Un es­sai trans­for­mé!

MX Magazine - - Block Pass - Par Xa­vier Au­douard

L’an der­nier, le re­tour du SX de Pa­ris à… Pa­ris était aus­si l’oc­ca­sion de lui don­ner une nou­velle di­men­sion et ce fut fait avec le choix de la toute nou­velle Are­na La Dé­fense. Dans cette salle hé­ber­geant l’équipe de rug­by Ra­cing 92, on di­ra que l’es­sai de l’an der­nier était mar­qué « en coin », ce qui le ren­dait dif­fi­cile à trans­for­mer. L’are­na elle-même et La­ri­vière Or­ga­ni­sa­tion ont re­le­vé le dé­fi, la pre­mière en cor­ri­geant de ma­nière ra­di­cale ses dé­fauts de nais­sance, la se­conde en « mus­clant » en­core da­van­tage le pla­teau de l’épreuve. Ré­sul­tat : es­sai trans­for­mé ! Le slo­gan du Su­per­cross de Pa­ris – 100 % SX, 100 % FMX, 200 % SHOW – n’est pas une simple for­mule de fa­çade et il l’a prou­vé cette an­née sans doute plus que de­puis bien long­temps. Cha­cun de ces in­gré­dients avait été op­ti­mi­sé en vue de « l’an­née 2 » ! Pour la par­tie SX, la moi­tié du pla­teau (dont le cham­pion en titre 450 et l’un des deux 250) était en pro­ve­nance di­recte d’amé­rique, du qua­si-ja­mais vu. Pour la par­tie FMX, une énorme bosse de ré­cep­tion per­met­tait des évo­lu­tions en pa­ral­lèle et deux gros clients – Shee­han et Ri­nal­do – pré­pa­raient du « fat » pour le Best Trick. Et pour la par­tie Show, « l’homme- vo­lant » Fran­ky Za­pa­ta s’an­non­çait comme l’ef­fet de pré­sen­ta­tion le plus din­go de­puis la fa­meuse « main de John­ny », près de trente ans au­pa­ra­vant. Du cô­té du stade, on avait (c’était im­pé- ra­tif) to­ta­le­ment re­pen­sé le dis­po­si­tif d’écran géant et ren­for­cé tant le son que les ef­fets de lu­mière. Une fois sur place et en dé­pit d’une der­nière se­maine des plus éprou­vantes où il a fal­lu en ca­tas­trophe pal­lier – au­tant que faire se pou­vait – le for­fait sur bles­sure de Mar­vin Mus­quin et su­bir la me­nace des ef­fets du mou­ve­ment « gi­lets jaunes », ces ef­forts conju­gués ont lo­gi­que­ment payé. Si la lo­gique spor­tive a été res­pec­tée et le cham­pion du monde bel et bien cou­ron­né nou­veau « King of Pa­ris », Ja­son An­der­son n’en a pas moins ren­con­tré une op­po­si­tion bien plus dense et ac­cro­cheuse que celle de son pré­dé­ces­seur et, à tous éche­lons de la course, le pu­blic a pu ap­pré­cier des ba­garres de haut ni­veau et de haute in­ten­si­té. Le ter­rain de jeux était à la hau­teur de ses am­bi­tions US : une piste ma­gni­fique (si­gnée Cé­dric LU­CAS-JLFO), des whoops cos­tauds, de bons en­chaî­ne­ments et le plus long dé­part ja­mais vu en SX eu­ro­péen. Conju­gué à un for­mat de courses « Triple Crown » in­cluant un sprint court, un plus long et une « fi­nale » de vingt tours, ce dé­part a per­mis de re­dis­tri­buer les cartes en pro­fon­deur à chaque course et de dé­ver­rouiller la hié­rar­chie. Le ta­bleau de ré­sul­tats du King of Ber­cy sur les six manches du week-end montre que, der­rière le brio et la ré­gu­la­ri­té d’« El Hombre », ses quatre