Fer­ret­ti 670

Neptune Yachting Moteur - - Sommaire - Texte Mi­chel Lui­zet - Pho­tos Al­ber­to Coc­chi et l’au­teur

La nou­velle gé­né­ra­tion des grandes ve­dettes à fly du chan­tier ita­lien a fait le choix de la haute tech­no­lo­gie pour tous les as­pects de la vie à bord et de la na­vi­ga­tion.

Pré­sen­tée en avant-pre­mière à Ve­nise pour le cin­quan­tième an­ni­ver­saire de la marque, la très contem­po­raine Fer­ret­ti 670 est pro­mise à un bel ave­nir com­mer­cial. Nous sommes al­lés es­sayer la nu­mé­ro dix (dé­jà !), non pas à Ve­nise, mais à Ce­se­na­ti­co, sur les bords de l’Adria­tique, près du fief his­to­rique du chan­tier.

Un dî­ner de ga­la dans le Pa­lais des Doges, une soi­rée dan­sante à l’Ar­se­nal, plus de deux cents clients venus du monde en­tier... Al­ber­to Ga­las­si, le di­rec­teur gé­né­ral de Fer­ret­ti, a le sens de la fête quand il s’agit de cé­lé­brer le cin­quan­tième an­ni­ver­saire du chan­tier ita­lien. Pour cou­ron­ner le tout, Fer­ret­ti a pré­sen­té de­vant le Grand Ca­nal de Ve­nise à ses in­vi­tés le der­nier-né de sa col­lec­tion fly-bridge. La 670, puis­qu’il s’agit bien d’elle, est une ve­dette à fly-bridge d’un peu plus de 20 m, qui vient prendre la place de la

650 lan­cée cinq ans plus tôt. Nous sommes sur une échelle de ba­teaux qui peuvent être en­core me­nés par le pro­prié­taire bien que l’as­sis­tance et le soutien d’un ma­rin à bord sont vi­ve­ment re­com­man­dés. C’est non pas à Ve­nise mais sur le site de pro­duc­tion his­to­rique de For­li que nous dé­cou­vrons la nou­velle ve­dette à fly. C’est ici que la 670 est réa­li­sée aux cô­tés des Fer­ret­ti en­trée de gamme (450, 500 et 550).

Une ligne re­con­nais­sable

Trois mo­dèles étaient en cours de construc­tion au mo­ment de notre vi­site et près de dix de­vront être li­vrés lors des pre­miers mois d’ex­ploi­ta­tion. Un beau suc­cès pour une ve­dette au look contem­po­rain qui tente d’in­té­grer dans ses gênes tous les at­tri­buts d’un yacht mo­derne de taille su­pé­rieure. Rien d’éton­nant dès lors à ce que l’on re­trouve une ligne em­prun­tée aux mo­dèles 780 et 920, les fleu­rons de la gamme Fer­ret­ti sor­tis l’an­née der­nière. Le style ex­té­rieur a pour­tant été confié à une étoile mon­tante du de­si­gn, Fi­lip­po Sal­vet­ti, et non pas au stu­dio Zuc­con comme c’est le cas pour la plu­part des mo­dèles Fer­ret­ti. Le co-fon­da­teur du cabinet NeoDe­si­gn signe en ef­fet pour la pre­mière fois une Fer­ret­ti, mais en son nom propre, peut-être pour ne pas heur­ter la sus­cep­ti­bi­li­té du concur­rent d’Azi­mut avec qui le de­si­gner réa­lise la gamme At­lan­tis. Après une tren­taine de ki­lo­mètres par­cou­rus au mi­lieu des vignes de San­gio­vese di Ro­ma­gna, nous voi­là à Ce­se­na­ti­co, grand port de plaisance au nord de Ri­mi­ni, où Fer­ret­ti a ses ha­bi­tudes. Le ba­teau nous at­tend en bout de panne prêt à par­tir. Le style de la mai­son se re­con­naît au pre­mier coup d’oeil. Les lignes sont ten­dues et épu­rées, sans ef­fets de manches. Pas ou peu de courbes. Les contours des hu­blots de coque sont nets avec un angle qui suit l’in­cli­nai­son du T-top. En termes de de­si­gn pour ce type de grandes ve­dettes à fly, Fer­ret­ti se hisse, se­lon nous, sur la plus haute marche du po­dium. Avant de mon­ter à bord, le pro­ject ma­na­ger, Ste­fa­no Ami­ci, pro­cède à l’im­mer­sion de

