent sur plu­sieurs mar­chés.

Elles vont pas­ser Eu­ro 4 ou alors vu le ca­len­drier, vous al­lez di­rec­te­ment leur faire pas­ser Eu­ro 5 ?

C’est Eu­ro 5 que nous vi­sons.

Les Spit­fire, nous ne les connais­sons ici qu’en pho­tos et cer­tains de nos lec­teurs les dé­couvrent en li­sant cet ar­ticle. Peux-tu nous les pré­sen­ter, nous ex­pli­quer ce qui fait leur sin­gu­la­ri­té ?

Di­sons que c’est une gamme de mo­tos néo­ré­tro, très qua­li­ta­tives en termes d’équi­pe­ment, et très com­pactes. Cô­té mo­teur, elles re­posent sur un mo­no­cy­lindre 600 cm3, qui dé­ve­loppe en­vi­ron 55 ch et cô­té par­tie-cycle, elles s’ar­ti­culent au­tour d’un cadre treillis en acier de qua­li­té aé­ro­nau­tique et sur des pé­ri­phé­riques haut de gamme : des sus­pen­sions en­tiè­re­ment ré­glables four­nies par WP et un frei­nage d’ori­gine Brem­bo. Il existe ac­tuel­le­ment six mo­dèles dif­fé­rents dans la gamme Spit­fire : un pe­tit road­ster, un scram­bler, un ca­fé ra­cer, un flat-tra­cker, un bob­ber, et une pe­tite rou­tière dé­ri­vée du bob­ber. Tous ces mo­dèles par­tagent la même base tech­nique et pré­sentent qua­si­ment les mêmes men­su­ra­tions. Ce sont des ma­chines courtes, étroites et sur­tout lé­gères : en­vi­ron 135 kg à sec. 135 kg pour 55 ch, ça donne toute de suite une idée de leur sin­gu­la­ri­té, non ?

Ef­fec­ti­ve­ment. Le mo­no dont tu parles, c’est un bloc four­ni par SWM je crois. Qu’est-ce qui vous a fait choi­sir ce four­nis­seur ?

C’est un mo­teur lé­ger, fiable, fa­cile à en­tre­te­nir et qui offre un bon ren­de­ment. C’est ce qu’on vou­lait pour ces mo­tos.

Il est re­tra­vaillé par CCM avant d’être mon­té dans les mo­tos ?

Non, non, c’est un bloc qui est four­ni tel quel par SWM. Il nous convient tout à fait ain­si.

Jus­qu’à pré­sent, les Spit­fire étaient construites en sé­ries li­mi­tées, 250 exem­plaires par mo­dèle si mes sou­ve­nirs sont bons. Avec ce pro­jet d’ex­por­ta­tion vers l’Eu­rope, j’ima­gine que la pro­duc­tion va chan­ger d’échelle. Quels sont les vo­lumes es­comp­tés par CCM ?

Ça ne va pas chan­ger tant que ça en fait. En­fin, di­sons, pour re­prendre tes mots, qu’on ne va pas chan­ger d’échelle. CCM fait des pe­tits vo­lumes et va conti­nuer dans cette voie. Des Spit­fire, on ne va pas en faire 10 000 par an. Ac­tuel­le­ment, nous en fai­sons un peu plus de 1 000. Nous al­lons dou­bler ce chiffre. Ce­la veut dire qu’à l’ex­port, il y au­ra un nombre res­treint de ma­chines pour chaque pays. En­vi­ron 250, je pense.

Et ces ma­chines, elles se­ront dis­tri­buées par qui ? Dans com­bien de points de vente ?

Nous n’al­lons pas tra­vailler avec un dis­tri­bu­teur fran­çais. Nous al­lons faire peu ou prou ce que nous fai­sons dé­jà au Royaume-Uni. Chez nous, CCM ne dis­pose pas d’un ré­seau de conces­sion­naires. Nos clients achètent di­rec­te­ment les mo­tos à l’usine et ce sont nos tech­ni­ciens et nos mé­ca­ni­ciens qui se dé­placent à do­mi­cile pour ef­fec­tuer l’en­tre­tien des mo­tos. En cas de panne, la pièce est dis­po­nible sous 24 h, nos gars se dé­placent, ils connaissent les clients par leur pré­nom. C’est une fa­çon de tra­vailler qui peut sem­bler éton­nante, mais c’est quelque chose, avec nos pe­tits vo­lumes de pro­duc­tion, qui fonc­tionne bien, et s’avère aus­si ap­pré­ciable pour nous que pour nos clients.

Mais à l’étran­ger, vous al­lez faire comment ?

Nous al­lons faire pa­reil, en créant des fi­liales. Il est pré­vu d’en po­ser les bases en France dès cet au­tomne. Un di­rec­teur France doit être choi­si d’ici quelques se­maines. L’idée est d’éla­bo­rer en­suite avec lui une struc­ture qui in­té­gre­ra un SAV, un ser­vice de pièces dé­ta­chées, un ser­vice de li­vrai­son à do­mi­cile et une équipe de tech­ni­ciens mo­biles. C’est comme ça que nous comp­tons fonc­tion­ner : il n’y au­ra pas de conces­sions CCM, pas de mo­tos en stock. Les mo­tos ne se­ront four­nies que sur com­mande. C’est une ex­pé­rience as­sez dif­fé­rente de celle pro­po­sée par les grands construc­teurs, mais c’est aus­si ce qui plaît à nos clients. Rou­ler avec une CCM, c’est une ex­pé­rience par­ti­cu­lière, en ache­ter une aus­si.

Ce qui est par­ti­cu­lier avec les Spit­fire, c’est aus­si leur ta­rif : 9 300 £ pour le mo­dèle le moins cher, ce qui fait, après conver­sion, presque 10 500 €. C’est ce ta­rif que nous au­rons en France ?

Ça ne se­ra pas moins, d’au­tant que le pas­sage des normes an­ti­pol­lu­tion a un coût. Mais ce ne se­ra pas beau­coup plus. Nos ta­rifs se­ront com­mu­ni­qués cou­rant 2019.

Jus­te­ment, les contraintes im­po­sées par les normes an­ti­pol­lu­tion ne risquent-elles pas de dé­gra­der consi­dé­ra­ble­ment les mo­tos ? En termes de per­for­mances, mais aus­si sur le plan es­thé­tique. Je pense no­tam­ment aux lignes d’échap­pe­ment qui sont mi­ni­ma­listes sur les mo­dèles d’ori­gine...

En termes de per­for­mances, nous ne sommes pas in­quiets : le mo­no SWM est un mo­teur mo­derne, dis­po­sant d’un re­froi­dis­se­ment li­quide, d’une in­jec­tion élec­tro­nique. Pour ce qui est de l’es­thé­tique gé­né­rale, nous al­lons faire au mieux pour res­ter le plus près pos­sible des mo­dèles ori­gi­naux.

Der­nière ques­tion : les mo­tos se­ront dis­po­nibles en France à quelle date exac­te­ment ?

Notre struc­ture fran­çaise se­ra opé­ra­tion­nelle en jan­vier 2019 et pour­ra prendre les com­mandes à par­tir de cette date. Vu notre rythme de pro­duc­tion, les pre­mières li­vrai­sons au­ront lieu dé­but 2020. Mais les gens in­té­res­sés par la moto peuvent d’ores et dé­jà se rendre sur le site an­glais de CCM (www.ccm-mo­tor­cycles.com/co­ming­soon-france/) afin d’ob­te­nir plus de dé­tails. n

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