Ti­mo­thé Pois­so­net se jette à l’eau avec hu­mour

In­ter­view L’hu­mo­riste est les planches du théâtre le Tri­bu­nal avec son spec­tacle Dans le bo­cal, de de­main à sa­me­di. Un One-man-show vi­vant qui ne laisse au­cun ré­pit au pu­blic

Nice-Matin (Antibes / Juan-les-Pins) - - Antibes-juan-les-pins - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR JÉ­RÉ­MY TOMATIS jto­ma­tis@ni­ce­ma­tin.fr

À29 ans, Ti­mo­thé Pois­son­net conti­nue de ma­nier l’hu­mour avec ha­bi­le­té. Son spec­tacle, Dans le bo­cal, évoque la so­cié­té d’hier, d’au­jourd’hui et de de­main, avec un re­gard cri­tique que ce soit dans les bons et les mau­vais as­pects.

Votre spec­tacle est un One man show ?

C’est un One man show qui parle un pe­tit peu de l’évo­lu­tion de notre so­cié­té avec un fond d’éco­lo­gie. C’est sur­tout un spec­tacle qui se veut sur­pre­nant, qui part dans tous les sens. Il y a beau­coup de sur­prises.

Pour­quoi Dans le bo­cal ?

C’est, au-de­là du jeu de mot avec mon nom, une mé­ta­phore sur la so­cié­té que j’ex­plique un pe­tit peu plus en dé­tail dans le spec­tacle et qui re­pré­sente vrai­ment notre so­cié­té au­jourd’hui. Et no­tam­ment le fait de res­ter par­fois en­fer­mer tout seul chez soi, dans son bo­cal…

Vous ba­layez un es­pace-temps très large, de la pré­his­toire au fu­tur. Pour­quoi ?

J’avais à coeur de me po­ser la ques­tion d’où on part et où estce qu’on va en conti­nuant comme ça ?

C’est-à-dire ?

Comme dans le spec­tacle, tout va très très vite au­jourd’hui. Par­fois, on ou­blie de faire des pauses, de par­ta­ger et de se li­vrer aux autres. C’est le fait que tout aille trop vite. Il n’y a pas que du mau­vais. L’avan­tage, c’est que l’on peut faire plus de choses par exemple. Ça, c’est plu­tôt bien. Mais en ne pre­nant plus le temps, on ou­blie cer­tains points es­sen­tiels de la vie.

C’est fa­cile d’en rire ?

Je ne me consi­dère pas comme un cri­tique… c’est plu­tôt une ca­ri­ca­ture de notre so­cié­té.

Comment vous dé­fi­nis­sez votre style ?

C’est un style très par­ti­cu­lier que j’ai ap­pe­lé l’hu­mour sé­quen­tiel. C’est le fait qu’il n’y ait pas de temps morts. On passe ra­pi­de­ment d’une chose à une autre.

C’est fa­cile à suivre pour le pu­blic ?

Le spec­ta­teur n’a pas le temps de se po­ser la ques­tion, c’est sans tran­si­tion.

On voit beau­coup d’hu­mo­ristes au­jourd’hui. Ce n’est pas dif­fi­cile de se faire une place ?

Pas pour ma part. Ma phrase c’est : je suis un hu­mo­riste comme les autres, très dif­fé­rent. Si on re­garde bien les styles d’hu­mour, il n’y en a pas tant que ça. À Pa­ris, beau­coup d’hu­mo­ristes font du stand-up .Et il y en a qui le font très bien. Mais beau­coup se co­pient. Il y a aus­si l’hu­mour noir par exemple, mais l’hu­mour sé­quen­tiel, il n’y a per­sonne qui en fait.

Vous avez sû­re­ment en­ten­du par­ler des « Co­pyCo­mics » () ?

J’en dis­cu­tais il n’y a pas long­temps… En France, co­pier n’est pas très grave. Aux ÉtatsU­nis, si un hu­mo­riste co­pie un spec­tacle, il est ban­ni du monde de l’hu­mour. Pa­reil pour la chan­son. En France, ce n’est pas le cas. Ça fait des an­nées, en com­men­çant par les plus grands ar­tistes de la chan­son, on est par­ti pi­quer les idées aux États-Unis.

Ça fait par­ti de notre cul­ture, si on vous suit…

Com­plè­te­ment. Le rock’n’roll n’a pas été créé en France…

Quel re­gard vous avez sur ces « Co­pyCo­mics ?

Je trouve ça un peu dom­mage parce qu’on a les res­sources né­ces­saires pour être très créa­tifs et s’in­ven­ter notre style. Nous avons un ci­né­ma très fran­çais par exemple, et c’est très in­té­res­sant.

Ici, on ne parle pas de co­pier un style mais un texte mot pour mot…

Dans la chan­son, on a dé­jà co­pié des textes aus­si, mais c’est vrai que c’est as­su­mé. Là, pour le coup, ces hu­mo­ristes très connus ont co­pié mot pour mot des vannes d’hu­mo­ristes amé­ri­cains… mais ils l’ont bien fait au fi­nal. Par contre, je ne com­prends pas que ce soit ca­ché. C’est un peu abu­sé mais bon… 1. Co­pyCo­mics est une chaîne You­tube qui re­cense les hu­mo­ristes fran­çais au­teurs de pla­giat, en grande par­tie aux États-Unis.

Sa­voir +

Dans le bo­cal, de­main, jeudi, vendredi et sa­me­di à 20h30, au théâtre le tri­bu­nal, 5 place Ami­ralBar­naud à An­tibes. Ta­rifs : entre 8 et 15 eu­ros. Rens. 06.43.44.38.21.

(Pho­to DR)

Ti­mo­thé Pois­so­net est sur les planches du Tri­bu­nal du  au  avril.

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