La Rocket de la Pich’

MX Magazine - - Block Pass -

Sa­lut à tous, après l’été, j’ai plein de choses à ra­con­ter. On va com­men­cer par l’ac­tua­li­té et le MX des Na­tions. La course a lieu dans quelques jours et a dé­jà fait cou­ler beau­coup d’encre. Comme tout le monde, l’ab­sence de Mar­vin Mus­quin m’a sur­pris ! C’est même im­pro­bable de se dire qu’un pi­lote fran­çais qui est double vice- cham­pion SX/ MX en ayant joué le titre dans les deux cham­pion­nats n’est pas là. Ajou­tez à ce­la qu’il s’est im­po­sé cette sai­son sur l’out­door de Red Bud, piste qui ac­cueille le MXDN, c’est in­com­pré­hen­sible. Quand la sé­lec­tion a été an­non­cée, l’équipe évi­dente c’était Fer­ran­dis, Mus­quin, Febvre. Je dis­cute de temps en temps avec Mar­vin. Il était prêt, mo­ti­vé, avait or­ga­ni­sé son ti­ming avec le team KTM pour rou­ler à Red Bud. Il me l’a dit et l’a confir­mé dans sa vi­déo pos­tée sur Fa­ce­book. Quand il a ap­pris sa non-sé­lec­tion, il a pris une vraie claque, peut- être même l’une des plus grosses de sa car­rière. La FFM a choi­si l’op­tion Pau­lin qui, si on se base sur sa forme du mo­ment, ne peut pas te­nir. Après, on sait que Gau­tier a une re­la­tion par­ti­cu­lière avec l’épreuve, qu’il s’en­tend bien avec l’en­ca­dre­ment de l’équipe et qu’il a beau­coup ap­por­té de­puis qu’il dé­fend les cou­leurs fran­çaises au MXDN. À la lec­ture de ces der­niers ré­sul­tats, il roule entre cinq et dix en MXGP sans don­ner l’im­pres­sion de pou­voir faire mieux, c’est éton­nant. Je ne re­mets pas en cause son ta­lent, sa tech­nique. Mais au­jourd’hui, il tra­verse une passe dé­li­cate. Ar­ri­ve­ra-t-il à se trans­cen­der aux US, je l’es­père. Il faut quand même pré­ci­ser que le ni­veau des Na­tions est sou­vent en des­sous de ce­lui d’un GP. Cer- tains top pi­lotes ne sont pas là car leur pays n’est pas pré­sent, c’est le cas de Ga­j­ser et Jo­nass cette an­née par exemple. D’autres n’ont pas la même mo­ti­va­tion parce qu’ils savent que leur équipe n’a pas le ni­veau pour jouer le po­dium. Je suis cer­tain que des gar­çons comme Pra­do, Cai­ro­li et peut-être même Roc­zen ne se­ront pas for­cé­ment à leur maxi­mum. Si Gau­tier est en forme ce jour-là, il fau­dra sai­sir les op­por­tu­ni­tés et his­ser son ni­veau. J’es­père aus­si que Ro­main Febvre se­ra à 100 %, ce qui n’est pas sûr. Ro­main, de­puis trois ans, a ti­ré l’équipe vers le haut, à Er­née, Mag­gio­ra et même l’an pas­sé en Grande-bre­tagne. C’est un bat­tant, un mec qui ne lâche rien et se donne tou­jours à 100 %. Avec sa bles­sure du GP de Tur­quie, il n’a pas pu se pré­pa­rer comme il au­rait dû. Dans toute cette his­toire, ce qui me dé­range, c’est la fa­çon de fonc­tion­ner de la FFM. Ça me rap­pelle un peu la po­li­tique et ce qui se passe au plus haut ni­veau de l’état. On met des hommes en place et fi­na­le­ment, ils n’ont pas de pou­voir pour réel­le­ment faire leur tra­vail. C’est dom­mage. Le dos­sier des Na­tions, je connais bien, j’ai rou­lé trois fois pour la France avec deux po­diums à la clé à Lie­rop et Er­née. Quand je vois comment nous étions trai­tés à l’époque et l’or­ga­ni­sa­tion mise en place ces der­nières an­nées, il y a une sorte de dé­me­sure. Alors oui, l’équipe de France est la plus forte de­puis 2014. Mais je suis sûr qu’il en se­rait de même avec moins d’in­ves­tis­se­ment. Si la France gagne, c’est avant tout car nous avons de su­per pi­lotes. C’est ça qui fait la dif­fé­rence, pas le reste. Main­te­nant, je se­rais bien sûr le pre­mier sup­por­ter des bleus à Red Bud ! Du cô­té de notre ac­tua­li­té, Zach s’est bles­sé au dos à Lo­ket, il s’est re­fait mal en Suisse et nous avons dé­ci­dé de faire un break. Il est jeune, il a dix-sept ans et conti­nue de gran­dir un peu. Il ne fau­drait pas ag­gra­ver son pro­blème et que ce­la de­vienne chro­nique. Il a donc re­pris la mo­to, nous sommes al­lés au Ken­ny Fes­ti­val avec l’ob­jec­tif de pré­pa­rer le der­nier GP d’imo­la. Il ne se­ra pas à 100 %, mais c’était mal­gré tout im­por­tant pour nous et nos par­te­naires de dis­pu­ter la der­nière course de la sai­son. En­suite, on va se pen­cher sur le pro­gramme de fin de sai­son. Et pour­quoi pas faire un peu de SX, on va voir si l’on a le temps. Zach ai­me­rait bien faire Pa­ris et Ge­nève, mais il ne faut pas ar­ri­ver la fleur au fu­sil, sans en­traî­ne­ment. Ce qui est dom­mage, c’est qu’il n’y a pas de course en oc­tobre. Le ni­veau du SX2 est bon, l’an pas­sé des jeunes comme Her­bre­teau et Mo­reau ont beau­coup chu­té quand ils ont dé­bar­qué en Su­per­cross. Si nous avons le temps de bien nous pré­pa­rer, on se­ra là. Pour 2019, les choses avancent. Je ne peux pas re­par­tir comme cette an­née. Être ma­na­ger du team, en­traî­neur, mé­ca­no, spon­sor, conduc­teur du camion, père de fa­mille, ça fait trop ! Fi­nan­ciè­re­ment, phy­si­que­ment, men­ta­le­ment, cette an­née 2018 a été très éprou­vante. Pour pré­ser­ver ma fa­mille, il faut faire dif­fé­rem­ment. C’est pour ce­la que Zach va in­té­grer le team KTM VHR avec Jor­di Tixier et Scot­ty Ve­rhae­ghe, il rou­le­ra en Mon­dial MX2 alors que JT et Scot­ty s’ali­gne­ront en MXGP et EMX2. On se­ra au dé­part des GP or­ga­ni­sés en Eu­rope, sur quelques courses d’élite mais aus­si en Hol­lande. Ça fait dé­jà un beau pro­gramme. De toute fa­çon, pour un team pri­vé, il est im­pen­sable de s’ali­gner au dé­part des courses over­seas, c’est une hé­ré­sie. Même les usines tirent la langue au ni­veau des bud­gets. Voi­là donc pour les der­nières news, on se re­trouve le mois pro­chain !

« En 2019, Zach se­ra au dé­part du Mon­dial MX2 avec le team KTM VHR, c’est une bonne nou­velle! »

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