HAND­BALL - NA­TIO­NALE  FÉ­MI­NINE «Je n’ai que des guer­rières!»

À la veille de la pre­mière jour­née, l’en­traî­neur de l’AS Cannes/Man­de­lieu, Jean-Louis Le­blond af­firme que ses joueuses n’ont qu’un ob­jec­tif cette sai­son : rem­por­ter tous leurs matches !

Nice-Matin (Cannes) - - Région Cannoise - RECUEILLIS PAR PHI­LIPPE HERBET KATHERINE NATTON

Jean-Louis Le­blond, fai­seur de mi­racles ? En tout cas, l’homme est en train de rendre au club la place qui était en­core la sienne avant que, suite à de grosses dif­fi­cul­tés fi­nan­cières, les di­ri­geants n’aient choi­si de re­par­tir en N2. Bien que pro­mues, les Can­noises sont en ef­fet vi­si­ble­ment dé­ci­dées, aux dires de leur en­traî­neur, à jouer les tout pre­miers rôles cette sai­son. On en sau­ra évi­dem­ment da­van­tage, quant au po­ten­tiel réel de ce groupe, après le match de de­main soir face à Ber­ge­rac, ogre an­non­cé de cette poule A. En at­ten­dant, le coach se livre...

Jean-Louis, votre re­tour à la tête de cette équipe, il y a deux ans, ne s’est pas dé­rou­lé comme pré­vu…

Ef­fec­ti­ve­ment. Je suis ar­ri­vé pour re­prendre l’équipe en D, mais les comptes étaient tel­le­ment dans le rouge, que le club a dé­ci­dé, quinze jours plus tard, de re­par­tir en N. Main­te­nant, comme je m’étais en­ga­gé et qu’en plus, je connais de­puis long­temps le pré­sident, j’ai fait le choix de res­ter. Et je ne re­grette rien parce qu’on a fait du bon boulot de­puis.

Avec des ob­jec­tifs at­teints la sai­son der­nière, à sa­voir l’ac­ces­sion en N ?

Oui, on a réus­si une belle sai­son, même si on s’est fait un peu peur sur la fin puis­qu’on a été contraint de pas­ser par un match de bar­rage. Match que, fi­na­le­ment, l’équipe a su gé­rer par­fai­te­ment.

Cette mon­tée, une vraie sa­tis­fac­tion per­son­nelle ?

Ca en se­ra une quand j’au­rai per­mis au club de re­trou­ver le ni­veau qui était le sien, à sa­voir la D. Donc, il fau­dra en­core pa­tien­ter un peu… À 33 ans, Je­le­na Po­po­vic, que ses jeunes par­te­naires ap­pellent avec beau­coup d’af­fec­tion « ma­man », va en­ta­mer sa troi­sième sai­son sous le maillot de l’ASCM avec le bras­sard de ca­pi­taine. Un rôle de me­neuse qui semble évident pour l’an­cienne in­ter­na­tio­nale serbe, au­réo­lée d’un titre de vice-cham­pionne du monde en 2013 et d’un dou­blé coupe de la ligue/cham­pion­nat sous les cou­leurs bres­toises d’Ar­vor 29 en 2012. Après ses quatre sai­sons en pre­mière di­vi­sion dans le cham­pion­nat na­tio­nal (Ar­vor 29, Besançon et Nantes), l’ar­rière droite serbe au­rait évi­dem­ment pu vi­ser plus haut que la D2 can­noise en 2015. « L’équipe af­fi­chait la vo­lon­té de En re­vanche, la N c’est dé­jà un autre monde… Ef­fec­ti­ve­ment, c’est beau­coup plus fort. Main­te­nant, on a, je pense, réus­si à bâ­tir une équipe qui, elle aus­si, est beau­coup plus forte. Ca de­vrait donc être in­té­res­sant.

Le re­cru­te­ment est ce­lui que vous es­pé­riez ?

On a dé­jà conser­vé pra­ti­que­ment toutes nos mon­ter et le pro­jet m’a plu » se sou­vient-elle. Seule­ment quelques mois plus tard le club azu­réen est ré­tro­gra­dé en N2 et il est trop tard pour s’en­ga­ger dans un club pro­fes­sion­nel. Un fâ­cheux contre­temps que Je­le­na Po­po­vic va di­gé­rer ra­pi­de­ment pour se re­con­cen­trer sur ses nou­veaux ob­jec­tifs avec l’ASC (de­ve­nue ASCM la sai­son der­nière avec la fu­sion entre les villes de Cannes et Man­de­lieu). « Je n’aban­donne pas fa­ci­le­ment. Je suis une guer­rière même si par­fois je suis un peu pé­nible avec mes par­te­naires car je vou­drais pous­ser tout le groupe vers le haut » re­con­naît-elle. Un choix de re­par­tir du bas de l’échelle que la néo-ca­pi­taine de l’ASCM as­sume com­plè­te­ment joueuses et on s’est aus­si bien ren­for­cé. En ne re­cru­tant que des filles qui évo­luaient à un ni­veau su­pé­rieur. En fait, dans cette équipe, ce ne sont que des joueuses que j’ai choi­sies. Ca peut sem­blait bi­zarre de dire ça, mais ce n’est pas tou­jours le cas. Il ar­rive par­fois qu’on ait à gé­rer un ef­fec­tif construit par quel­qu’un d’autre et ce n’est pas évident…

La pré­pa­ra­tion d’avant­sai­son vous a-t-elle sem­blé construc­tive?

