Nice-Matin (Cannes)

Les lo­ca­taires de For­ville montent au cré­neau

Les ha­bi­tants de la ré­si­dence des Rois Mages, près du Su­quet, ré­clament à la mairie de Cannes le même ta­rif que les Su­que­tans pour le par­king For­ville

- CA­MILLE ESTEVE

Ce ne sont pas moins de trente lo­ca­taires de la ré­si­dence des Rois Mages qui ont si­gné la pé­ti­tion ini­tiée par Fa­bienne Bel­len­ger (au centre de la pho­to), le 3 juin der­nier. En cause : les tarifs du par­king For­ville, di­rec­te­ment re­lié à la ré­si­dence.

Grâce à un ar­ticle de Ni­ce­Ma­tin, pa­ru en 2017, les ré­si­dents ont dé­cou­vert que les ha­bi­tants du Su­quet bé­né­fi­ciaient d’un ta­rif pré­fé­ren­tiel de 25 eu­ros par mois, soit le quart du ta­rif ap­pli­qué aux qua­rante-sept lo­ca­taires de la ré­si­dence des Rois Mages. Si par­mi eux, cer­tains ont pu bé­né­fi­cier d’une ré­duc­tion de 50 % (soit 44,20 eu­ros par mois), sur de­mande et sous condi­tion qu’une place se li­bère, ce mon­tant reste net­te­ment su­pé­rieur au ta­rif pré­fé­ren­tiel des Su­que­tans. Fa­bienne Bel­len­ger ajoute par ailleurs que, lors de la construc­tion de la ré­si­dence en 1985, un ac­cord ta­cite au­rait été conclu entre la so­cié­té pri­vée ini­tia­le­ment ges­tion­naire du par­king, et les ré­si­dents. Cet ac­cord ver­bal au­rait sti­pu­lé que les lo­ca­taires de la ré­si­dence bé­né­fi­cie­raient d’une en­tière gra­tui­té de sta­tion­ne­ment dans le par­king. Une gra­tui­té qui n’a ja­mais été ap­pli­quée.

Re­prise de ges­tion

De­puis le 1er mai der­nier, le par­king For­ville a été re­pris en ré­gie par la mairie. Les lo­ca­taires ont ain­si vu, dans ce chan­ge­ment de ges­tion­naire, l’oc­ca­sion de re­ven­di­quer leur droit à un ta­rif pré­fé­ren­tiel et ont adres­sé une lettre et une pé­ti­tion au maire de la ville, David Lis­nard. Ils ré­clament ain­si un ta­rif unique pour tous les ré­si­dents des Rois Mages, égal à ce­lui des Su­que­tans. « Non seule­ment on paie plus cher, mais en plus on ne paie pas tous le même ta­rif », dé­plore Fa­bienne Bel­len­ger, comp­table. Driss Bouak­line (à droite sur la pho­to), re­trai­té avec un pe­tit en­fant à charge, s’est vu pro­po­ser, par exemple, une place à 150 eu­ros par mois, au bout d’un an seule­ment après la de­mande. Fa­bienne Bel­len­ger ajoute qu’en rai­son des prix éle­vés des places de par­king, beau­coup de ré­si­dents « n’ont pas de places de sta­tion­ne­ment car c’est beau­coup trop cher », et sont donc contraints de se ga­rer ailleurs. « Mais c’est impossible de se ga­rer ici, alors ils re­çoivent ré­gu­liè­re­ment des amendes », ex­plique-t-elle. Face à cette si­tua­tion, les ri­ve­rains ont ten­té d’ob­te­nir le fa­meux ta­rif à 25 eu­ros, sans suc­cès. « Vous n’ha­bi­tez pas le Su­quet », at-on ré­tor­qué à An­toi­nette Ca­mar­da, l’une des ré­si­dentes, qui rap­pelle que les lo­ca­taires su­bissent les nui­sances ol­fac­tives et so­nores liées aux ac­ti­vi­tés du par­king. Na­tha­lie Chir, ma­man de deux en­fants, es­père qu’une so­lu­tion se­ra vite trou­vée : « Ce sont des lo­ge­ments so­ciaux, ici. 94 eu­ros par mois, ce n’est juste pas pos­sible », dé­plo­ret-elle. Les ré­si­dents res­tent pour l’ins­tant dans l’attente et sou­haitent que la si­tua­tion soit ré­gu­la­ri­sée au plus vite, avec une ta­ri­fi­ca­tion plus équi­table.

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(Pho­to Ca­mille Esteve) Les ha­bi­tants de la ré­si­dence des Rois Mages de­vant le par­king For­ville.

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