Ch­ris­tian Es­tro­si ne se­ra pas can­di­dat à la pré­si­dence

Le maire de Nice, ac­tuel pré­sident de la fé­dé­ra­tion Les Ré­pu­bli­cains des Alpes-Ma­ri­times, n’est pas can­di­dat à sa suc­ces­sion. Il l’an­nonce dans un cour­rier aux mi­li­tants

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - La Une - STÉ­PHA­NIE GASIGLIA sga­si­glia@ni­ce­ma­tin.fr

Est-ce vrai­ment une sur­prise ? Ch­ris­tian Es­tro­si a en­voyé par mail, hier soir, peu avant 19 heures, un (long) cour­rier aux mi­li­tants Les Ré­pu­bli­cains des Alpes-Ma­ri­times. Il était pré­sident de la fé­dé­ra­tion azu­réenne de­puis 2002. Il ne le se­ra plus dans un mois ! Le maire de Nice a dé­ci­dé de ne pas se pré­sen­ter à sa suc­ces­sion lors du re­nou­vel­le­ment des cadres azu­réens qui in­ter­vien­dra lors des élec­tions in­ternes des 13 et 14 oc­tobre pro­chains. Dans son cour­rier, Ch­ris­tian Es­tro­si – sans ja­mais écrire noir sur blanc qu’il n’est pas can­di­dat – le fait ce­pen­dant (bien) com­prendre. Mais sur­tout, il mo­tive ce choix. Dé­jà par son amour et son dé­voue­ment pour Nice. Et, s’il cite Mi­chèle Ta­ba­rot, la dé­pu­tée LR an­cienne maire du Can­net, ou en­core Jean Leo­net­ti, maire d’An­tibes, pas une ligne, pas un mot sur... Eric Ciot­ti. L’ac­tuel se­cré­taire dé­par­te­men­tal azu­réen est, lui, can­di­dat au poste de pré­sident. Il l’a of­fi­ciel­le­ment an­non­cé il y a un mois. Pour lui, on ne pou­vait pas être « le pré­sident of­fi­ciel des LR et le pré­sident of­fi­cieux d’En Marche ! dans les Alpes-Ma­ri­times ».

Eric Ciot­ti entre les lignes

Eric Ciot­ti, pas nom­mé, pas men­tion­né, mais pour­tant bien pré­sent tout au long du cour­rier de Ch­ris­tian Es­tro­si, si l’on sait lire entre les lignes. « Si j’ai fait le choix, il y a un an de ne pas par­ti­ci­per à l’élec­tion du pré­sident de notre mou­ve­ment, (Laurent Wau­quiez, NDLR) ,ce n’est pas pour me mê­ler au­jourd’hui d’une élec­tion ayant dé­mar­ré sur des pro­vo­ca­tions et qui ali­mente des di­vi­sions aux­quelles je n’en­tends pas par­ti­ci­per », écrit le maire de Nice. Qui en re­met même une couche : « Je veux me consa­crer aux dé­bats d’idées, pas aux guerres des chefs ». Ex­pli­ca­tion de texte su­per­flue. Pour au­tant, Ch­ris­tian Es­tro­si prend soin de ne pas s’éloi­gner « de sa fa­mille po­li­tique ». « Loin des guerres de clo­chers, j’en­tends, plus que ja­mais, avec votre sou­tien, re­le­ver les dé­fis né­ces­saires pour por­ter haut et fort les idées qui re­donnent à notre mou­ve­ment la place qui doit être la sienne sur la scène na­tio­nale », écrit-il en­core aux mi­li­tants. Un peu plus haut dans sa mis­sive, il évoque, non pas Laurent Wau­quiez, l’ac­tuel boss des Ré­pu­bli­cains, mais Xa­vier Ber­trand et Va­lé­rie Pé­cresse, les « dis­si­dents ».

« Le re­jet du cla­nisme »

En­fin, son leit­mo­tiv : le ras­sem­ble­ment ! Ce qui im­plique le re­fus « du cla­nisme » et le re­jet d’une « seule ligne ». Com­prendre la ligne dé­fen­due, bec et ongles, par Eric Ciot­ti. Qui se­ra cer­tai­ne­ment, les 13 et 14 oc­tobre pro­chains, seul can­di­dat à se pré­sen­ter au poste de pré­sident. Dans son cour­rier, Ch­ris­tian Es­tro­si n’évoque d’ailleurs pas ce su­jet. Pré­sen­te­ra-t-il un can­di­dat pour la forme ? Peu de chance. Il sait que le rap­port de force dé­par­te­men­tal est lar­ge­ment fa­vo­rable au dé­pu­té des Alpes-Ma­ri­times.

« Le cou­rage doit conduire à dé­fendre ses convic­tions »

Eric Ciot­ti, de son cô­té, a im­mé­dia­te­ment ga­zouillé sur Twit­ter. Lui qui vou­lait tant af­fron­ter Ch­ris­tian Es­tro­si. Comme une ré­pé­ti­tion avant la gé­né­rale en 2020 ? « Je re­grette que @ces­tro­si re­fuse le dé­bat que je lui pro­po­sais. C’est un acte de dé­fiance vis-à-vis de sa fa­mille po­li­tique et des mi­li­tants, qui lui ont tout don­né, et que je veux dé­sor­mais ras­sem­bler dans la fi­dé­li­té à nos va­leurs», a-t-il en­ta­mé. Avant d’en­fon­cer le tweet : « En po­li­tique, le cou­rage doit tou­jours conduire à dé­fendre ses convic­tions. Fuir le ju­ge­ment des mi­li­tants c’est ac­ter qu’ils au­raient lour­de­ment sanc­tion­né le rap­pro­che­ment per­ma­nent avec Em­ma­nuel #Ma­cron».

Ch­ris­tian Es­tro­si ne se pré­sente pas à sa suc­ces­sion. Eric Ciot­ti, seul can­di­dat au poste de pré­sident des Ré­pu­bli­cains des Alpes-Ma­ri­times ?

(Pho­tos Franck Fer­nandes)

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