Ma­nu Al­be­part

Moto Verte - - Enquête -

Pi­lote YAM-B2R, 25 ans d’en­du­ro à son ac­tif

« Je me fais du sou­ci pour l’ave­nir de l’en­du­ro parce que si Yamaha n’ho­mo­logue plus ses mo­tos, j’ai peur que dans l’ave­nir, on en ar­rive à la même si­tua­tion pour les autres marques. Eu­ro 5, ça risque d’être com­pli­qué dans quelques an­nées. Sans mo­tos ho­mo­lo­guées, on ne pour­ra plus rou­ler dans les che­mins, plus faire de courses d’en­du­ro avec des liai­sons en che­min… Alors oui, c’est vrai qu’il res­te­ra des mo­tos d’oc­ca­sion ho­mo­lo­guées. Et pen­dant des an­nées. Mais je sou­haite que la pres­sion éco­lo­gique et ad­mi­nis­tra­tive ne vienne pas à bout de notre li­ber­té de rou­ler. Que ce soit en France ou en Eu­rope, ça se com­plique. On est un peu les cham­pions des contraintes ! D’un autre cô­té, il faut que les en­du­ristes soient conscients qu’on ne peut plus faire n’im­porte quoi. Rou­ler n’im­porte où. J’en vois qui sont ca­pables de tra­ver­ser des cultures à mo­to ou rou­ler n’im­porte où dans les bois ! Il faut qu’ils com­prennent qu’il y a des règles. En tout cas, il faut conti­nuer de rou­ler. Tous. Même si par­fois on a une ap­pré­hen­sion quand on roule en groupe. La sen­sa­tion d’être mal vus. C’est sou­vent dû à des néo-ru­raux qui ne sup­portent plus rien. Les gens de­viennent trop in­to­lé­rants. L’en­du­ro de­vrait en­core conti­nuer un cer­tain temps mal­gré tout. Je vois tou­jours des jeunes qui s’in­té­ressent à la dis­ci­pline ou qui roulent comme ça le di­manche. Mais les mo­tos neuves sont trop chères. D’un autre cô­té, quand je vais sur l’en­du­ro Kid, j’ai l’im­pres­sion que c’est la course à l’ar­me­ment : le gros cam­ping-car et deux mo­tos à l’ar­rière. Et ils se plaignent… J’es­père pou­voir en­core al­ler me ba­la­der dans les che­mins dans dix ou vingt ans avec mon fils et ma fille. C’est mon plus grand sou­hait. »

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