Nos lec­teurs ont la pa­role

Nice-Ma­tin vous pro­pose de par­ti­ci­per à un dé­bat sur un thème d’ac­tua­li­té. Le su­jet du jour : Faut-il en­core ré­duire la vi­tesse maxi­mum pour évi­ter les ac­ci­dents ?

Nice-Matin (Cannes) - - « Nice-matin », C’est Vous -

La vi­tesse maxi­mum sur les routes na­tio­nales et dé­par­te­men­tales à double sens va-t-elle pas­ser de  km/h au­jourd’hui à  km/h, et celle des au­to­routes à , comme c’est dé­jà le cas sur l’A dans les Al­pesMa­ri­times ? La dé­ci­sion de­vrait être prise lors du co­mi­té in­ter­mi­nis­té­riel de sécurité rou­tière de jan­vier. Mais d’ores et dé­jà, le pre­mier mi­nistre, Edouard Phi­lippe, s’est dit fa­vo­rable à cette me­sure. Et vous, qu’en pen­sez-vous ? ◗ Es­ti­mez-vous que la ré­duc­tion de la vi­tesse est la so­lu­tion ? ◗ Quelles autres me­sures en­vi­sa­ge­riez-vous ?

Des voies dé­diées

Ce n’est pas ré­duire la vi­tesse qui va li­mi­ter les ac­ci­dents, bien au contraire. Je fais beau­coup de route et je m’aper­çois que ce sont les vé­hi­cules rou­lant à faible vi­tesse qui sont dan­ge­reux. Il fau­drait ins­tau­rer des vi­tesses sur les 3 voies, celle de droite à 90, celle du mi­lieu à 120 celle de gauche à 150. ARNAUD LE DROUMAGUET, SIX-FOURS

Poids lourds dan­ge­reux

Je prends l’au­to­route tous les jours et je re­marque que la vi­tesse est plus ou moins res­pec­tée par les voi­tures. En re­vanche, le risque ac­ci­den­to­gène peut aug­men­ter car de nom­breuses per­sonnes uti­lisent le té­lé­phone por­table. Et les gens res­tent sur la voie du mi­lieu. Mais le plus ris­qué, et pra­ti­que­ment ja­mais contrô­lé, c’est la vi­tesse des poids lourds, sou­vent étran­gers. Ils doublent alors qu’il y a des pan­neaux d’in­ter­dic­tion. Et par­fois les PL mo­no­po­lisent les 3 voies, sur­tout vers 5 h du ma­tin. Pour fi­nir, ils sta­tionnent la nuit sur la bande d’ar­rêt d’ur­gence, aug­men­tant le risque d’ac­ci­dent. REYNALD PILLARD, SAINT-BLAISE

L’avis d’un mo­tard

Mo­tard de­puis plus de 20 ans, quand j’en­tends dire que cette me­sure est « pour notre sécurité », ça me fait dou­ce­ment ri­go­ler ! Tous les jours, je roule sur des routes com­plè­te­ment dé­fon­cées, pleines d’or­nières, ra­fis­to­lées avec des bouts de scotch hy­per glis­sants, sur­tout par temps de pluie... Je passe à cô­té de bar­rières de sé­cu­ri­tés « simples», vé­ri­tables guillo­tines pour les mo­tards ! Je vois des pi­lotes de 2-roues au­to­ri­sés à rou­ler qua­si-nus du mo­ment qu’ils ont des gants et un casque ! Je vois des au­to­mo­bi­listes qui coupent la route, ne mettent au­cun cli­gno­tant... mais at­ten­tion, ils ont le droit vu qu’ils res­pectent la vi­tesse ! OLI­VIER FOUQUES, OPIO

