Ré­pu­bli­cains: «Cla­ri­fi­ca­tion écla­tante» pour Eric Ciot­ti

Vic­toire sans ambiguïté pour le dé­pu­té ni­çois, élu pré­sident de LR 06 et dont les proches ont sé­vè­re­ment bat­tu ceux de Chris­tian Es­tro­si. Il est, dé­sor­mais, face au dé­fi du ras­sem­ble­ment

Nice-Matin (Cannes) - - Côte D’azur - THIER­RY PRUDHON

Sou­rire XXL de ri­gueur. Il avait beau être seul can­di­dat, c’est une vic­toire ex­trê­me­ment si­gni­fi­ca­tive qu’a rem­por­tée hier Eric Ciot­ti. Comme pré­vu, il est de­ve­nu le nou­veau pré­sident des Ré­pu­bli­cains des Alpes-Ma­ri­times. Mais avec la ma­nière, comme disent les com­men­ta­teurs spor­tifs, car son suc­cès, par 88 % des vo­tants et 61 % des ins­crits, se double de ré­pliques plus élo­quentes en­core. Le doute n’est plus per­mis dé­sor­mais. Ce que l’on per­ce­vait as­sez clai­re­ment, au doigt mouillé, a trou­vé confir­ma­tion dans les urnes: les mi­li­tants azu­réens de LR sont très ma­jo­ri­tai­re­ment sur une ligne ciot­tiste. Outre sa propre élec­tion, Eric Ciot­ti a en ef­fet réa­li­sé le grand che­lem à Nice, où ses proches ont in­fli­gé un très sé­vère re­vers aux can­di­dats plus en phase avec Chris­tian Es­tro­si, dans les scru­tins de cir­cons­crip­tion. C’est sans nul doute ces vic­toi­res­là qu’Eric Ciot­ti sa­voure le plus, à l’aune des am­bi­tions mu­ni­ci­pales qui le portent.

« On ne pou­vait rê­ver mieux ! »

Là où 42,81 % des adhé­rents avaient vo­té en 2016, quand Chris­tian Es­tro­si était lui aus­si seul can­di­dat, ils sont 68 % des 10 620 adhé­rents Les Ré­pu­bli­cains azu­réens, la pre­mière fé­dé­ra­tion de France au­jourd’hui, à avoir par­ti­ci­pé hier au scru­tin. A l’heure de fê­ter son suc­cès avec ses sup­por­ters, à sa per­ma­nence du port de Nice, Eric Ciot­ti a donc bu du pe­tit­lait. Il a sa­lué «un im­mense suc­cès pour l’équipe de la ma­jo­ri­té dé­par­te­men­tale. La cla­ri­fi­ca­tion est écla­tante, on ne pou­vait rê­ver mieux. C’est une vic­toire for­mi­dable ». Fort de ré­sul­tats nets et dé­nués d’ambiguïté, le dé­pu­té ni­çois va avoir les cou­dées franches pour dé­rou­ler sa feuille de route, va­li­dée par les mi­li­tants. «C’est un nou­veau C’est le vrai coup de ton­nerre de ce scru­tin, le ré­sul­tat le plus lourd de sens dans la pers­pec­tive des mu­ni­ci­pales et de la fu­ture in­ves­ti­ture LR. Dans les trois cir­cons­crip­tions ni­çoises, les proches de Chris­tian Es­tro­si ont tous été net­te­ment de­van­cés par ceux d’Eric Ciot­ti. Dans la pre­mière cir­cons­crip­tion, Au­guste Vé­ro­la a bat­tu Pierre-Paul Léo­nel­li avec 75 % des voix. Dans la troi­sième, Sta­nis­las Andre (68,62 %) a pris le des­sus sur la sé­na­trice Do­mi­nique Es­tro­si-Sas­sone. Et dans la cin­quième, Ch­ris­telle d’In­tor­ni (64 %) a été pré­fé­rée à la dé­pu­tée Ma­rine Bre­nier. Dès hier soir, les trois can­di­dats es­tro­sistes bat­tus ont ré­agi en émet­tant de sé­rieuses ré­serves sur le vote. Do­mi­nique Es­tro­si-Sas­sone, Ma­rine Bre­nier dé­part qui nous donne la force de l’es­pé­rance pour construire une al­ter­nance. Nous al­lons re­cons­truire une fé­dé­ra­tion abî­mée, dans la fi­dé­li­té aux va­leurs de la droite ré­pu­bli­caine. Face à l’as­som­moir fis­cal du gou­ver­ne­ment, face à l’is­la­misme qui gan­grène nos ter­ri­toires, nous al­lons bran­dir l’éten­dard tri­co­lore pour re­dres­ser le pays, dans un es­prit d’uni­té et de ras­sem­ble­ment, mais dans une op­po­si­tion ferme et sans com­pro­mis avec En marche ! » De nom­breux mi­li­tants es­pé­raient qu’avec ce scru­tin prennent fin des se­maines de guerre froide dans le par­ti. A en ju­ger par la ré­ac­tion vi­ru­lente des can­di­dats ni­çois bat­tus (lire ci-des­sous), le ras­sem­ble­ment s’ap­pa­rente en­core à une sa­crée et Pierre-Paul Léo­nel­li ont pu­blié un com­mu­ni­qué com­mun dans le­quel ils ont dé­non­cé des élec­tions « qui se sont dé­rou­lées dans un cli­mat dé­lé­tère », s’éton­nant d’une par­ti­ci­pa­tion « à plus de 70 % sur Nice qui les rend tout par­ti­cu­liè­re­ment in­ter­ro­ga­tifs ».

