« Un col­loque sur l’ani­mal dans la ville pour mu­tua­li­ser ef­fi­ca­ce­ment nos ex­pé­riences »

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Nice - CH­RIS­TINE RI­NAU­DO

’ani­mal dans la ville. Deux jours

dé­bats, tables rondes, ate­liers au centre uni­ver­si­taire mé­di­ter­ra­néen. Un col­loque na­tio­nal. Le pre­mier du genre, or­ga­ni­sé à Nice et même en France. Parce que même si le com­pa­gnon à poils, à plumes, à écailles est un peu moins mal consi­dé­ré dans notre so­cié­té, ce n’est pas en­core le top cô­té pro­tec­tion. Des hu­mains cin­glés, ab­jects, mons­trueux, conti­nuent de dé­bor­der d’ima­gi­na­tion cruelle en in­fli­geant à la gent ani­male des trai­te­ments d’une sau­va­ge­rie épou­van­table. Et les sanc­tions, quand sanc­tions il y a, ne sont pas tou­jours à la hau­teur de la bar­ba­rie dé­ployée contre chiens, chats, che­vaux, bé­tail... En­suite, l’ani­mal ur­bain, c’est la bat­te­rie de me­sures des­ti­nées au mieux-vivre de nos amies les bêtes, à une co­ha­bi­ta­tion in­tel­li­gente et bien­veillante avec les hu­mains. Un thème cher à Hé­lène Sa­li­cet­ti-Adro­guer, conseillère mu­ni­ci­pale dé­lé­guée à la condi­tion ani­male.

Qui a eu l’ini­tia­tive de ce col­loque?

C’est moi. Lorsque j’ai pris en charge cette dé­lé­ga­tion, j’ai sui­vi des cours à l’école vé­té­ri­naire de Mai­sons-Al­fort et je suis al­lée à la ren­contre d’autres villes. C’est une dé­lé­ga­tion, où on est sou­vent seul pour prendre les dé­ci­sions. D’où l’idée de se re­trou­ver entre nous.

Nous, c’est qui au juste?

Des élus et leurs col­la­bo­ra­teurs ve­nus de la Côte d’Azur et de la France en­tière: Roanne, Bor­deaux, Tou­louse, Le Havre, Ne­vers, Dun­kerque, Bel­fort, Mont­pel­lier, etc. Des villes ayant dé­ve­lop­pé une mis­sion «Ani­mal dans la ville». Sont éga­le­ment ve­nues quelques as­so­cia­tions de pro­tec­tion ani­male. Ce col­loque, non ou­vert au pu­blic, a per­mis d’en­tendre des in­ter­ve­nants en­ga­gés pour le bien-être ani­mal, par­mi les­quels Loïc Dom­bre­val, dé­pu­té des Alpes-Ma­ri­times et pré­sident du groupe d’études « Condi­tion ani­male » de l’As­sem­blée na­tio­nale, le pro­fes­seur Jean-Mi­chel Mi­chaux, pré­si­dent­fon­da­teur de l’Ins­ti­tut scien­ti­fique et tech­nique de l’ani­mal en ville.

Sur quoi doit dé­bou­cher cette ren­contre?

Sur la créa­tion pro­chaine d’un ré­seau, afin d’écou­ter ce qui se pra­tique ailleurs, de mu­tua­li­ser ef­fi­ca­ce­ment nos ex­pé­riences et tra­vailler en­semble, en équipe afin d’avoir plus de force, plus d’im­pact à tra­vers des ac­tions com­munes. Pour avoir des re­cou­pe­ments d’in­for­ma­tions. Créer un fi­chier per­met­tant de croi­ser toutes les don­nées d’une ville à une autre, no­tam­ment pour suivre et pour­suivre cer­tains in­di­vi­dus.

Le droit en fa­veur de l’ani­mal a-t-il évo­lué?

Oui, dans la me­sure où le Code ru­ral, le Code ci­vil et même le droit eu­ro­péen re­con­naissent au­jourd’hui que les ani­maux sont des êtres vi­vants doués de sen­si­bi­li­té. Mal­heu­reu­se­ment, la cruau­té hu­maine conti­nue de prendre toutes sortes de vi­sages et s’il y a des lois, en­core faut-il les ap­pli­quer. D’autre part, le code pé­nal n’est pas suf­fi­sant. Pour pu­nir cer­taines mal­trai­tances, les peines de  ans de pri­son et  eu­ros d’amende sont bien lé­gères.

L’ani­mal dans la ville, c’est aus­si une co­ha­bi­ta­tion har­mo­nieuse.

En ef­fet. On doit pro­té­ger tout en cher­chant à pro­mou­voir le bien­vivre en­semble entre ci­toyens, ani­maux et pro­prié­taires. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour les chiens, les chats, les pi­geons.

Un exemple pour les chiens?

On les dé­fend de tout acte mal­veillant, mais en même temps, on em­pêche leurs dé­jec­tions sauf dans les en­droits dé­vo­lus à leur sou­la­ge­ment. Ou il faut avoir un sac sur soi afin de net­toyer en cas d’ou­bli sur le trot­toir.

Les chats?

On doit pro­té­ger chats et cha­tons, mais pour évi­ter les com­por­te­ments hu­mains sau­vages, la ville mène des cam­pagnes de sté­ri­li­sa­tion des mâles et des fe­melles afin de ne pas aug­men­ter la po­pu­la­tion fé­line er­rante. À Nice, on a aus­si le pro­jet de mettre en place de pe­tites mai­sons dans la com­mune pour que les chats soient à l’abri et où on pour­ra leur por­ter à man­ger et à boire.

Les pi­geons?

Nos pi­geon­niers ne fonc­tion­naient pas trop bien. Nous avons pas­sé un nou­veau mar­ché avec une en­tre­prise, as­su­jet­tie à un ca­hier des charges pré­cis. Cette so­cié­té gère cinq pi­geon­niers, les net­toie, s’oc­cupe de la sté­ri­li­sa­tion en se­couant un peu les oeufs. Mais il n’y a au­cune eu­tha­na­sie.

(Pho­to F. Bou­ton)

Même les chiens ont par­ti­ci­pé à ce col­loque...

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