Patrick Fio­ri « très ému d’être au­près de vous ce soir... »

Nice-Matin (Cannes) - - Côte D’azur - Textes : Stéphanie GASIGLIA Ch­ris­tophe CIRONE Re­my DONCARLI

Je vou­lais juste vous dire que je suis très, très ému d’être au­près de vous ce soir... » Patrick Fio­ri l’avoue, il n’est pas un spé­cia­liste des grands dis­cours. Mais ces quelques mots du chan­teur sur la pro­me­nade du Paillon, hier soir, en disent long. À l’ins­tar des larmes qui en­va­hirent le vi­sage de Ca­lo­ge­ro, un an plus tôt. 86 bal­lons blancs s’échappent dans le ciel. Avec au­tant de fais­ceaux lu­mi­neux pour les ac­com­pa­gner, au son des Feux d’ar­ti­fice de Ca­lo­ge­ro, in­ter­pré­té par l’or­chestre phil­har­mo­nique de Nice. 22 h 30 hier. Ta­bleau ma­gni­fique dans le ciel. Emo­tion dans yeux du pu­blic. Ce mo­ment en ape­san­teur en rap­pelle d’autres. Un an. Deux ans. Et des bles­sures qui tentent de ci­ca­tri­ser, bon an mal an. Nice va donc de­voir s’y ha­bi­tuer. À vivre avec. Ou plu­tôt sans eux. À se re­cueillir, chaque 14 juillet, à l’ap­proche de 22 h 34, l’heure fa­ti­dique où des cen­taines de des­tins ont bas­cu­lé. Pour ce nou­vel hom­mage aux vic­times du ca­mion tueur, les plaies semblent moins à vif. Mais la dou­leur de l’ab­sence ou d’un corps en re­cons­truc­tion reste in­tacte. Alors les équipes de l’AFVT (as­so­cia­tion fran­çaise des vic­times du terrorisme) s’ac­tivent pour échan­ger avec ceux qui le dé­si­rent. Ré­con­for­ter. Apai­ser avec leurs mots.

« Nis­sa la bel­la » aé­rien

Hé­roïque. La bien nom­mée 3e sym­pho­nie de Bee­tho­ven, elle, ré­sonne comme un hom­mage aux hé­ros du 14-Juillet. Sous la di­rec­tion du maes­tro Györ­gy G. Rath, l’or­chestre phil­har­mo­nique dis­tille un parfum de poé­sie, de beau­té dans les jar­dins Al­bert-Ier. 2500 per­sonnes ont pris place dans les sièges dis­po­sés par la Ville. 541 vic­times ont été in­vi­tées, pour clore en musique cette jour­née éprou­vante. Comme le 14 juillet 2016, le monde en­tier est là. À l’ins­tar d’Erin et Will Cha­fer, la soixan­taine, tou­ristes amé­ri­cains de re­tour. « Nous étions à Nice trois jours plus tôt. Nous avions été très cho­qués en dé­cou­vrant les images à la té­lé ». Alors ce couple est re­ve­nu com­mu­nier avec Nice, « sans dire à nos fa­milles qu’on était là, pour évi­ter qu’ils s’in­quiètent. Nous te­nions à être pré­sents. Nous sommes ho­no­rés de par­ta­ger cette ex­pé­rience ni­çoise ». Vla­di­mir Po­go­rets­kiy et Da­ria Po­go­rets­kaya, eux, sont ve­nus de SaintPe­ters­bourg avec leur pit­choun. Pour la musique, Vla­di­mir étant vio­lo­niste concer­tiste. Mais aus­si parce qu’il est « très im­por­tant de ne pas ou­blier, in­siste Da­ria. La mi­nute de si­lence, c’était très fort. Ce qui est ar­ri­vé ici s’est pro­duit un peu par­tout à tra­vers le monde. Alors nous de­vons être en­semble ». Ras­sem­blés par un lan­gage uni­ver­sel : la musique. Avec pour fi­nal ce poi­gnant Nis­sa la bel­la, in­ter­pré­té sous un ciel constel­lé de bal­lons.

(Pho­tos Franck Fer­nandes)

Le lâ­cher de bal­lons dans le ciel ni­çois, au son des Feux d’ar­ti­fice de Ca­lo­ge­ro.

Patrick Fio­ri, un chant Utile pour Les gens qu’on aime.

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