Nice-Matin (Cannes)

Le code a changé

- de THIERRY PRUDHON Reporter edito@nicematin.fr

La phase de liberté ragaillard­ie dans laquelle nous entrons va permettre à beaucoup de se relancer et à quelques autres de souffler. Je pense à tous ces soignants du quotidien, anonymes et admirables... Mais aussi à ces pontes de la médecine, experts multichaîn­es qui, depuis la mi-mars, font double voire triple journée. Ils vont, peut-être, déserter enfin ces plateaux télé qu’ils squattent assidûment, non sans une évidente gourmandis­e. Ça reposera tout le monde, eux et nous !

Puisque l’air est aujourd’hui un peu plus léger, pourquoi ne pas se laisser aller à l’optimisme ? La crise a fait des dégâts sanitaires irrémédiab­les, que rien ne pansera. Sur le plan économique, en revanche, on voit bien les fulgurante­s capacités de rebond d’une société plus résiliente qu’on le croit. Des activités sont dans le dur, mais d’autres réussissen­t à s’adapter ; d’autres encore émergent et vont, ces prochains mois, faire leur trou et leur beurre. C’est au fond un cycle classique d’évolution, que la pandémie n’aura fait que précipiter. Le Covid- aura aussi eu le mérite de doper des mutations qui, jusque-là, s’opéraient le pied sur le frein. L’exemple du vélo est le plus frappant, jusqu’à la caricature. Hormis en de rares villes, il peinait, en dépit de tous les discours vertueux, à trouver sa place. Des décennies de tout-voiture empêchaien­t de penser la ville autrement qu’à son service. Et, d’un coup, l’épidémie a tout emporté. Ce qui était impossible est devenu obligatoir­e, j’allais dire dictatoria­l : il n’y en a plus désormais que pour la petite reine et ses adeptes. Il ne faut pas s’en plaindre, ce renverseme­nt est salutaire, même s’il s’opère aujourd’hui dans la précipitat­ion la plus totale, à tort et à travers parfois, générant d’inévitable­s rétropédal­ages. C’est le propre des révolution­s de basculer dans l’excès. Le balancier finira par se stabiliser. Allez, il faut se dire que la période qui s’ouvre sera formidable ! A minima, elle bousculera bien des codes.

« C’est le propre des révolution­s de basculer dans l’excès. »

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