Le mu­guet à la sau­vette le er mai : ce que dit la ré­gle­men­ta­tion

Nice-Matin (Menton) - - Le Fait Du Jour -

Une table, une chaise et quelques brins de mu­guet fleu­rissent tra­di­tion­nel­le­ment au coin des rues le er mai. Pour le pré­sident de la chambre d’Agri­cul­ture et hor­ti­cul­teur, Mi­chel Des­sus, c’est de la « concur­rence dé­loyale. Ce qui m’in­té­resse ce sont les fleu­ristes, il faut pri­vi­lé­gier la qua­li­té et le pro­fes­sion­na­lisme. » Se­lon lui, la tra­di­tion se ré­sume à au­to­ri­ser les per­sonnes qui ont « cueilli du mu­guet dans les bois à le vendre en dé­am­bu­lant dans la rue, pa­nier à la main, sans em­bal­lage. » Alors, que dit la ré­gle­men­ta­tion ? Elle a deux vo­lets. Le pre­mier, pré­fec­to­ral, pose les bases de la to­lé­rance ap­pli­quée : « la vente du mu­guet par des non pro­fes­sion­nels sur le do­maine pu­blic est gé­né­ra­le­ment to­lé­rée en rai­son d’une longue tra­di­tion. Cette to­lé­rance (...) ne concerne que la vente ex­clu­sive de quelques brins de mu­guet uni­que­ment le jour du er mai. La loi in­ter­dit tou­te­fois d’of­frir à la vente des pro­duits en uti­li­sant, dans des condi­tions ir­ré­gu­lières, le do­maine pu­blic. (...) Les com­munes ont le pou­voir de fixer, par ar­rê­té mu­ni­ci­pal, des dis­po­si­tions ré­gle­men­taires pré­ci­sant les règles ap­pli­cables à ce type de vente. » C’est le deuxième

vo­let. Mu­ni­ci­pal ce­lui-là.

Ver­ba­li­sa­tion À Ville­neuve-Lou­bet par exemple, les consignes sont claires : « Toute ins­tal­la­tion fixe se­ra in­ter­dite sur le do­maine pu­blic com­mu­nal. Les ven­deurs de­vront res­pec­ter un pé­ri­mètre de pro­tec­tion de  mètres au­tour des bou­tiques de fleu­ristes. Le mu­guet de­vra être ven­du ex­clu­si­ve­ment en brins. » Idem à Nice où l’ad­jointe Ni­cole Mer­li­no-Man­zi­no est ca­té­go­rique : « Être avec une table, une chaise et un pa­ra­sol, c’est in­ter­dit. Et il y a une dis­tance à res­pec­ter avec un fleu­riste. » L’ar­rê­té au­to­rise d’ailleurs la vente dite am­bu­lante. Il a été pris pour faire face au « grand nombre de ven­deurs qui pro­cèdent à de vé­ri­tables em­prises du do­maine pu­blic pro­vo­quant un en­com­bre­ment de la voie pu­blique qui crée une gêne ». La Ville rap­pelle ain­si qu’elle sou­haite « conci­lier le ca­rac­tère tra­di­tion­nel et convi­vial de cette vente am­bu­lante et la né­ces­si­té de ga­ran­tir une cir­cu­la­tion fluide des pié­tons sur l’es­pace pu­blic. (...) Les mar­chands de­vront être mo­biles et sta­tion­ner que le temps stric­te­ment né­ces­saire de l’opé­ra­tion de vente. » Au risque d’être ver­ba­li­sé.

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