C’était le temps

Nice-Matin (Menton) - - L’histoire -

Long­temps, les ha­bi­tants de Sa­lernes et Lorgues avaient pour seule ac­ti­vi­té, l’agriculture. Seuls quelques po­tiers de Lorgues, uti­li­sant l’ar­gile sa­ler­noise, fa­bri­quaient des ma­lons - pe­tits car­reaux ver­nis­sés et dé­co­rés pour re­cou­vrir le sol des cha­pelles et cou­vents. En 1829-1830, un hi­ver par­ti­cu­liè­re­ment froid, de mau­vaises ré­coltes et des ré­formes ad­mi­nis­tra­tives

Usine à Sa­lernes au XIXe siècle. (© Ter­ra Ros­sa, Mai­son de la Cé­ra­mique Ar­chi­tec­tu­rale) dras­tiques laissent nombre de pe­tites com­munes ex­sangues. Les Sa­ler­nois prennent conscience de la ri­chesse in­épui­sable des fi­lons d’ar­gile de leur sous-sol. Ils se lancent alors dans la fa­bri­ca­tion d’un ma­lon de forme hexa­go­nale et de cou­leur rouge sombre bap­ti­sé to­mette. Des po­tiers de Moustiers leur ap­portent leur tech­nique. La jour­née de tra­vail com­mence dès 3 heures du ma­tin. Les femmes ma­laxent l’ar­gile pen­dant 1 à 2 h. Elles dé­posent en­suite le mé­lange ob­te­nu, la bar­bo­tine, dans des bas­sins de dé­can­ta­tion. Puis, elles en font des boules de 13 à 15 ki­los, les pas­tons, qui res­tent dans une cave hu­mide du­rant plu­sieurs se­maines. De leu leur cô­té, les hommes pré­parent le four et sortent les pas­tonsp en at­tente afin qu’ils fi­nissent de sé­cher avan­ta le le­ver du so­leil. Les ou­vrières peuvent alors com­men­cer le fa­çon­nage des to­mettes to­mettes, puis d’autres les ra­bat­teuses les po­lissent. cin­quante-trois fa­briques qui em­ploient plus de 1 200 hommes, femmes et en­fants sans comp­ter les sai­son­niers de Pâques à no­vembre. Les usines pro­duisent soixan­te­dix mil­lions de pièces par an et consomment 10 000 tonnes de char­bon de Gardanne, par an. Entre l’ex­ploi­ta­tion de l’ar­gile, l’achat des ma­tières pre­mières et la main d’oeuvre, l’in­dus­trie des to­mettes est une manne éco­no­mique pour le canton. Mais, au fil du XXe siècle, l’évo­lu­tion in­dus­trielle et l’ap­pa­ri­tion du li­no­léum ont été im­pi­toyables pour les pe­tites fa­briques, qui ont dû bais­ser le ri­deau. Heu­reu­se­ment, le vaste chan­tier de la ci­té la­custre de Port Gri­maudG a eu be­soin d’un nombre consi­dé­rable de to­mettes,tes, ce qui a per­mis à deux usines sa­ler­noises sur­vi­van­te­sur­vi­vantes de se mé­ca­ni­ser. Au­jourd’hui, rd’hui, cette tra­di­tion, tente tou­jours

dee se main­te­nir.

NEL­LY NUSS­BAUM

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