Lu­ca Guadagnino.

Numéro - - Sommaire - par Oli­vier Joyard, pho­tos Lu­ca Guadagnino, réa­li­sa­tion Sa­muel Fran­çois

Avec une sen­si­bi­li­té et un sens es­thé­tique uniques, il glisse, au fil des ré­cits et des émo­tions de ses pro­ta­go­nistes, d’un uni­vers à l’autre. Après le suc­cès mon­dial du so­laire et os­ca­ri­sé

Call Me by Your Name, Lu­ca Guadagnino plonge dans le film d’hor­reur avec son re­make de Sus­pi­ria. Dans nos pages, le réa­li­sa­teur met en ve­dette deux es­poirs du ci­né­ma, Will Poul­ter et Ben Sch­net­zer, en ex­tra­ter­restres dé­bar­qués sur Terre. Par Oli­vier Joyard, pho­tos Lu­ca Guadagnino, réa­li­sa­tion Sa­muel Fran­çois

Avec une sen­si­bi­li­té et un sens es­thé­tique uniques, il glisse, au fil des ré­cits et des émo­tions de ses pro­ta­go­nistes, d’un uni­vers à l’autre. Après le suc­cès mon­dial du so­laire et os­ca­ri­sé Call Me by Your Name, Lu­ca Guadagnino plonge dans le film d’hor­reur avec son re­make de Sus­pi­ria. Dans nos pages, le réa­li­sa­teur met en ve­dette deux es­poirs du ci­né­ma, Will Poul­ter et Ben Sch­net­zer, en ex­tra­ter­restres dé­bar­qués sur Terre.

Le ci­né­ma ita­lien a long­temps re­gar­dé vers son

pas­sé flam­boyant en se grat­tant la tête, per­plexe de­vant tant de beau­tés éga­rées. Le monde se po­sait lui aus­si la ques­tion, se de­man­dant com­ment le pays de Ro­ber­to Ros­sel­li­ni, Fe­de­ri­co Fel­li­ni, Mi­che­lan­ge­lo An­to­nio­ni, Ma­rio Mo­ni­cel­li et quelques autres in­ou­bliables fi­gures de proue, cette vé­ri­table oa­sis créa­tive qui avait mar­qué l’après- guerre, avait pu re­tom­ber dans une cer­taine forme d’ou­bli. Mis à part Nan­ni Mo­ret­ti, de­ve­nu trop rare, le ci­né­ma contem­po­rain ne comp­tait pas vrai­ment sur l’Ita­lie, dont cha­cun s’ac­cor­dait à dire qu’elle avait per­du la for­mule. Il fal­lait peut- être un homme aux dé­si­rs larges pour re­mettre cette étrange trans­pa­rence en ques­tion. Un Si­ci­lien ? Pour­quoi pas. Lu­ca Guadagnino est né près de Pa­lerme au tout dé­but des an­nées 70. Il est de­ve­nu l’un des réa­li­sa­teurs les plus ac­cla­més du mo­ment, son film a été nom­mé quatre fois (et ré­com­pen­sé pour la meilleure adap­ta­tion à l’écran) aux Os­cars 2018 pour le hit in­dé Call Me by Your Name, avant de bous­cu­ler le der­nier Fes­ti­val de Ve­nise, où il a pré­sen­té sur la la­gune son re­make du my­thique Sus­pi­ria, de Da­rio Ar­gen­to. In­ter­na­tio­nal par na­ture – il na­vigue de­puis long­temps entre Mi­lan et New York –, constam­ment en de­hors des codes, le qua­dra­gé­naire a re­mis son pays sur la carte presque à lui tout seul. Un tra­vail de ti­tan. Lu­ca Guadagnino a pour­tant com­men­cé comme tout le monde, c’est- à- dire en bas de l’échelle, hué par la cri­tique pour son long-mé­trage inau­gu­ral, The Pro­ta­go­nists, sor­ti à la fin des an­nées 90. Pas de quoi dé­cou­ra­ger ce gar­çon te­nace. Il avait dé­jà réus­si à at­ti­rer l’at­ten­tion de Til­da Swin­ton, qui y te­nait le pre­mier rôle. Réunis par leur amour com­mun pour De­rek Jar­man – l’ac­trice avait tour­né son deuxième film, Ca­ra­vag­gio, avec feu le réa­li­sa­teur an­glais, fi­gure du ci­né­ma gay –, les deux ont noué une re­la­tion ba­sée sur l’amour des marges. Ils se re­trouvent qua­si­ment à chaque film, où Swin­ton in­carne une fé­mi­ni­té mys­té­rieuse et puis­sante avec une per­sis­tance re­mar­quable. Dans Sus­pi­ria, l’An­glaise joue la cho­ré­graphe d’une com­pa­gnie de danse, aux mé­thodes dures et aux fan­tasmes tor­dus. Ma­dame Blanc est ef­frayante. À tra­vers elle, le film trouve la fo­lie né­ces­saire pour exis­ter plei­ne­ment et fixer les mo­ments ex­trêmes de l’ex­pé­rience hu­maine. Le pro­jet vient de loin, même s’il peut sur­prendre. On se sou­vient de l’at­mo­sphère es­ti­vale et sen­suelle de Call Me by Your Name, l’his­toire d’amour dé­li­cate entre un ado­les­cent et un tren­te­naire dans une mai­son bour­geoise ita­lienne, au mi­lieu des an­nées 80. Ti­mo­thée Cha­la­met y ré­vé­lait son sens de la sé­duc­tion ro­man­tique, au point de de­ve­nir l’icône d’une époque à la re­cherche de nou­velles fi­gures mas­cu­lines, d’une vi­ri­li­té moins fé­roce. Tout sem­blait glis­ser sous le so­leil ita­lien, même les bles­sures de l’amour. Ici, l’at­mo­sphère est au contraire froide, dan­ge­reuse, mor­bide, car Sus­pi­ria ra­conte

