Une toile de Da­vid Ho­ck­ney es­ti­mée à  mil­lions de dol­lars

Un ta­bleau du peintre bri­tan­nique, ins­pi­ré d’une pho­to prise à la Garde-Frei­net (83), pour­rait de­ve­nir l’oeuvre la plus chère d’un ar­tiste vi­vant ja­mais ven­due aux en­chères.

Nice-Matin (Cannes) - - Art Et Enchères - PAR LAU­RENCE GUIDICELLI

Por­trait of an Ar­tist (Pool with two Fi­gures) » de Da­vid Ho­ck­ney (1937) a toutes les chances d’en­trer bien­tôt dans la lé­gende du mar­ché de l’art. Cette toile ico­nique du peintre bri­tan­nique est mise en vente le 15 no­vembre par Ch­ris­tie’s à NewYork. Es­ti­mée 80 mil­lions de dol­lars (en­vi­ron 69,5 mil­lions d’eu­ros), elle pour­rait de­ve­nir l’oeuvre la plus chère d’un ar­tiste vi­vant ja­mais ven­due aux en­chères. Un re­cord que dé­tient ac­tuel­le­ment l’amé­ri­cain Jeff Koons (1955) avec son « Bal­loon Dog » (orange), ad­ju­gé pour 58,4 mil­lions de dol­lars en 2013 à New-York. Da­tée de 1972, la toile de Da­vid Ho­ck­ney est con­si­dé­rée comme « l’une des plus grandes oeuvres d’art de l’ère mo­derne », d’après Alex Rot­ter, vice-pré­sident du dé­par­te­ment art contem­po­rain et de l’après-guerre chez Ch­ris­tie’s. Ce ta­bleau mo­nu­men­tal dé­voile un homme en veste rose -Pe­ter Schle­sin­ger, l’an­cien amant du peintre- de­bout au bord d’une pis­cine en train d’ob­ser­ver un na­geur, sur fond de pay­sage mé­di­ter­ra­néen. L’oeuvre a été peinte d’après une sé­rie de pho­tos prises dans le do­maine du Nid-du-Duc à la Garde-Frei­net, l’an­cienne pro­prié­té de To­ny Ri­chard­son sur les hau­teurs de Saint-Tro­pez. L’ac­teur amé­ri­cain l’avait ac­quise dans les an­nées 60 du temps de ses amours avec Jeanne Mo­reau, qui pos­sé­dait une vil­la dans les en­vi­rons. Mu­ni de ces cli­chés, Da­vid Ho­ck­ney a consa­cré en­suite 18 heures par jour pen­dant deux se­maines pour réa­li­ser son oeuvre de­puis son ate­lier à Londres, avant que celle-ci ne soit aus­si­tôt en­voyée à New-York pour une ex­po­si­tion. « Je dois ad­mettre que j’ai ado­ré tra­vailler sur ce ta­bleau. Tra­vailler avec une telle in­ten­si­té, c’était mer­veilleux de le faire, vrai­ment exal­tant », avait dé­cla­ré l’ar­tiste à l’époque. « Por­trait of an Ar­tist (Pool with two Fi­gures) », qui, se­lon Alex Rot­ter, « cap­ture l’in­croyable com­plexi­té des re­la­tions hu­maines », était ré­cem­ment l’oeuvre phare de la ré­tros­pec­tive de Da­vid Ho­ck­ney, or­ga­ni­sée à l’oc­ca­sion de ses 80 ans par la Tate Bri­tain, en col­la­bo­ra­tion avec le Centre Pom­pi­dou et le Me­tro­po­li­tan Mu­seum of Art, et qui a réuni quelque 500 000 vi­si­teurs. Le ta­bleau se­rait ac­tuel­le­ment la pos­ses­sion du mil­liar­daire bri­tan­nique Joe Le­wis, pro­prié­taire du Ta­vi­stock Group et du club de foot Tot­ten­ham Hots­pur. Pour l’heure, la toile la plus chère de Da­vid Ho­ck­ney est « Pa­ci­fic Coast High­way and San­ta Mo­ni­ca » (1990), cé­dé pour la mo­dique somme de 28,5 mil­lions de dol­lars (en­vi­ron 24,8 mil­lions d’eu­ros) en mai 2018 par So­the­by’s.

Da­vid Ho­ck­ney () - Por­trait of an Ar­tist (Pool with Two Fi­gures), . Acry­lique sur toile - . x  cm - Es­ti­ma­tion :  mil­lions $ (en­vi­ron , mil­lions €)

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