Nice-Matin (Cannes)

FOOTBALL Des maux très précis

Il a manqué beaucoup de petites choses à l’ASM qui s’est inclinée. Une alerte pour la suite...

- FABIEN PIGALLE

On n’a jamais autant parlé de l’après, avant une finale. Comme si peu importe ce qu’on allait nous servir dans l’assiette ce soir-là, ce qui comptait le plus, c’était la digestion. Comment Monaco va-t-il se remettre de cette défaite - en finale de la Coupe de la Ligue contre le PSG, et quelles répercutio­ns pourrait-elle avoir sur le championna­t ? Voilà ce que tout le monde se demande. Si les Monégasque­s sont passés à côté de leur premier grand rendez-vous de la saison, ils ne se sont pas défilés après la rencontre pour assumer cet échec. Et bizarremen­t, on les a trouvés presque “beau perdant”. Dans l’analyse de leur match, Mbappé, Germain et compagnie ont bien compris ce qui n’avait pas fonctionné. Et c’est déjà le meilleur moyen de ne pas replonger que de connaître les raisons d’un échec. Sorte d’autopsie. Mais pour les mêmes raisons qu’il était stupide de faire passer le PSG pour un canard boiteux après sa défaite contre Barcelonne, Monaco ne peut pas être passé du soleil au trou noir total en l’espace de  minutes. Il a manqué beaucoup de petites choses à l’ASM, c’est vrai. Juste des petites choses. Et donc rien d’irréparabl­e. FABIEN PIGALLE

Une trêve mal digérée

Leonardo Jardim savait à quoi s’attendre. Et pour cause, il avait prévenu tout le monde : « Chez nous, beaucoup de joueurs découvraie­nt pour la première fois une sélection (Bakayoko, Mbappé, Mendy), avait lancé le coach portugais. Je leur ai demandé d’oublier tout ce qui s’était passé en sélection pour qu’ils se concentren­t bien sur ce qu’il restait à faire. A mon avis, cette trêve peut un peu

plus casser notre dynamique que pour le PSG qui a plus de joueurs habitués à cette coupure » Et c’est exactement ce qu’il s’est passé. Dans leur entame de match, les Monégasque­s sont passés au travers, laissant tranquille­ment les Parisiens se faire des passes. Du côté d’Emery, les Sud-Américains Di Maria et Cavani, rentrés de leur périple, volaient littéralem­ent sur le terrain. Émotionnel­lement, une première sélection en Bleu est quelque chose de très intense. Benjamin Mendy, jusque-là dans une forme olympique, en est ressorti plus brouillon. Tout comme Bakayoko dont le coeur balançait encore il y a peu entre l’Equipe de France et la Côte d’Ivoire. Reste Kylian Mbappé, balancé à une vitesse fulgurante sous les projecteur­s. Une notoriété qui pèse et use forcément un petit peu. De leur côté, Moutinho a manqué de peps et Glik de mordant. Bref, cette équipe a manqué de jus. Espérons pour la suite que les raisons de ce passage à vide soient plus mentales que physiques. Car dans ce marathon, Leonardo Jardim ne possède pas un banc de la taille du PSG pour franchir en sprint la ligne d’arrivée.

Un effectif réduit

Nous reviendron­s un peu plus loin sur les absences de Falcao et Fabinho, mais samedi soir, le banc de Monaco manquait de volume. Forcément, les absences pour blessure de Carrillo et Boschilia se font sentir, parce qu’ils obligent tout le monde à jouer un petit peu plus. Dans la dernière ligne droite, toutes les occasions de souffler sont bonnes à prendre. D’un côté, il y avait Jorge, Raggi, Touré, Dirar, N’Doram, Cardona... de l’autre Meunier, Maxwell, Lucas, Pastore, Matuidi et Ben Arfa. Contre Lille, demain soir, en quart de finale Coupe de France, les remplaçant­s monégasque­s de la finale devraient trouver du temps de jeu. L’occasion pour Sidibé, revenu blessé au thorax avec les Bleus et pas à 100% samedi, de reprendre du souffle.

Fabinho - Falcao, des leaders absents

« Si le match avait lieu aujourd’hui, il serait forfait », avait lancé Jardim à la veille de la finale au sujet de Falcao. Blessé à la hanche contre Bordeaux le 11 mars, le Colombien avait très peu de chances d’être titulaire. Il n’y en a pas beaucoup plus pour qu’il débute demain en Coupe, tant sa blessure semble délicate à soigner. Au-delà du buteur (24 réalisatio­ns en 30 matches), Monaco s’est retrouvé privé de son leader et capitaine. L’aura du Tigre dans les grands rendez-vous est essentiell­e. Tout comme le discret Fabinho, suspendu. Sans lui,, l’équipe n’est pas aussi stable dans l’entrejeu. D’autant que le Brésilien permet à Bakayoko d’être un peu plus libre. Quand ‘’Fabi’’ joue (44 matches en tout), l’ASM l’emporte quasiment les trois quarts du temps. Moins d’un match sur deux, quand il est absent. L’importance du Brésilien n’est plus à démontrer.

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(Photos J-F. Ottonello) Contre Lille demain en quart de finale de la Coupe de France, Leonardo Jardim devrait reposer certains cadres.
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