In­ci­vi­li­té rou­tière

Le seul tort de la vi­tesse, c’est d’être un fac­teur ag­gra­vant. Si la sécurité rou­tière veut pro­gres­ser, il fau­drait dé­jà com­men­cer par re­voir quelques points bien dan­ge­reux comme les pein­tures glis­santes, les plaques d’égouts, les glis­sières qui dé­coupent, les mu­rets de terre-pleins qui re­tournent les voi­tures comme des crêpes. Et sur­tout le com­por­te­ment des usa­gers de la route. Que ce soient les voi­tures ou les deux-roues, tout le monde se prend pour un pi­lote so­li­taire sur la route. Il faut com­men­cer à sanc­tion­ner les cli­gno­tants non-mis, le non­res­pect des si­gna­li­sa­tions, des feux et autres com­por­te­ments dan­ge­reux. Quel­qu’un qui roule à 130 sur l’au­to­route en res­pec­tant les autres usa­gers est bien moins dan­ge­reux qu’une per­sonne rou­lant à 110 sur la voie du mi­lieu et se dé­ca­lant sans rien si­gna­ler ni rien re­gar­der au­tour d’elle. Il faut être plus agres­sif dans la ré­pres­sion sans for­cé­ment vi­der le porte-mon­naie. Il faut que la sanc­tion soit pé­na­li­sante réel­le­ment (sus­pen­sion de per­mis pen­dant quelque temps par exemple), là les gens ré­flé­chi­ront sé­rieu­se­ment avant de faire n’im­porte quoi. En ré­su­mé, la baisse de la vi­tesse n’est qu’une so­lu­tion de ca­mou­flage du pro­blème qui est l’in­ci­vi­li­té sur les routes et le manque de for­ma­tions des usa­gers. RA­PHAËL PIVAULT

Ver­ba­li­ser la men­ta­li­té

Je trouve ces li­mi­ta­tions com­plè­te­ment in­ac­cep­tables, d’abord, il fau­drait sa­voir dans quelle zone on est zone à 90 km/h à 70 km/h, etc. il n’y a au­cune in­for­ma­tion tout au long des routes, si vous ra­tez le pan­neau,vous êtes bon pour le flash. De plus, les comp­teurs de vi­tesse des voi­tures ne sont pas pré­cis non plus, une lé­gère pente sur la route et hop on dé­passe. Et sur­tout, la li­mi­ta­tion de vi­tesse ne fait en rien bais­ser le nombre de morts sur la route ! Les gens de­viennent de plus en plus ir­res­pec­tueux sur la route en toute im­pu­ni­té, non-res­pect des si­gna­li­sa­tions, queue de pois­son, dou­bler n’im­porte comment, etc. C’est la men­ta­li­té des gens qu’il fau­drait ver­ba­li­ser ! PATRICIA ROMÉRO, FAYENCE

Rem­plir les caisses

La ré­duc­tion de la vi­tesse, c’est une his­toire de sécurité mais sur­tout de po­gnon. Di­mi­nuer la vi­tesse, c’est pour rem­plir les caisses de l’État ! Les ra­dars sont pla­cés de fa­çon à être le plus ren­tables pos­sible. Les PL ne res­pectent rien ils font ce qu’ils veulent sans au­cune sanc­tion ! GUY POIS­SON, SOS­PEL

◗ L’écart avec les poids-lourds

L’abais­se­ment de 90 à 80 km/heure n’a qu’un ob­jec­tif , c’est d’aug­men­ter la ren­ta­bi­li­té des ra­dars. Les poids lourds rou­le­ront à la même vi­tesse que les voi­tures, ren­dant im­pos­sible les dé­pas­se­ments et for­mant d’in­ter­mi­nables files . Il faut au contraire aug­men­ter l’écart de vi­tesse des vé­hi­cules lé­gers avec les poids lourds. Nous évi­te­rions le rem­pla­ce­ment des pan­neaux pour des di­zaines de mil­lions d’eu­ros. Les An­glais et les Al­le­mands ne sont-ils pas à 100 km/h sur les routes à double sens de cir­cu­la­tion pour les vé­hi­cules lé­gers ? Où en sommes-nous des con­trôles des conduc­teurs rou­lant sans per­mis, pro­vo­quant des dé­lits de fuite dan­ge­reux en cas d’in­ci­dent ? 600 000 in­cons­cients pa­raît-il ! PIERRE BRESSOU, BANDOL

Pas seule­ment la vi­tesse

Le pro­blème est loin d’être lié seule­ment à la vi­tesse. Les voi­tures ac­tuelles sont sé­cu­ri­sées par les construc­teurs. Par contre, cer­taines routes ne sont pas en état. Et cer­taines im­bé­cil­li­tés de conduc­teurs (cir­cu­la­tion sur la voie du mi­lieu sur au­to­route, té­lé­phone à l’oreille...) de­vraient être sanc­tion­nées plus fort en­core. Ne pas ou­blier l’al­cool, les stu­pé­fiants et la conduite dé­li­rante de cer­tains, sans cli­gno­tant par exemple. Cette li­mi­ta­tion est des­ti­née à faire ren­trer plus d’ar­gent dans les caisses de ce pays en ruine. GUY BROUSTINE, MAN­DE­LIEU

