Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées)

Pascal Parrilla « répare les désordres du temps »

Habitant de Colomars, il a rendu ses décors et ses dorures à l’église de la Madone, au village, et redonne faste et dorures aux églises et aux bâtiments du patrimoine niçois

- GUY ROSSET

De ses racines en Uruguay et en Espagne, Pascal Parrilla a reçu la fougue et la passion des Latins. Les origines de sa famille partent en effet de Montevideo (en Uruguay) jusqu’à Valladolid (en Espagne). Puis, les Parrilla choisissen­t la France comme terre d’accueil. C’est à Nice que naît Pascal Parrilla, en 1970, entouré de ses parents, Ricardo et Agripina, de ses frères et de sa soeur. À 13 ans, en aidant son père, il se rend compte que le travail manuel lui donne le plaisir de la réalisatio­n aboutie. C’est au lycée Pierre-Sola de Nice que va se jouer son avenir, en parallèle d’une période d’apprentiss­age au sein de la maison Jacolor, installée à cette époque au quartier niçois de Saint-Pancrace.

Sacrifice

Mais pour ce passionné, gratter, poncer, peindre c’est réducteur et, surtout, répétitif. Son souhait profond est plutôt de donner vie à ces supports, de les faire exister. « Ma vie est faite de rencontres et celui qui a éclairé mon chemin est un peintre croisé par hasard place Garibaldi, retrace Pascal Parrilla. Il était en train de réaliser un décor en trompe-l’oeil sur une porte du quartier. » Au prix d’un sacrifice important pour les finances familiales, ses parents lui offrent l’inscriptio­n pour l’école Yannick-Guégan à Paris. Au terme d’une formation de six mois, Pascal Parrilla revient diplômé de l’institut supérieur de peinture décorative et collabore alors avec le créateur de l’entreprise Trace, Serge Megter, qui lui permet d’exercer à ses côtés. Puis il prend son envol en créant sa propre structure La Maison des artistes.

Chantier école

La région, riche de bâtiments décorés et classés, permet à Pascal Parrilla d’exprimer son talent sur des fresques, murs et plafonds auxquels il redonne leur lustre d’antan. Un de ses premiers chantiers, sur l’Île de Beauté, est ainsi devenu une sorte de fil rouge de sa carrière. Durant quinze ans, étape par étape, il a rénové l’église Saint-Cyriaque à Lugo di Nazza en Haute Corse. Ses réalisatio­ns lui valent la reconnaiss­ance de ses pairs et il devient tour à tour formateur pour la Chambre des métiers, professeur au lycée Pierre-Sola et enseignant pour le centre de formation Pauliani à Nice. Ces responsabi­lités l’amènent à mettre en place des « chantiers-école » que Pascal Parilla dirige et au cours desquels dix stagiaires sont réunis sur un projet afin d’apprendre le métier et la vie en communauté. C’est au cours de l’un de ces chantiers que la maire de Colomars, Isabelle Brès, a confié les clés de l’église de la Madone afin de redonner fière allure à ce bâtiment du village. « Je suis heureux d’exercer cette activité car elle me permet de réparer les désordres du temps », souffle Pascal Parilla.

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(Photo G. R.) Pascal Parrilla au pinceau.

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