Sha­kes­peare, An­toine, Cléo­pâtre et les autres

La Cie Adapt’Art pro­pose son adap­ta­tion de l’oeuvre An­toine et Cléo­pâtre. Pièce où pou­voir, amour et ma­ni­pu­la­tion s’en­tre­mêlent dès ce soir au théâtre An­ti­béa

Nice-Matin (Cannes) - - Antibes - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR MAR­GOT DASQUE [email protected]­ce­ma­tin.fr

In­suf­fler une nou­velle mu­si­ca­li­té. Faire ger­mer des graines d’al­lé­go­ries. Avec l’idée pre­mière de mettre en va­leur les textes avec un grand T, la Cie Adapt’Art pro­pose dès ce soir au théâtre An­ti­béa son adap­ta­tion de l’oeuvre de Sha­kes­peare : An­toine & Cléo­pâtre. À la mise en scène, Phi­lippe-An­toine Ol­me­ta conte le tra­vail d’in­fu­sion que re­quiert une telle pièce.

Pour­quoi avoir choi­si d’adap­ter cette oeuvre ?

Tout d’abord j’aime beau­coup la di­men­sion po­li­tique, l’his­toire d’amour d’An­toine et Cléo­pâtre et la pé­riode de la Rome an­tique. On re­trouve des ré­son­nances avec l’ac­tua­li­té éga­le­ment. C’est une oeuvre riche : il y a ce couple qui es­saie d’ins­tau­rer une idéo­lo­gie en dé­si­rant unir deux uni­vers, l’Orient et l’Oc­ci­dent. La ma­ni­pu­la­tion, le pou­voir ty­ran­nique est un en­jeu im­por­tant éga­le­ment.

Avec le trium­vi­rat...

Oc­tave Cé­sar, Lé­pide et Marc An­toine qui est An­toine dans la pièce. Il y a ce conflit où An­toine doit faire face à ses res­pon­sa­bi­li­tés en­vers les ro­mains et sa vo­lon­té d’homme de concré­ti­ser son his­toire d’amour.

Une his­toire de dua­li­té...

C’est le conflit entre la sphère pu­blique et la sphère in­time.

Est-ce pos­sible de conci­lier les deux ?

C’est toute la ques­tion.

Au ni­veau du texte, quel a été votre tra­vail ?

Des cou­pures, évi­dem­ment. Pour que la pièce puisse du­rer  h , il n’y avait pas le choix. Cô­té tra­duc­tion nous avons op­té pour celle de Vic­tor Hu­go. Avec le tra­vail d’im­pro­vi­sa­tion (voir en­ca­dré), nous avons ame­né notre patte. Notre but est de ré­ac­tua­li­ser les pièces clas­siques pour faire à nou­veau en­tendre ces textes mais en cas­sant les conven­tions.

Rendre ac­ces­sible le texte sans le dé­na­tu­rer...

C’est donc se mettre au ser­vice du texte. Pour gar­der l’es­sence de Sha­kes­peare mal­gré les cou­pures il était im­por­tant de re­le­ver les thé­ma­tiques. En­suite nous avons conden­sé pour al­ler à l’es­sen­tiel. Mais l’his­toire est là.

Votre par­ti pris sur la scé­no­gra­phie ?

Sobre et mo­derne. Avec no­tam­ment l’uti­li­sa­tion de la vi­déo pour mon­trer la ma­ni­pu­la­tion mé­dia­tique. Il y a beau­coup de sym­bo­lique éga­le­ment. Comme la ba­taille na­vale re­pré­sen­tée par des ba­teaux en pa­pier. Ce­la per­met de dé­ve­lop­per l’ima­gi­naire. Il s’agit tou­jours de faire en­tendre

le texte d’abord.

Sa­voir + An­toine & Cléo­pâtre, de Sha­kes­peare par la Cie Adapt’Art, ce soir et de­main à 20 h 30, di­manche à 16 heures, au théâtre An­ti­béa, 15 rue Geor­gesC­le­men­ceau à An­tibes. Ta­rifs : 14 à 16 eu­ros. Rens. 04.93.34.24.30.

(DR)

Re­trou­vez l’oeuvre de Sha­kes­peare ce soir, de­main et di­manche sur les planches d’An­ti­béa.

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