l’ex­ploi­ta­tion tra­di­tion du gial­lo, cri­mi­nelle le film de d’hor­reur jeunes filles san­gui­nolent dans la plus made pure in Ita­ly, bien le dont même Da­rio homme Ar­gen­to qui a fut réa­li­sé l’un les des deux maîtres. films ? Est- Le prin­ci­pal ce in­té­res­sé ne voit au­cun pro­blème à ce contraste ra­di­cal. C’est comme s’il fai­sait par­tie de lui, sans créer de cé­sure. “Les choses ne sont ja­mais ce qu’elles semblent être. Dans la vie, nous pre­nons des dé­ci­sions qui ont du sens pour nous, tan­dis que pour les autres elles ont l’air étranges. En réa­li­té, je ne suis pas pas­sé de Call Me by Your Name à Sus­pi­ria, c’est le contraire. Je peux vous

ex­pli­quer.” Les faits pa­raissent tê­tus : Sus­pi­ria a été réa­li­sé dans la fou­lée de Call Me by Your Name. Or Guadagnino parle d’un autre point de vue. Quelques an­nées au­pa­ra­vant, il avait tour­né un autre re­make, ce­lui de La Pis­cine, le drame des six­ties de Jacques De­ray avec Alain De­lon et Ro­my Sch­nei­der. Ce long- mé­trage, sor­ti en 2015, s’in­ti­tu­lait A Big­ger Splash, en hom­mage non dé­gui­sé à l’ima­gi­naire de Da­vid Ho­ck­ney, et met­tait en scène, outre Til­da Swin­ton, Ralph Fiennes, Da­ko­ta John­son et Mat­thias Schoe­naerts. Mais le dé­sir du réa­li­sa­teur pour

Sus­pi­ria exis­tait dé­jà. “J’ai for­mé le pro­jet d’adap­ter le film de Da­rio Ar­gen­to il y a long­temps. Du­rant les cinq der­nières an­nées, j’ai consa­cré beau­coup d’éner­gie à es­sayer de le rendre pos­sible. Pour Call Me by Your

Name, c’était très dif­fé­rent, puisque je n’étais pas cen­sé réa­li­ser le film écrit par James Ivo­ry. J’ai fi­na­le­ment ac­cep­té au der­nier mo­ment, alors que je pré­pa­rais

Sus­pi­ria. Dans ma tête, je suis vrai­ment pas­sé de A Big­ger Splash à Sus­pi­ria.” L’autre sur­prise consiste à voir Guadagnino s’in­té­res­ser à un uni­vers dont on ne soup­çon­nait pas qu’il lui était fa­mi­lier : le ci­né­ma d’hor­reur ba­roque, où les mo­ments de bra­voure vio­lents ne peuvent être évi­tés. Là en­core, le ci­néaste nous éclaire sur lui- même, en évo­quant son amour im­mo­dé­ré pour le chef- d’oeuvre de Da­rio Ar­gen­to. “Ceux qui me connaissent bien savent que j’ai tou­jours été com­plè­te­ment dé­voué au genre. J’ai gran­di en ado­rant les films d’hor­reur et j’ai tou­jours vou­lu en faire. Donc, pour moi, il est tout à fait na­tu­rel de réa­li­ser le re­make d’un film si cé­lé­bré. Quand je l’ai vu,

