Votre ca­hier San­té

À la une Après Pu­reSound à des­ti­na­tion des mal­en­ten­dants, Raoul Pa­rien­ti « ré­ci­dive » en in­ven­tant une ap­pli­ca­tion de lec­ture vo­cale pour les mal­voyants

Nice-Matin (Menton) - - Menton - NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin.fr

Un sens de l’ob­ser­va­tion très ai­gu. Une créa­ti­vi­té sans li­mites. Un en­thou­siasme aux ac­cents ju­vé­niles. Une té­na­ci­té et une ca­pa­ci­té de tra­vail que rien ni per­sonne ne dé­cou­ragent. Il s’ap­pelle Raoul Pa­rien­ti. Cet in­ven­teur ni­çois, dé­ten­teur du plus grand nombre de bre­vets en Eu­rope – quelque 150 ! – a en­core frap­pé. Quelques mois à peine après avoir mis au point une ap­pli­ca­tion mo­bile ca­pable de cor­ri­ger les dé­fi­ciences à moindre coût, il vient de créer et com­mer­cia­li­ser, grâce au sou­tien de phi­lan­thropes suisses, une ap­pli­ca­tion des­ti­née à amé­lio­rer cette fois le quo­ti­dien des per­sonnes mal voyantes ou non­voyantes. « SmartEyes per­met de lire in­dif­fé­rem­ment des do­cu­ments im­pri­més de type cour­rier, en­ve­loppe, fac­ture, éti­quette… ou de type jour­nal via une lec­ture co­lonne par co­lonne », dé­taille Raoul Pa­rien­ti. Preuve à l’ap­pui. « Vous avez un texte à me pro­po­ser? », in­ter­roge-t-il, ma­li­cieux, tel un ma­gi­cien dé­fiant son pu­blic. Nous lui ten­dons un texte. L’in­ven­teur place ap­proxi­ma­ti­ve­ment le smart­phone au-des­sus de la feuille. L’ap­pli­ca­tion sort aus­si­tôt de son si­lence. « Elle me guide pour que je po­si­tionne cor­rec­te­ment le smart­phone au-des­sus du do­cu­ment qu’elle doit lire », com­mente-t-il.

Une ap­pli­ca­tion pour une poi­gnée d’eu­ros

La suite? L’ap­pa­reil pho­to in­té­gré se dé­clenche et le texte est aus­si­tôt nu­mé­ri­sé et lu vo­ca­le­ment. Si les per­sonnes qui voient mal sont les pre­mières à pou­voir ti­rer pro­fit de cette in­ven­tion, d’autres pu­blics pour­raient éga­le­ment lui trou­ver une uti­li­té. « Une per­sonne qui a ou­blié ses lu­nettes et qui est em­bar­ras­sée pour lire un me­nu au res­tau­rant, un cadre un peu pres­sé qui doit prendre connais­sance d’un texte de plu­sieurs pages et qui, grâce à l’ap­pli­ca­tion, peut le sai­sir et l’écou­ter pen­dant qu’il conduit sa voi­ture », cite l’in­ven­teur. Mais, tou­jours préoc­cu­pé par les po­pu­la­tions en souf­france, c’est sur une ver­sion adap­tée à un han­di­cap très ré­pan­du qu’il tra­vaille ac­tuel­le­ment : « Nous pré­voyons une ver­sion pour les per­sonnes at­teintes de dys­lexie; elle leur four­ni­rait une aide à la lec­ture. » Rap­pe­lons que dès 2010, Raoul Pa­rien­ti créait l’évé­ne­ment dans le champ de la mal­voyance avec Top­braille, un ap­pa­reil de poche per­met­tant la lec­ture ins­tan­ta­née en braille ou en vo­cal de n’im­porte quel texte im­pri­mé : livre, re­vue, no­tice de mé­di­ca­ments… Son in­ven­tion rem­por­tait à l’una­ni­mi­té le Concours Lé­pine. Mais sa com­mer­cia­li­sa­tion se heur­tait à un obs­tacle. « Du fait de son coût de fa­bri­ca­tion, Top-braille reste trop cher pour de nom­breuses bourses. » Un obs­tacle le­vé avec SmartEyes, que cha­cun pour­ra se pro­cu­rer pour une poi­gnée d’eu­ros. Un ob­jec­tif qui a gui­dé les re­cherches de l’in­ven­teur ni­çois. Et quand Raoul Pa­rien­ti cherche, il fi­nit tou­jours par trou­ver.

Après Pu­reSound, Raoul Pa­rien­ti pré­sente SmartEyes (en mé­daillon) (Pho­tos Vincent Ros­sot­ti et N. C.)

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.