Une nou­velle ba­taille épis­to­laire entre Eric Ciot­ti et Chris­tian Es­tro­si

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Nice - TH. PRUDHON

Et un tour de plus, un ! Le car­rou­sel de la dis­corde ne s’ar­rête dé­ci­dé­ment ja­mais. La gué­rilla Es­tro­si-Ciot­ti se pour­suit à fleu­rets à peine mou­che­tés. Les deux hommes se sont en­core que­rel­lés, hier, par voie épis­to­laire. Eric Ciot­ti, nou­vel ami des «gi­lets jaunes», a dé­gai­né sa plume le pre­mier. Pour de­man­der à Chris­tian Es­tro­si ni plus ni moins que d’an­nu­ler la nou­velle taxe mé­tro­po­li­taine mise en oeuvre cette an­née, qui aug­mente de 15 % en moyenne la taxe sur le fon­cier bâ­ti pour les ha­bi­tants de la Mé­tro­pole Nice Côte d’Azur, soit un sur­plus d’im­pôt glo­bal de l’ordre de 64 M€ pour 2018. Sou­li­gnant qu’il a par ailleurs ap­pe­lé Em­ma­nuel Ma­cron à re­ve­nir sur la hausse des taxes sur le car­bu­rant, le dé­pu­té ni­çois in­cite aus­si les col­lec­ti­vi­tés lo­cales, à com­men­cer par celle di­ri­gée par Chris­tian Es­tro­si, à ba­layer de­vant leur porte pour sou­la­ger «les Fran­çais qui su­bissent une perte de pou­voir d’achat du fait de l’aug­men­ta­tion in­ces­sante des taxes et des im­pôts». «Vous n’avez pas me­su­ré, écrit-il à Chris­tian Es­tro­si, à quel point cette fis­ca­li­té de­ve­nue confis­ca­toire n’était plus sup­por­table. Alors que la ré­volte fis­cale gagne le pays, vous de­vez faire un geste en­vers nos conci­toyens ni­çois et mé­tro­po­li­tains. Je vous fais so­len­nel­le­ment la de­mande de re­non­cer à ce nou­vel im­pôt. J’y ver­rais un signe po­si­tif en rup­ture avec le sou­tien que vous avez ap­por­té de­puis 2017 au Pré­sident Ma­cron, et un signe d’écoute et de consi­dé­ra­tion à l’égard des Fran­çais qui ma­ni­festent chaque jour pour ré­cla­mer une dé­crue fis­cale.»

Nu­mé­ros in­chan­gés

Deux heures plus tard, tom­bait sur les boîtes mail la ré­ponse du maire de Nice, ac­com­pa­gnée d’un autre cour­rier si­gné par Phi­lippe Pra­dal, dé­taillant la po­li­tique fis­cale ac­tuelle et à ve­nir de la Mé­tro­pole et la com­pa­rant à celles du Dé­par­te­ment et des autres in­ter­com­mu­na­li­tés. Tu­toie­ment de ri­gueur de la part de Chris­tian Es­tro­si: « J’ai pris connais­sance de ton cour­rier émet­tant des cri­tiques sur la ges­tion des 49 maires de la Mé­tro­pole qui viennent de vo­ter une baisse d’im­pôt pour 2019. J’ai de­man­dé au pré­sident de la com­mis­sion des fi­nances (Phi­lippe Pra­dal, ndlr) de te ré­pondre. Pour au­tant, je m’étonne de ne pas avoir re­çu de ré­ponse de ta part à ma main ten­due et à mon cour­rier du 8 no­vembre. Faut-il donc com­prendre que tu ne ces­se­ras ja­mais d’at­ta­quer la ville de Nice et la Mé­tro­pole? Je conti­nue de pen­ser pour ma part que le dia­logue est pré­fé­rable aux men­songes et à l’ad­ver­si­té. PS : mon nu­mé­ro n’a pas chan­gé. » Ce post-scrip­tum fait al­lu­sion à un tweet d’Eric Ciot­ti. En ré­ponse au cour­rier du 8 no­vembre, il avait in­di­qué ne pas avoir chan­gé de nu­mé­ro de por­table de­puis 23 ans, re­pro­chant à Chris­tian Es­tro­si le ca­rac­tère trop mé­dia­tique de sa dé­marche.

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