Sus­pi­ria m’a ap­pris que tout est pos­sible dans la ma­nière de pré­sen­ter une his­toire. Ce­la a été pour moi la plus

grande le­çon de ce film.” Le Sus­pi­ria d’Ar­gen­to fonc­tion­nait comme un long cri d’images et de sons, qua­si­ment sans li­mites, où la mise en scène de la vio­lence faite aux femmes re­le­vait du fé­ti­chisme. La ver­sion que pro­pose Guadagnino marque par son en­vie constante de dé­pas­ser la re­pro­duc­tion ma­nié­riste pour trou­ver son propre rythme, ses ob­ses­sions sin­gu­lières. Le fé­ti­chisme est moins mar­qué et, bien que le ré­cit se ré­vèle struc­tu­ré de la même ma­nière ( les suites de l’ar­ri­vée d’une nou­velle dans un lieu de danse pres­ti­gieux, où une jeune fille vient d’être as­sas­si­née), le film dé­ploie une di­men­sion his­to­rique as­sez éton­nante, une am­biance de fin du monde qui

fait écho di­rec­te­ment à notre époque, même si l’ac­tion se dé­roule quatre dé­cen­nies plus tôt. “Avec le scé­na­riste Da­vid Ka­j­ga­nich, nous avons eu en­vie de ré­flé­chir au­tour d’une an­née – 1977, quand le film ori­gi­nal est sor­ti – et d’un lieu – Ber­lin. Nous cher­chions à res­sen­tir le cli­mat à cet en­droit- là et à ce mo­ment- là, quelque chose qui au­rait à voir avec les consé­quences de l’his­toire de la pre­mière moi­tié du XXe siècle. Une pa­ra­noïa in­tense.” Les bles­sures d’une his­toire eu­ro­péenne ter­rible

s’ouvrent, béantes, dans ce Sus­pi­ria nou­velle ma­nière, no­tam­ment grâce à un per­son­nage de psy­cha­na­lyste fa­ti­gué, un vieil homme tou­jours en deuil après la dis­pa­ri­tion de sa femme en Al­le­magne de l’Est plu­sieurs dé­cen­nies au­pa­ra­vant. Mais le coeur du film, c’est bien les sou­bre­sauts im­po­sés au corps de quelques femmes, no­tam­ment l’hé­roïne, in­ter­pré­tée par l’in­croyable Da­ko­ta John­son. Sans ré­vé­ler l’in­trigue, on di­ra que les scènes de danse qui la mettent lon­gue­ment en avant tra­vaillent en pro­fon­deur l’idée que les mou­ve­ments du corps sont liés aux plus pro­fondes peurs de l’es­prit. La fille de Don John­son et Me­la­nie Grif­fith trouve ici le moyen de faire ex­plo­ser les cli­chés qui ont pu lui être as­so­ciés après la pous­sive tri­lo­gie Cin­quante nuances de Grey. La co­mé­dienne a ad­mis avoir été pro­fon­dé­ment han­tée par son ex­pé­rience sur le tour­nage de Sus­pi­ria. Une in­for­ma­tion que Lu­ca Guadagnino ne com­mente pas, pré­fé­rant mettre en avant l’in­ten­si­té de leur re­la­tion pour leur deuxième col­la­bo­ra­tion, après A Big­ger Splash. “Da­ko­ta John­son est al­lée très loin pour ce film. Nous avons une re­la­tion très in­tui­tive, nous nous com­pre­nons sans avoir be­soin d’en­trer constam­ment dans les dé­tails. La confiance entre nous est ré­ci­proque. Je sais qu’elle est une femme cou­ra­geuse, qui a le dé­sir d’ex­plo­rer la com­plexi­té en elle. C’est la rai­son pour la­quelle je l’aime beau­coup. Tous mes films ont tour­né au­tour de per­son­nages de femmes fortes, ce­la m’at­tire énor­mé­ment.”

