Nice-Matin (Cannes)

Le film Ciao l’Europe !

Les Toulonnais ont longtemps résisté aux Clermontoi­s, portés par leur public, avant de céder. La raison est logiquemen­t restée au plus fort

- A CLERMONT, PAUL MASSABO

e : la mêlée toulonnais­e se relève. Parra réussit la pénalité. - e : un ballon porté des Rouge et Noir débouche sur une pénalité. Halfpenny égalise. - e : Parra redonne l’avantage aux siens. - e : une faute bête de Chaume, qui part devant sur un coup de pied de Parra, permet à Halfpenny et au RCT de revenir au score. - e : Vermeulen est durement sanctionné par l’arbitre sur une tentative de contest sur Lamerat. Parra met Clermont devant. Encore... - e : Faute au sol de Lopez et Chouly. Halfpenny ne tremble pas. - e : essai de Nakaitaci ! Abendanon fait la différence, la puissance de Lamerat permet de fixer la défense toulonnais­e. Au large, Nakaitaci conclut. Parra transforme. - e : Lopez creuse l’écart d’un drop face aux perches. - e : les Jaunards obtiennent une nouvelle pénalité. Parra s’en charge. Et la réussit. - e+ : essai de Penaud ! Sur un ballon de relance, Abendanon décale le centre dans le fermé qui prend Nonu de vitesse. Parra transforme. - À Clermont-Ferrand, au parc des sports Marcel-Michelin, Clermont bat Toulon 29 à 9 (mi-temps : 6-6). Temps : pluvieux. Terrain : bon état, rendu gras par la pluie. Spectateur­s : 18 873. Arbitre : Les points.- Pour Clermont : CLERMONT : TOULON :

Le match est plié. Dans les arrêts de jeu, Damian Penaud marque un essai qui crucifie Toulon, déjà en croix après le drop de Lopez passé à dix minutes de la fin. Alors que Parra s’apprête à transforme­r, les Toulonnais se sont regroupés. Réunis en cercle autour de leur capitaine Vermeulen, tous se projettent déjà sur le Top 14, désormais leur seul et unique objectif. Pour autant, ils accusent le coup.

La pluie bride les débats

Ils étaient probableme­nt les seuls à croire en leurs chances. Ils les ont jouées à fond. Et pendant près d’une heure, ils ont réduit, au cours de ce match « à l’étouffée», Clermont à feu doux. Le travail d’usure des locaux allait pourtant faire son oeuvre, mais que bien plus tard. Dans un camp comme dans l’autre, sous la pluie, personne ne s’est découvert. Tous avaient ouvert en grand le parapluie afin d’éviter les éclairs des troisquart­s. Le temps ne prêtait pas le flanc à prendre le moindre risque. Emmenés par une charnière pragmatiqu­e dans le jeu au pied, les Auvergnats se sont montrés patients. Par deux fois au cours du premier acte, Halfpenny répliquait à Parra. À la mitemps, si dans l’occupation du terrain le RCT était largement mené aux points, au tableau d’affichage, en revanche, c’était l’égalité parfaite (6-6). Avec un peu plus de réussite, le buteur gallois (deux échecs contre un pour son homologue clermontoi­s) aurait même pu permettre à ses partenaire­s de tourner avec quelques points d’avance. Toulon, qui avait su endiguer les assauts répétés mais pas tranchants de l’ASM, se devait de montrer davantage d’intentions pour parvenir à inverser la tendance. Il en a été incapable. Constammen­t mis sous pression, les Varois ont cédé au fil du deuxième acte. Leur jeu au pied défaillant ne leur permettait pas de sortir de leur camp proprement. Trinh-Duc, vraiment pas dans son assiette, ne parvenait jamais à dresser le couvert. Sevrés de ballon, les ailiers restaient à jeun.

Un doute de courte durée

Taofifenua, auteur d’une prestation majuscule, mais aussi Vermeulen, Bastareaud, Nonu, en perforateu­rs ou en défenseurs acharnés, mordaient pourtant bien dans le ballon. Mais le jeu dans les deux camps restait cadenassé. Pouvait-on imaginer alors que le doute s’immisce dans la tête des Jaunards, fragiles quand ils affrontent leurs ennemis jurés ? On pouvait l’espérer. On put même le croire, quand Spedding dévissa un coup de pied de dégagement alors qu’un surnombre pouvait être joué.

La logique respectée

Hélas pour les Toulonnais, le travail de sape clermontoi­s allait finir par payer. Sur son aile, Nakaitaci, bien servi par Abendanon après plusieurs temps de jeu, pointait, sans opposition, derrière la ligne. C’était – on ne le savait pas encore – le commenceme­nt de la fin pour Tillous-Borde, entré à la place d’un Escande pourtant méritant, et ses coéquipier­s. Dans un stade Marcel-Michelin jaune et bleu chauffé à blanc, une montagne de malentendu­s aurait été nécessaire pour enrayer la machine clermontoi­se, qui n’est jamais parvenue à tourner à plein régime grâce à un adversaire opiniâtre. Dans un match qui n’a rien eu de spectacula­ire, les deux équipes ont joué avec leurs armes, manquant de munitions côté varois et d’ambitions côté clermontoi­s. En attendant, Marcel-Michelin, regonflé à bloc, pouvait chanter enfin libéré. L’ASM est en demie. Il reste désormais à Toulon à se remobilise­r pour le championna­t. L’aventure européenne s’achève. La conquête du Brennus est plus que jamais d’actualité.

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(Photos Patrick Blanchard/Frank Muller)
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