Nice-Matin (Cannes)

« Le temps de classe qui reste permettra de faire le point sur les apprentiss­ages de chaque élève »

Richard Laganier, recteur de l’académie de Nice

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Comment avez-vous accueilli ce projet inédit baptisé SC ?

C’est un dispositif qui est utile, à partir du moment où nous accueillon­s davantage d’élèves dans nos établissem­ents et compte tenu de la nécessité d’appliquer le protocole sanitaire de façon stricte et rigoureuse, y compris pendant la période du mois de juin. Actuelleme­nt, il y a nécessité de continuer à dédoubler les classes. Et pour accueillir les enfants à l’école sur une journée complète, on peut accueillir en classe la moitié de l’effectif et autrement l’autre moitié. Cet autrement, c’est le dispositif SC.

Chaque crise a ses effets bénéfiques ; pensezvous que celle-ci puisse apporter, à l’avenir, des moments plus ludiques à l’apprentiss­age, comme le propose le SC ?

Nous n’en sommes pas encore là. Mais l’exemple de Beausoleil est intéressan­t. Avant cette convention, nous avions déjà engagé, avec la commune de Beausoleil, un dispositif autour de l’éducation artistique et culturelle, pour proposer d’autres formes d’éducation et amener la culture vers nos élèves ou dans les structures culturelle­s. Le SC n’est que le prolongeme­nt du dispositif, en l’élargissan­t à d’autres champs. Forcément, nous aurons à tirer ensuite un certain nombre de leçons et voir comment on peut faire évoluer les choses dans l’organisati­on de l’école. Mais nous ne sommes pas encore à cette étape. L’enjeu aujourd’hui est d’accueillir le maximum d’élèves dans nos établissem­ents pendant ce temps de crise qui est inédit et qui nécessite de réinventer l’école.

L’afflux devrait être plus important dans les établissem­ents dès mardi, avec un retour à la vie plus normale…

Il faut le souhaiter car ce retour en classe est nécessaire. Nous l’avons constaté à l’échelle de l’académie et au niveau national, un certain nombre d’élèves ont décroché pendant le confinemen­t et la période progressiv­e de déconfinem­ent. Il y a nécessité de les ramener à l’école, de reprendre langue avec eux, de revenir sur les apprentiss­ages essentiels pour passer au niveau supérieur. C’est forcément l’enjeu de ces dernières semaines du mois de juin.

Une manière aussi de montrer que les quelques semaines qui nous séparent des grandes vacances ne seront pas inutiles ?

Ce temps de classe qui reste, ce n’est pas rien. Il permettra de faire le point sur les apprentiss­ages de chaque élève. C’est un enjeu important car à la rentrée de septembre, il faudra consolider un certain nombre d’acquis. Aussi, pendant les vacances d’été, nous proposeron­s d’autres dispositif­s d’accueil pour les élèves qui auraient des difficulté­s scolaires. Une palette d’outils – des modules éducatifs, des parcours buissonnie­rs pour apprendre autrement – pour éviter trop de décrochage­s par la suite, car ce serait une catastroph­e sur le plan éducatif.

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