la plate-forme de bain. Le sys­tème est par­ti­cu­lier et a dé­jà fait ses preuves sur d’autres mo­dèles ré­cents comme la 550. Fer­ret­ti a conçu un ta­bleau ar­rière in­ver­sé qui per­met de faire cou­lis­ser la plate-forme le long de deux rails in­té­grés. Il n’y a pas d’es­pace entre la coque et la plage de bain. C’est une ques­tion de sé­cu­ri­té pour les en­fants et pour ce­lui qui met l’an­nexe à l’eau. Au­jourd’hui, Fer­ret­ti est le seul sur ce cré­neau à pro­po­ser un dis­po­si­tif aus­si abou­ti. Le pro­prié­taire pour­ra y ins­tal­ler un ten­der de jet de 3,45 m de lon­gueur ain­si qu’un Sea­bob, ran­gé dans l’as­tu­cieuse soute dis­si­mu­lée dans l’épais­seur du ta­bleau ar­rière. Comme nous le pré­ci­sions en pré­am­bule, le ma­rin a toute sa place

à bord. Il est plu­tôt choyé, bé­né­fi­ciant d’un ac­cès confor­table à sa ca­bine via une porte si­tuée près de l’en­trée de la ti­mo­ne­rie, à l’op­po­sé de l’es­ca­lier de fly.

Une ré­ac­ti­vi­té qua­si im­mé­diate

L’es­pace com­pre­nant une salle de bain fer­mée et une buan­de­rie (ma­chine à la­ver le linge) com­mu­nique avec la salle des ma­chines qui hé­berge les deux blocs V8 Man de 1 000 ch (stan­dard) ou 1 200 ch pour notre ba­teau d’es­sai. Une puis­sante mé­ca­nique al­le­mande mon­tée sur des lignes d’arbre clas­siques comme les aime le construc­teur trans­al­pin qui a sou­hai­té faire de la Fer­ret­ti 670

une vi­trine tech­no­lo­gique en ma­tière de na­vi­ga­tion. Prendre la barre du ba­teau est une ex­pé­rience as­sez bluf­fante. Les com­mandes élec­tro-hy­drau­liques sont iden­tiques à celles uti­li­sées à bord de la Fer­ret­ti 780. Elles ont été dé­ve­lop­pées en co­opé­ra­tion avec le spé­cia­liste ita­lien Xen­ta, qui fut le pre­mier voi­ci une de­mi-dou­zaine d’an­nées à mettre au point un joys­tick de ma­noeuvre met­tant à contri­bu­tion moteurs et pro­pul­seurs. Dans le cas de la 670, la di­rec­tion to­ta­le­ment as­sis­tée ré­agit à la moindre sol­li­ci­ta­tion du pi­lote. In­utile de tour­ner plu­sieurs fois

la barre pour en­ta­mer une courbe ser­rée. La ré­ac­ti­vi­té est qua­si im­mé­diate. Une fois le cap dé­si­ré at­teint, il suf­fit de re­lâ­cher la barre qui re­vient au neutre au­to­ma­ti­que­ment. Xen­ta a dé­ve­lop­pé éga­le­ment son joys­tick qui, outre la fonc­tion ancre vir­tuelle (une pre­mière pour une trans­mis­sion ligne d’arbre), peut se sub­sti­tuer à la barre, aux ma­nettes de gaz ou aux deux si­mul­ta­né­ment. On di­rige alors le ba­teau de­puis le bou­ton ar­ti­cu­lé. Pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, la vi­tesse est alors pla­fon­née à 28 noeuds. Drôle de sen­sa­tion tout de même ! Pour les ma­noeuvres, le pi­lote bé­né­fi­cie d’un pro­pul­seur d’étrave sur­vi­ta­mi­né (48 V) et ré­glable avec té­moin de puis­sance. Le must !