Res­pec­ter le Code

Avant de vou­loir en­core abais­ser la vi­tesse au­to­ri­sée sur les routes, il se­rait dé­jà ju­di­cieux de faire res­pec­ter le code de la route (li­mi­ta­tions de vi­tesses com­prises). Que faire : To­lé­rance zé­ro pour l’al­cool et les drogues ; ar­rê­ter le laxisme ; ar­rê­ter de mettre en avant ceux qui se plaignent parce que les PV coûtent cher : S’ils res­pec­taient le code ils n’au­raient plus de PV ; faire re­pas­ser ré­gu­liè­re­ment le per­mis de conduire, pour vé­ri­fier si de mau­vaises ha­bi­tudes ne sont pas prises ; vi­site mé­di­cale ré­gu­lière ; ré­flé­chir à des contraintes et une si­gna­li­sa­tion plus co­hé­rentes... PIERRE DANANCHER, CAGNES-SUR-MER

Me­sures pé­da­go­giques

Je ne suis pas pour. Les VL se­raient obli­gés de rou­ler à la même al­lure que les PL. En­suite, le coût que ce­la en­gen­dre­rait se­rait sû­re­ment im­pu­té aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales alors qu’elles dis­posent dé­jà de moyens li­mi­tés. Qui va payer ? Les baisses de vi­tesse à 70 lors des tra­ver­sées de lieux-dits ou vil­lages ne se­raient vrai­sem­bla­ble­ment pas res­pec­tées, il fau­drait donc bais­ser ces zones à 50 ce qui im­plique un coût sup­plé­men­taire. Il fau­drait : ac­cen­tuer les con­trôles sur l’al­coo­lé­mie, aug­men­ter les dé­pis­tages de stu­pé­fiants, ren­for­cer la pré­sence po­li­cière et ver­ba­li­ser en­fin le no­nu­sage du cli­gno­tant et les com­por­te­ments ir­res­pec­tueux, aug­men­ter les con­trôles à but pé­da­go­gique (sans ver­ba­li­sa­tion), ré­no­ver sé­rieu­se­ment le ré­seau rou­tier, me­ner une ac­tion longue au­près du jeune pu­blic, conti­nuer à me­ner de grandes cam­pagnes de sécurité rou­tière, faire bais­ser les ta­rifs des taxis, ré­duire la TVA sur les équi­pe­ments de sécurité (mo­tos), aug­men­ter la fran­chise de l’as­su­rance si l’équi­pe­ment du mo­tard mis en cause dans un ac­ci­dent n’est pas cor­rect, re­voir la si­gna­li­sa­tion... CH­RIS­TOPHE C, REVEST-LES-EAUX

J’ac­cuse

J’ac­cuse nos po­li­tiques être to­ta­le­ment dé­con­nec­tés de la réa­li­té et de ne ré­agir que dans l’ur­gence mé­dia­tique ou confron­tés à la force. Au­jourd’hui, des di­zaines de mil­liers de conduc­teurs roulent sans per­mis, sans as­su­rance, ou perdent leur em­ploi. Nos di­ri­geants s’en fichent : au pire, il y a un fonds pu­blic d’in­dem­ni­sa­tion ou des as­su­rances chô­mage qui sont là pour ça … Mais qui fi­nance :NOUS! Des po­che­trons en go­guette, des dro­gués dé­fon­cés ou des tex­to­teurs com­pul­sifs se foutent pas mal de tous les pan­neaux du bord de route qu’ils ne voient même plus, etc. on veut les rem­pla­cer pour mon­trer que l’on fait quelque chose ! Qui va payer ce nou­vel en­fu­mage : NOUS. L’aug­men­ta­tion du nombre de tués concerne prin­ci­pa­le­ment des pié­tons, des cy­clistes ou des deux­roues en zone ur­baine. A.F.

Li­mite de len­teur

Quand les conduc­teurs lamb­da sont ver­ba­li­sés, ce n’est pas pour avoir rou­lé trop vite, c’est pour «ne pas avoir rou­lé as­sez len­te­ment ». On ne de­vrait pas dire « la li­mite de vi­tesse » mais « la li­mite de len­teur ». La pre­mière cause de mor­ta­li­té sur les au­to­routes, ce n’est nul­le­ment la vi­tesse mais la som­no­lence. Or, quelle est la cause de la som­no­lence si ce n’est une li­mite de vi­tesse « so­po­ri­fique » ? ERIK SVANE, MAN­DE­LIEU-LA-NAPOULE

(Pho­tos doc Nice-Ma­tin)

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