On a re­pris de­puis dé­but août, mais je dis tou­jours que ce n’est qu’à l’is­sue des  ou  pre­mières jour­nées, qu’on peut voir si la pré­pa­ra­tion a été bonne ou non. La seule vé­ri­té qui vaille, c’est la com­pé­ti­tion…

Si vous de­viez éva­luer les forces et fai­blesse de votre groupe, quelles se­raient-elles ?

Les fai­blesses, on ver­ra bien à l’usage. En re­vanche, la prin­ci­pale force de cette équipe, c’est qu’elle est com­po­sée de joueuses for­ma­tées pour un jeu ra­pide. Donc spec­ta­cu­laire. Et c’est plu­tôt bien, parce que ce que je veux, c’est que quand les gens viennent, ils se disent que le hand­ball fé­mi­nin, ce n’est quand même pas si mal…

Quelles se­ront vos am­bi­tions cette sai­son ?

Ga­gner tous les matches !

Ca passe dé­jà par une vic­toire de­main sur Ber­ge­rac...

Ce se­ra plus qu’un test puisque cette équipe est an­non­cée fa­vo­rite pour la mon­tée. Si on les bat, af­fir­mer que l’on veut ga­gner tous nos matches, pren­dra for­cé­ment plus de sens. En tout cas, ce match va nous per­mettre de mieux nous si­tuer. Main­te­nant, on n’a pas non d’au­tant qu’elle pré­pare dou­ce­ment sa re­con­ver­sion. « J’en­traîne les moins de 15 ans et c’est aus­si pour ce­la que j’ai ac­cep­té de res­ter. Le club m’a ou­vert une porte vers ma deuxième car­rière, mais pour l’ins­tant je n’y pense pas. Je reste sim­ple­ment à l’écoute de mon corps et de ma tête ». Un corps et une tête qui in­diquent à Je­le­na Po­po­vic que ce n‘est pas en­core l’heure et qu’elle peut con­ti­nuer à ap­por­ter tout son ta­lent et son ex­pé­rience à ses jeunes par­te­naires, elle qui a été l’un des élé­ments clés de l’ac­ces­sion en N1. Une nou­velle sai­son en di­vi­sion su­pé­rieure qui dé­bu­te­ra fort avec la ré­cep­tion de Ber­ge­rac (de­main à 20h30 au Pa­lais des Vic­toires). Des vi­si­teuses de Dor­dogne qui

ELLES RES­TENT : Claire Mo­reau (g), Au­drey Bel­lon­net, Ca­mille Buf­fet, Emi­lie Cha­te­let, Noé­mie Ga­ret, Lu­di­vine Mar­ge­rit, Ma­non Ni­coud, Eno­ra Pa­taud, Je­le­na Po­po­vic, Eno­la Villard, So­raya Ha­mi­ti.

ELLES AR­RIVENT : Aline Sco­las­ti­ca (gar­dienne, Pôle Sud), Nu­ria Gra­cia-Ar­de­riu (1/2 centre, es­pa­gnole, 28 ans, Celles/Belle LHF), Had­ja Cis­sé (ar­rière gauche, 26 ans, OGCN), Justine Jo­ly (ai­lière gauche, 28 ans, An­gou­lème), Mé­la­nie Le­cut (ar­rière/ai­lière, 23 ans, OGCN).

ELLES SONT PAR­TIES : Roxane Ma­ni­ni (La Roche/Yon), Mor­gane Pra­de­leix (Ville­momble), Maë Am­bit (An­tibes), Had­ja Cis­sé (Nor­vège).

plus de pres­sion par­ti­cu­lière. On n’est as­sez grand pour se la mettre tout seul. Parce que les filles, elles, disent la même chose, qu’elles veulent tout ga­gner. Ce sont toutes des guer­rières. ne cachent pas leur am­bi­tion de jouer les pre­miers rôles et qui se­ra un bon test pour les joueuses de Jean-Louis Le­bond. En at­ten­dant, la sai­son a dé­jà dé­bu­té of­fi­ciel­le­ment sa­me­di der­nier avec un dé­pla­ce­ment à Dra­gui­gnan face à Val d’Argens (N3) pour le compte de la Coupe de France. Et une vic­toire (33-18) qui a dé­jà lais­sé au­gu­rer de belles choses… ❑ Had­ja Cis­sé re­joint la Nor­vège

Pho­to ar­chives NM.

De­main (h)

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