L’avan­tage des gy­ros­ta­bi­li­sa­teurs

En­fin, deux gy­ros­ta­bi­li­sa­teurs Sea­kee­per com­plètent la pa­no­plie du par­fait ca­pi­taine. Sous la ti­mo­ne­rie, Fer­ret­ti aban­donne le prin­cipe de la cui­sine à l’en­trée pour amé­na­ger un splen­dide sa­lon tra­ver­sant. L’es­pace est très net­te­ment di­vi­sé en deux zones dis­tinctes ma­té­ria­li­sées par une dif­fé­rence de ni­veau de plan­cher consé­quente. La cui­sine sur le flanc tri­bord fait

La nou­velle Pres­tige 670 en guest star de­vant l’église San­ta Ma­ria del­la Sa­lute à Ve­nise. Un écrin pres­ti­gieux pour cette ve­dette à fly new look.

La Fer­ret­ti 670 vient en rem­pla­ce­ment de la 650 lan­cée il y a cinq ans. Sa­lon de pont avant, vi­trages de ti­mo­ne­rie pa­no­ra­miques et es­pace in­té­rieur op­ti­mi­sé font au­jourd’hui la dif­fé­rence. 147

Le de­si­gner Fi­lip­po Sal­vet­ti a bien pris soin de sé­pa­rer l’es­pace sa­lon de la cui­sine qui par­tage le ni­veau su­pé­rieur avec le poste de pi­lo­tage et le coin dî­nette. L’ébène de Ma­cas­sar sert de fil conduc­teur à la décoration du ba­teau, ce qui lui oc­troie un ca­chet sup­plé­men­taire.

La cui­sine est si­tuée au centre du ba­teau. Hotte as­pi­rante, lave-vais­selle, four der­nier cri, rien ne manque en termes d’équi­pe­ment haut de gamme.

Agen­ce­ment su­perbe du fly-bridge et de la plage avant. Grand sa­lon ou­vert sur le cock­pit. Suite pro­prié­taire vaste et bien or­ga­ni­sée. Quatre ca­bines doubles pos­sibles. Equi­pe­ment de haute qua­li­té.

Es­ca­lier me­nant aux ca­bines as­sez étroit. Seuil d’en­trée sur­éle­vé entre le cock­pit et la ti­mo­ne­rie. Es­ca­lier de fly mas­sif et «man­geur» d’es­pace. Hau­teur du T-top sur l’avant li­mite pour les grands ga­ba­rits.

Face au poste de pi­lo­tage, le coin dî­nette dis­pose d’une table acier et verre, créa­tion ex­clu­sive du bu­reau d’études Fer­ret­ti.

L’es­ca­lier de fly est contre­mou­lé dans sa par­tie basse, qui est uti­li­sée comme vo­lume de ran­ge­ment.

Dans la mas­ter­ca­bin, la tête de lit s’ap­puie sur la cloi­son de la salle de bain. Fer­ret­ti mul­ti­plie les ma­tières et les touches d’ébène de Ma­cas­sar pour ob­te­nir une am­biance par­ti­cu­liè­re­ment co­sy.

La ca­bine VIP à l’avant as­so­cie ha­billage de chêne blond et in­sert de pla­cage imi­ta­tion ma­cas­sar. La suite pro­prié­taire bé­né­fi­cie à l’en­trée d’un coin bu­reau en lé­gère sur­élé­va­tion. Cet es­pace peut être dé­dié à l’amé­na­ge­ment d’une qua­trième ca­bine.

La salle de bain est ins­tal­lée entre la suite pro­prié­taire et la ca­bine du skip­per pour une iso­la­tion pho­nique ren­for­cée par rap­port à la salle mo­teur.

Bain de so­leil à l’avant et sa­lon au centre face au bloc plan­cha. Cet agen­ce­ment per­met de dé­ga­ger la par­tie ar­rière pour en faire un vé­ri­table bal­con sur la mer.

Le ta­bleau ar­rière in­ver­sé pré­sent sur la ma­jo­ri­té des Fer­ret­ti a per­mis au chan­tier de dé­ve­lop­per une plate-forme im­mer­geable, sé­cu­ri­sante et in­no­vante. Celle-ci glisse le long de deux en­coches sans créer de vide entre la plage de bain et la coque.

Le sa­lon s’in­tègre par­fai­te­ment à la plage avant. La struc­ture ne dé­passe pas la hau­teur du pa­vois.

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