Des avions de lutte dé­ployés à Cannes

Nice-Matin (Cannes) - - Le Dossier Du Dimanche -

Soixante ans et tou­jours pa­rés ! Deux avions an­ti-in­cen­dies se­ront po­si­tion­nés à l’aé­ro­port de Cannes-Man­de­lieu le 1er juillet, en prin­cipe jus­qu’à dé­but sep­tembre. Il s’agit de tra­ckers du mo­dèle Grum­man S-2, pou­vant trans­por­ter 3 300 litres d’eau et pro­duits chi­miques re­tar­dant la pro­pa­ga­tion du feu. En in­ter­ven­tion, le tout est lar­gué en une se­conde et de­mie.

D’an­ciens avions de l’ar­mée

En France, les pom­piers dis­posent de 9 ap­pa­reils de ce type, qui ont 58 ans en moyenne, plus 12 Ca­na­dairs (6000 litres). Sans comp­ter les avions Dashs (ayant la forme d’un avion de ligne et trans­por­tant 10 000 litres) et hé­li­co­ptères. Con­çu dans les an­nées 1950 pour l’ar­mée amé­ri­caine (lutte an­ti-sou­ma­rine), le Grum­man S-2 est un avion à hé­lice avec tur­bo pro­pul­seur. « Ces ap­pa­reils durent très long­temps car les pièces dé­ta­chées ont été fa­bri­quées en grandes quan­ti­tés », ex­plique un res­pon­sable de la sé­cu­ri­té ci­vile. Com­pa­ré au Ca­na­dair, il ne peut pas éco­per l’eau d’un lac ou de la mer et doit faire le plein à l’aé­ro­port, à un em­pla­ce­ment nom­mé « pé­li­can­drome » en ré­fé­rence à la forme des Ca­na­dairs sta­tion­nés au même en­droit. Ces deux tra­ckers sont dé­ta­chés à Cannes car la base aé­ro­nau­tique an­ti-in­cen­dies de Ma­ri­gnane a été dé­pla­cée plus loin, à Nîmes. Des avions conti­nue­ront à ve­nir pa­trouiller en plus de ceux sta­tion­nés à Cannes pour vé­ri­fier qu’au­cun dé­part de feu n’a lieu dans la cam­pagne. Mais se­lon la sé­cu­ri­té ci­vile, le tra­jet ne se­ra pas beau­coup plus long. « À Ma­ri­gnane, il fal­lait sou­vent at­tendre pour dé­col­ler à cause des avions de voya­geurs », ex­plique notre source. Les deux pi­lotes se­ront, eux, dé­ta­chés spé­cia­le­ment de la base de Nîmes (la plu­part des pi­lotes d’avions an­ti-in­cen­die sont des mi­li­taires). Des ap­pa­reils avaient aus­si été sta­tion­nés en per­ma­nence à l’aé­ro­port de Cannes-Man­de­lieu entre fin juillet199­8 et dé­but sep­tembre 2006, en­suite re­ti­rés « pour des ques­tions d’or­ga­ni­sa­tion in­terne», se­lon un pi­lote. Ils ont en­suite conti­nué à ve­nir s’y re­char­ger ré­gu­liè­re­ment en eau et re­tar­dants pour in­ter­ven­tion, tout au long de l’an­née.

Pa­trouilles et in­ter­ven­tion

En cas de risque in­cen­die éle­vé, des pa­trouilles (dites de « guet aé­rien ar­mé») au­ront lieu tous les jours. Lors d’un dé­part de feu, le tra­cker fait un pre­mier pas­sage pour vé­ri­fier que per­sonne ne se trouve des­sous. Puis il ar­rose la zone et pré­vient l’état-ma­jor de zone pour en­voyer les ca­mions de pom­piers et, si be­soin, les deux hé­li­co­ptères an­ti-in­cen­die dé­jà po­si­tion­nés à Bri­gnoles.

(Pho­to Bas­tien Guerche)

Un tra­cker lar­guant du pro­duit re­tar­dant, uti­li­sé lors des in­ter­ven­tions.

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