« Une fraude mas­sive… »

« En 2016 en ef­fet, nous comp­tions 42 % de par­ti­ci­pa­tion pour les der­nières élec­tions in­ternes et lors du duel Co­pé-Fillon qui avait don­né lieu à une ba­taille d’adhé­sions sans pré­cé­dent jus­qu’à ce jour, la par­ti­ci­pa­tion na­tio­nale était de 54 % », com­parent-ils. Ils vont plus loin. «De nom­breux mi­li­tants nous ont fait part de mul­tiples ir­ré­gu­la­ri­tés tout au long du pro­ces­sus élec­to­ral et de dif­fi­cul­tés pour vo­ter »,

Le tweet d’Es­tro­si

«Ce soir (hier) s’achève le pro­ces­sus des élec­tions in­ternes. Je passe le re­lais à Eric Ciot­ti en re­mer­ciant les cadres et les mi­li­tants qui m’ont ac­com­pa­gné au long de toutes ces an­nées. Je sou­haite que le nou­veau pré­sident, face aux di­vi­sions qui ont fait tant de mal à notre fa­mille po­li­tique, se donne les moyens de ras­sem­bler toutes les sen­si­bi­li­tés de notre mou­ve­ment. »

ga­geure, au mo­ment où Eric Ciot­ti se trouve confor­té dans sa vo­lon­té d’en dé­coudre aux mu­ni­ci­pales à Nice… avancent-ils, poin­tant « une par­ti­ci­pa­tion très éton­nante, qui leur laisse à pen­ser qu’une fraude mas­sive a été or­ga­ni­sée». Hier soir, Jean Leo­net­ti, ré­fé­rent pour ces élec­tions, a tou­te­fois mis un bé­mol à ces ac­cu­sa­tions, après avoir fé­li­ci­té le vain­queur et re­mer­cié les mi­li­tants: «Il y a chez nous une haute au­to­ri­té, si cer­tains es­timent qu’il y a eu des ir­ré­gu­la­ri­tés, ils la sai­si­ront. Mais l’élec­tion s’est dé­rou­lée dans le calme et le scru­tin élec­tro­nique est un sys­tème sé­cu­ri­sé.»

(Pho­tos N.-M.)

Au­guste Vé­ro­la et Ch­ris­telle d’In­tor­ni, deux très proches d’Eric Ciot­ti, ont été élus dé­lé­gués de cir­cons­crip­tion sur Nice, en do­mi­nant les fi­dèles de Chris­tian Es­tro­si, Pierre-Paul Léo­nel­li et Ma­rine Bre­nier.

(DR)

« C’est une vic­toire for­mi­dable. » Eric Ciot­ti a fê­té son suc­cès hier soir à sa per­ma­nence du port de Nice.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.