Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées)

OVNI(s) en vue

Présentée en avant-première à CanneSérie­s, cette création qui mêle burlesque et paranormal­e sortira en 2021 sur Canal + avec Melvil Poupaud et Géraldine Pailhas

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doit, lui, le cartésien, gérer cette bande de fous tout en cohabitant avec son ex-femme, elle aussi ingénieure spatiale et jouée par Géraldine Pailhas. Une série qui s’attaque à un sujet plutôt rare dans la création française : le paranormal. « Je n’avais pas le sentiment que qui que ce soit ait osé se lancer dans un défi pareil, détaille Géraldine Pailhas. Ce projet m’a atterri dans les mains alors que ça n’était pas prévu, je devais m’engager en 24 heures et ça m’a plu. Les planètes étaient alignées en fait. » Une opération séduction qui a également eu raison de Melvil Poupaud : « J’ai trouvé ça très drôle, très bien écrit. Qu’il y avait un mélange de burlesque et de palpitant, un côté enquête, film d’espionnage, l’idée de faire une série mais intellectu­ellement c’était excitant ». Il a donc fallu créer un univers, raconter une époque - – 1978 – sans en faire trop. Pour Géraldine Pailhas, ce voyage dans le temps n’est « pas une nostalgie ni une moquerie ou encore moins une satire, il y a une forme de tendresse envers une époque révolue. » Du côté de Melvil Poupaud, cette plongée dans les souvenirs d’enfance s’apparente à une Madeleine de Proust. « Rien n’est exagéré, ce n’est pas une parodie des années soixante-dix. Sur le tournage, c’était bluffant de réalisme. Je trouvais que ça n’avait pas tellement changé, notamment le téléphone avec un cadre, alors que les acteurs plus jeunes n’y comprenaie­nt rien » . Pour le réalisateu­r, Antony Cordier, la prouesse était de faire de 1978 un voyage nostalgiqu­e.

au ton d’Au service de la France, navigue parfaiteme­nt entre phénomènes paranormau­x crédibles et une forme de légèreté. « C’est très amusant de se prendre très, très, très au sérieux pour raconter des trucs très, très, très cons. La série passe son temps à mêler des esprits cartésiens à des « je crois », « j’ai entendu », « j’ai vu », embraye Géraldine Pailhas. C’est important de retrouver une forme de légèreté. Je ne suis pas fascinée par le paranormal mais j’ai toujours aimé le cinéma et la littératur­e de genre comme HG Wells mais aussi David Cronenberg et Stanley Kubrick. J’aime que les films de science-fiction aient une dimension philosophi­que comme Solaris d’Andreï Tarkovski ». Une création qui, pour être la plus crédible possible, a dû s’appuyer sur des choses concrètes. «On s’est appuyé sur Mindhunter de David Fincher, qui ne traite pas du même sujet, mais qui installait un bureau un peu nouveau dans une certaine époque. Comment on filmait un bureau pour que ça raconte une histoire, comment on traite l’époque », détaille Cordier. Le casting, lui, s’est fait assez facilement. « Il y avait beaucoup de rôles à distribuer, Michel Vuillermoz, par exemple, c’était l’évidence, notamment par son côté capitaine Haddock ».

Mais c’est surtout le couple Pailhais-Poupaud qui fonctionne.

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