Cagnes : l’hap­to­no­mie pour ré­con­for­ter nos aî­nés

Une di­zaine de membres de l’équipe de la ré­si­dence de l’eh­pad Can­ta­zur ont été for­més à cette « science de l’af­fec­ti­vi­té » par l’hap­to­thé­ra­peute, Ma­rie-Noëlle Mas­ton. Dé­cou­verte

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Cagnes Région - G. DE L. gde­lu­nar­[email protected]­ce­ma­tin.fr

Tou­cher pour faire res­sen­tir, éta­blir une connexion, un lien. Et ré­con­for­ter, sou­la­ger même. Voi­ci en quelques mots, les ef­fets de ce que l’on ap­pelle l’hap­to­no­mie, cette « science de l’af­fec­ti­vi­té », dé­cou­verte par le thé­ra­peute néer­lan­dais Frans Veld­man. Si cette dis­ci­pline est, no­tam­ment, dé­ve­lop­pée dans le do­maine pré­na­tal afin de pré­pa­rer l’ar­ri­vée des bé­bés et fa­ci­li­ter l’ac­cou­che­ment, elle a aus­si toute sa place pour ai­der et sou­la­ger nos aî­nés. C’est pour­quoi l’éta­blis­se­ment hos­pi­ta­lier pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes (eh­pad) Can­ta­zur de Ca­gnes­sur-Mer a dé­ci­dé de se lan­cer dans cette aven­ture douce. Une pre­mière. Et cet évé­ne­ment est à l’ini­tia­tive de Se­pho­ra Bran­ni, ani­ma­trice dans l’éta­blis­se­ment «J’aieu la chance à titre per­son­nel d’y être ini­tiée. J’y ai vu un vrai bé­né­fice et une vraie qua­li­té de vie que ce soit pour nous­même ou nos ré­si­dents.»

«Des fa­cul­tés in­nées »

Du­rant deux jours, une di­zaine de membres du per­son­nel – aides soi­gnants, ani­ma­teurs, cadres hô­te­liers, mé­de­cins co­or­di­na­teurs et se­cré­taires – se sont por­tés vo­lon­taires. La for­ma­tion as­su­rée par Ma­rie-Noëlle Mas­ton, hap­to­thé­ra­peute [lire ci-contre], leur a per­mis d’af­fi­ner leurs res­sen­tis, de s’ou­vrir à l’autre mais aus­si d’ap­prendre à tou­cher et à être tou­ché. «Des fa­cul­tés qui sont in­nées mais que nous avons en­fouies et même ou­bliées», pré­cise Ma­rie-Noëlle Mas­ton. Au bout de deux jours, les ré­sul­tats à l’is­sue de cet ap­pren­tis­sage sont très po­si­tifs. Et les par­ti­ci­pants sont tous conquis, y com­pris les plus scep­tiques d’entre eux, au dé­but de la séance. C’est le cas de Jean-Mi­chel, ani­ma­teur: «J’ai été agréa­ble­ment sur­pris. C’est un peu ma­gique et éton­nant. Ça per­met d’avoir une ap­proche en­vers nos ré­si­dents beau­coup plus fluide.» Idem pour Vincent du ser­vice lin­ge­rie : « J’ai un peu de mal à l’ex­pri­mer… Mais l’hap­to­no­mie offre une meilleure confiance en soi no­tam­ment pour s’ap­pro­prier un échange.»

Ma­ryn, du ser­vice hô­te­lier peu tac­tile pour­tant, a aus­si re­vu ses im­pres­sions. «J’ai été très éton­née des ef­fets. Je pense, et c’est sûr même, que je vais m’en ser­vir dé­sor­mais avec les ré­si­dents.» Si cette al­ter­na­tive douce a su sé­duire, c’est no­tam­ment grâce à ses ef­fets vi­sibles:

« J’ai eu une ex­pé­rience concrète avec un pa­tient. Un mon­sieur pré­sen­tant une ri­gi­di­té aux jambes. Quand je lui ai ap­pli­qué ce tou­cher, ça lui a per­mis de res­sen­tir sa jambe. J’ai réus­si à le dé­tendre, il m’a sou­ri, tou­ché en re­tour. Ce sont des choses qu’il fait, mais vrai­ment ra­re­ment», té­moigne une par­ti­ci­pante. Pour Ma­rie-Noëlle Mas­ton, cette dis­ci­pline a par­fai­te­ment sa place en Eh­pad : «C’est même es­sen­tiel. On peut être pré­sent au­près du pa­tient sans stress et sur­tout avec un tou­cher sé­cu­ri­sant. Pour les pa­tients en souf­france, c’est une réelle nour­ri­ture af­fec­tive.» Une pro­chaine for­ma­tion est d’ailleurs pré­vue au sein de l’Eh­pad Can­ta­zur de Ca­gnes­sur-Mer. « Elle se­ra pro­po­sée en 2019 pour les aides-soi­gnants de l’éta­blis­se­ment», in­forme Se­pho­ra Bran­ni.

(Pho­tos Sé­bas­tien Bo­tel­la)

Ma­rie-Noëlle Mas­ton a pro­po­sé une for­ma­tion de cette « science de l’af­fec­ti­vi­té» à l’EH­PAD-Can­ta­zur à Cagnes-sur-Mer. Pour cette ex­perte, avec l’hap­to­no­mie : « On peut être pré­sent au­près du pa­tient sans stress et sur­tout avec un tou­cher sé­cu­ri­sant. Pour les pa­tients en souf­france, c’est une réelle nour­ri­ture af­fec­tive».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.