pour­sui­vants se tiennent au fi­nal en quatre pe­tits points (d’où un Os­borne ter­mi­nant la fi­nale de di­manche avec un pneu ar­rière cre­vé pour sau­ver in ex­tre­mis sa place sur le po­dium du King !). S’agis­sant du fa­meux match Fran­ceUSA, dans le contexte par­ti­cu­lier d’après Red Bud – ayant don­né lieu à un hom­mage aus­si lé­gi­time que réus­si à l’equipe de France des Na­tions – la re­vanche amé­ri­caine a été… cin­glante. Et ce, en dé­pit de la ma­gni­fique deuxième place fi­nale, après une vic­toire en su­per­pôle di­manche et une lors de la deuxième manche de sa­me­di, dans une Are­na en mode « chau­dron » pour l’oc­ca­sion, d’un Dy­lan Fer­ran­dis tout sim­ple­ment ma­gni­fique. Dé­jà à l’aise en 450, tout en « grin­ta », comme à son ha­bi­tude, sous le re­gard per­ma­nent d’un « coa­chDV » en connais­sant un rayon en ma­tière de per­for­mances au SX de Pa­ris, Dy­lan n’a ja­mais flan­ché ni bais­sé les bras et a tou­jours cou­ru « vers l’avant ». La pres­sion sup­plé­men­taire d’être le seul es­poir fran­çais po­ten­tiel pour la vic­toire, loin de le pa­ra­ly­ser, a pa­ru le su­bli­mer. Nul doute qu’avec lui ET Mar­vin, le match France-usa au­rait pu tour­ner tout au­tre­ment ! Jor­di Tixier, son coé­qui­pier de Red Bud, a agréa­ble­ment sur­pris mais les Ri­cains étaient trop forts. Ain­si la lutte pour le po­dium fi­nal, outre Dy­lan, était donc une af­faire pu­re­ment amé­ri­caine, im­pli­quant Zach Os­borne (qui a ras­su­ré plei­ne­ment sur son re­tour de bles­sure et ses ca­pa­ci­tés en 450) ain­si que les deux pi­lotes Hon­da Mo­to­con­cepts, Jus­tin Bray­ton et Vince Friese. Au bout du compte, An­der­son-fer­ran­dis-os­borne res­te­ra sur les ta­blettes comme le trio de tête de cette 36e édi­tion. Dy­lan entre deux cham­pions US de l’an­née, ça a quand même de la gueule ! Deux autres Amé­ri­cains avaient vo­ca­tion à se mê­ler à cette ba­taille de chif­fon­niers, les deux cou­ra­geux JGR­boys ap­pe­lés à l’ul­time mi­nute, Jus­tin Hill et Wes­ton Peick. Ce der­nier, dont l’ac­ci­dent ca­tas­tro­phique lors du dé­part en fi­nale le sa­me­di a fait très peur à tout le monde (les der­nières nou­velles, au sur­len­de­main de l’épreuve, sont heu­reu­se­ment ras­su­rantes), avait dé­mar­ré très fort le week-end. Tou­ché mo­ra­le­ment et phy­si­que­ment (hanche) après avoir lui-même chu­té, son coé­qui­pier Jus­tin Hill, hy­per ra­pide sur un tour – une pôle et une su­per­pôle le sa­me­di pour l’an­cien cham­pion 250 ! – n’a pas pu concré­ti­ser sur la lon­gueur des manches. Le show FMX, agré­men­té d’une hal­lu­ci­nante ap­pa­ri­tion du ma­gi­cien Za­pa­ta au mi­lieu des free­sty­lers lors de l’ul­time ses­sion, a pris lui aus­si une autre di­men­sion avec deux jeux de rampes en pa­ral­lèle. Et c’est Da­vid Ri­nal­do qui s’est im­po­sé en Best Trick avec un Front Flip Tsu­na­mi d’un autre monde, une des der­nières vi­sions d’un grand week-end au SX de Pa­ris. Vi­ve­ment le pro­chain !

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