Se­re­na bute sur le cas Ker­ber

La ca­dette des soeurs Williams de­vait re­joindre Stef­fi Graf dans l’his­toire en rem­por­tant son 22e titre ma­jeur... mais c’est l’Al­le­mande qui l’a fait, au som­met 17 ans après son illustre com­pa­triote

Nice-Matin (Menton) - - Les Sports -

Hier, à Mel­bourne, An­ge­lique Ker­ber, 6e à la WTA, a créé une énorme sur­prise en rem­por­tant l’Open d’Aus­tra­lie en trois sets, 6-4, 3-6, 6-4 au bout d’un su­perbe match de 2h 08 min. Pour sa pre­mière fi­nale à 28 ans, on ne lui don­nait pour­tant guère de chance face à l’in­con­tes­table pa­tronne du cir­cuit. « Mon rêve est de­ve­nu réa­li­té. Je suis cham­pionne de Grand Che­lem. C’est in­croyable ! » , a dit l’Al­le­mande au pu­blic de la Rod La­ver Are­na, en re­te­nant avec dif­fi­cul­té ses larmes. Son ex­ploit, per­sonne ne l’avait vu ve­nir. Ker­ber est pour­tant loin d’être une dé­bu­tante. En douze ans de car­rière, elle avait rem­por­té sept tour­nois (dont quatre tout de même la sai­son der­nière), mais en Grand Che­lem elle n’était ja­mais al­lée plus loin que les de­mi-fi­nales, à l’US Open en 2011 et à Wim­ble­don en 2012. Elle a d’ailleurs avoué avoir long­temps eu du mal à croire en elle-même. « Ça ne me ren­dait pas fa­cile à en­traî­ner ! », a-t-elle dit. A Mel­bourne, elle a dû sau­ver une balle de match dès le pre­mier tour contre la 64e mon­diale, puis elle a bé­né­fi­cié d’un ta­bleau fa­vo­rable, ne croi­sant qu’une seule tête de sé­rie, la Bé­la­russe Vic­to­ria Aza­ren­ka (N.14), en de­mi-fi­nales. « J’ai vé­cu deux se­maines de fo­lie », a-t-elle dit. Se­re­na Williams cale de nou- veau de­vant l’his­toire, à 34 ans. En sep­tembre, l’Amé­ri­caine avait échoué en de­mi-fi­nales à l’US Open contre Ro­ber­ta Vin­ci. La sen­sa­tion avait été en­core plus forte car l’Ita­lienne n’était que 43e mon­diale et la dé­cep­tion plus grande car la ca­dette des soeurs Williams était pas­sée à cô­té du Grand Che­lem.

He­roïque en dé­fense

Ker­ber, elle, a été exacte à son pre­mier ren­dez-vous au som­met. Bien dé­ci­dée à ne pas se lais­ser im­pres­sion­ner par l’évé­ne­ment, Ker­ber a été hé­roïque en dé­fense. Ra­me­nant un nombre in­croyable de balles, elle a pous­sé Se­re­na à com­mettre quan­ti­té d’er­reurs dans les deux sets qu’elle a gagnés : 23 dans le pre­mier, 18 dans le troi­sième. Dans le même temps, l’Al­le­mande fai­sait presque un sans-faute, au sens propre du terme. Six er­reurs en tout dans ces deux manches, une per­for­mance digne de Stef­fi Graf, la der­nière Al­le­mande sa­crée en Grand Che­lem, à Ro­landGar­ros, en 1999, l’an­née où Se­re­na Williams avait ou­vert son pal­ma­rès à l’US Open. Pour cette der­nière, l’es­poir d’un Grand Che­lem dis­pa­raît pour au moins une sai­son sup­plé­men­taire. Mais la course au re­cord de Stef­fi Graf re­pren­dra dès le mois de mai à Ro­land-Gar­ros. Et l’Amé­ri­caine a pro­mis de re­ve­nir à Mel­bourne en 2017.

Contre toute at­tente, Se­re­na Williams a cra­qué, hier à Mel­bourne, of­frant le titre à An­ge­lique Ker­ber sur une  faute di­recte... (Pho­to EPA/MAXPPP) e

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