À Nice, les po­li­ciers non ar­més ont fait leur ren­trée TGI DE NICE Le pro­cès de Cé­dric Her­rou, pour­sui­vi pour in­jures pu­bliques en­vers le pré­fet, est (en­core) ren­voyé Quel est leur rôle ?

Hier, l’ex­pé­ri­men­ta­tion a dé­mar­ré. Les po­li­ciers mu­ni­ci­paux ont pris leurs fonc­tions dans trois groupes sco­laires, dont un si­tué dans le centre-ville. Les pa­rents ont plu­tôt bien ac­cueilli ce test

Nice-Matin (Cannes) - - Côte D’azur - CÉ­LIA MALLECK cmal­leck@ni­ce­ma­tin.fr

Ren­trée sous bonne es­corte. Hier, trois écoles ont ou­vert leurs grilles aux po­li­ciers non ar­més. Dans trois groupes sco­laires de Nice : à l’Ouest, au centre, et sur les col­lines. Or, si la sé­cu­ri­té était de mise, la dis­cré­tion l’était tout au­tant. L’ins­pec­tion aca­dé­mique a fer­mé les portes des éta­blis­se­ments aux jour­na­listes, afin de pré­ser­ver l’ano­ny­mat des écoles tests. Avec une même consigne don­née au per­son­nel : gar­der le si­lence. Pour me­su­rer cette pre­mière jour­née, Nice-Ma­tin s’est donc tour­né vers les pa­rents d’élèves de l’école du centre-ville. Di­vi­sés. Dé­ta­chés. Du­bi­ta­tifs.

« Je ne vois pas trop à quoi ça sert »

Élo­die, ma­man d’une élève de CP a aper­çu, hier ma­tin, pos­tée à l’en­trée, la po­li­cière non-ar­mée, choi­sie pour me­ner cette ex­pé­rience. «Je pense que c’est bien, a-t-elle confié en dé­po­sant sa fille. Je ne sais pas si c’est un gage de sé­cu­ri­té, mais ça peut ras­su­rer les pa­rents. » Et d’ajou­ter : « Tant qu’ils ne sont pas ar­més, ce n’est pas gê­nant. Mais s’ils ve­naient à l’être, je se­rais moins contente. » De son cô­té, El­heme ne semble pas em­bal­lée par ce dis­po­si­tif. « Je ne vois pas trop Cé­dric Her­rou, pour­sui­vi pour in­jures pu­bliques en­vers le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times, n’a pas été ju­gé hier comme pré­vu en rai­son de la grève des avo­cats ni­çois. Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel a ren­voyé l’af­faire au  oc­tobre. À no­ter que l’en­semble des af­faires pré­vues au rôle du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel a été re­por­té à des dates ul­té­rieures. Le re­pré­sen­tant de l’État at­taque une pu­bli­ca­tion sur Fa­ce­book de l’agri­cul­teur de la Roya, dé­fen­seur de la cause des mi­grants. Il écri­vait alors: « Peut-être que le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times pour­rait s’ins­pi­rer des ac­cords avec la SNCF pen­dant la Se­conde Guerre pour trans­port des juifs pour gé­rer le trans­port des de­mandes d’asile... bref. » (Pho­to Ch. P.) à quoi ça sert, avoue la mère d’un gar­çon de CE1. Si de­main un ter­ro­riste rentre dans l’école, je ne vois pas ce que le po­li­cier va faire de plus, d’au­tant qu’il n’est pas ar­mé. At­ten­tion : je ne dis pas qu’il faut qu’il le soit. Au contraire, je trouve que c’est ris­qué. Mais je ne vois pas ce qu’il peut ap­por­ter de plus à l’in­té­rieur de l’école. » Et de conclure : «Donc, ça me fait ni chaud ni froid qu’il soit là. Par contre, s’il était de­hors, de­vant le por­tail, il pour­rait voir ce qu’il se passe et être ar­mé. » À la sor­tie des classes, à 16 h 30, la po­li­cière te­nait son poste. Ras­su­rant Ib­tis­samme, ma­man d’un éco­lier de CM1: «C’est une bonne chose et puis… ça reste une ex­pé­rience. En juillet, on ver­ra si elle est concluante ou non. De toute fa­çon c’est ce qu’on de­man­dait : que nos en­fants soient en sé­cu­ri­té. Ça les ras­sure de sa­voir qu’il y a une pré­sence po­li­cière. Et puis, ils ont été in­for­més en amont. Ils ont eu des ex­pli­ca­tions et avec tout ce qu’il se passe au­jourd’hui, ils com­prennent. » Quant à la ques­tion du port d’arme, Ib­ti­samme n’en voit pas la né­ces­si­té : «Ilyades ca­mé­ras à l’ex­té­rieur, tout le per­son­nel a des bou­tons d’alerte… Le po­li­cier n’a pas be­soin d’être ar­mé. On n’est pas à Los An­geles ! »

Les sacs ne se­ront pas fouillés

À cô­té d’elle, une autre ma­man s’in­quiète de la mise en place de fouilles. Hier ma­tin, les sacs des en­fants qui par­taient en classe verte ont été ins­pec­tés par la po­li­cière. Une me­sure qui a sur­pris cer­tains pa­rents, mais qui s’ins­crit dans le cadre du plan Vi­gi­pi­rate, ap­pli­qué de­puis 2015 dans les éta­blis­se­ments sco­laires. C’est ce qu’on ap­pelle une « le­vée de doute » qui fait aus­si par­tie des com­pé­tences et de­voirs de chaque agent dé­ployé dans les écoles.

Les avo­cats du bar­reau de Nice, hier ma­tin, à l’an­nonce du ren­voi du pro­cès d’as­sises. (Pho­to G. L.)

Un po­li­cier mu­ni­ci­pal, pos­té de­vant un éta­blis­se­ment sco­laire, à la ren­trée de . (Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo) Le­ver les doutes et ins­pec­ter les écoles avec les équi­pages as­su­rant les rondes aux abords des éta­blis­se­ments et avec le centre de...

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