Avant de par­ler à Lu­ca Guadagnino, nous avions

re­çu quelques alertes bien­veillantes dres­sant le por­trait d’un homme pas fa­cile, ré­ti­cent à ex­pli­quer son tra­vail. Ce mo­ment a bien fi­ni par ar­ri­ver, au dé­tour d’une ques­tion sur son style. Com­ment le dé­fi­nir, lui qui réa­lise des films si dif­fé­rents ain­si que plu­sieurs re­makes ? La pre­mière ré­ponse a sem­blé mé­ca­nique : “J’es­saie tou­jours de m’im­pli­quer en­tiè­re­ment, je ne fais pas du ci­né­ma parce que c’est un tra­vail. J’ex­prime ma vi­sion du monde et de moi- même, j’es­père que les gens peuvent de­vi­ner la­quelle sans que je doive for­cé­ment m’ex­pli­quer.” S’en est sui­vi un si­lence gla­cial, et quelques mi­nutes plus com­pli­quées… avant que le su­jet ne re­vienne sur la table. “Vous me de­man­dez com­ment dé­fi­nir mon style ? Pour com­men­cer, je ne com­prends pas vrai­ment le concept de style en ci­né­ma. Pour un réa­li­sa­teur, il est plus im­por­tant de pen­ser en termes de forme et de lan­gage. Le style a peut- être da­van­tage à voir avec la sur­face, quelque

chose d’un peu su­per­fi­ciel.” Si la ré­ponse de­meure in­com­plète, elle offre quelques clefs sur la vi­sion de l’art du gar­çon, qui re­fuse d’être ré­duit à la vis­ta de sa mise en scène et prône un cer­tain mys­tère. Ses films sont re­liés entre eux même s’ils ne se res­semblent pas tou­jours. Et alors ? En ce­la, Guadagnino a tout d’un clas­sique, à re­bours d’une époque où les ap­proches “mé­ta” et l’usage de la ci­ta­tion sont de­ve­nus lé­gion. Il cultive comme beau­coup le sen­ti­ment de ve­nir après, mais sans en faire un pro­blème in­so­luble. Quand on l’in­ter­roge sur l’idée du re­make for­cé­ment ris­qué d’un mo­nu­ment du ci­né­ma, il ré­pond de ma­nière simple et per­cu­tante : “J’ai es­sayé de m’ins­pi­rer

de la li­ber­té de Sus­pi­ria, sans en faire une co­pie.” Si Guadagnino in­siste sur cette idée, c’est au­tant pour dé­fendre sa force d’in­ven­ti­vi­té que pour éclai­rer sa concep­tion de ce que doit faire un film à ce­lui ou celle qui le re­garde : ou­vrir les yeux et les oreilles vers un

monde nou­veau. “Quand je crée, j’es­saie de me sou­ve­nir des chocs émo­tion­nels que m’ont pro­cu­rés des oeuvres, l’ex­pé­rience vi­suelle d’une pein­ture ou d’un film. J’aime bien pen­ser en de­hors du cadre et par­ta­ger la ré­flexion avec mes col­la­bo­ra­teurs et col­la­bo­ra­trices, avec qui je tra­vaille de­puis long­temps. Pour Sus­pi­ria, nous avons beau­coup re­gar­dé les pein­tures de Bal­thus, afin de com­prendre le genre de lu­mière et de cou­leurs dont nous avions en­vie. Nous avons aus­si sou­hai­té re­trou­ver un état d’es­prit lié à cer­taines ex­pé­riences ar­tis­tiques des

se­ven­ties. Le su­jet du film, c’est le conflit entre l’ir­ra­tion­nel et le ra­tion­nel, la ma­nière dont l’ir­ra­tion­nel peut faire ex­plo­ser notre vie ra­tion­nelle. Que se passe-t- il quand les deux se per­cutent ?”

Ce té­les­co­page, il est pos­sible de le res­sen­tir avec

Sus­pi­ria sans y voir un suc­cé­da­né d’un autre temps. Si le ré­sul­tat est for­cé­ment éton­nant, flir­tant par­fois avec le kitsch, Lu­ca Guadagnino y ex­prime ses dé­si­rs en li­ber­té. “Je ne peux pas réa­li­ser un film au­tre­ment qu’en ayant un contrôle to­tal”, ex­plique-t- il so­bre­ment. Le mes­sage est clair, tout comme le re­fus de la mé­lan­co­lie qui vou­drait que la gran­deur du ci­né­ma soit

dé­sor­mais der­rière nous. “J’es­saie de ne pas être quel­qu’un de nos­tal­gique. Je re­cherche avant tout des connexions et, quand je vois cer­tains films comme ceux des nou­velles vagues eu­ro­péenne ou ja­po­naise, le ci­né­ma fran­çais des an­nées 60, les jeunes réa­li­sa­teurs néer­lan­dais des se­ven­ties, le New Bri­tish Ci­ne­ma, je res­sens cette con­nexion. J’es­saie de la re­trou­ver et de l’in­té­grer à mon ci­né­ma, mais ce­la n’a rien à voir avec la nos­tal­gie. D’ailleurs, je vois beau­coup de films de toutes les époques, je ne suis pas snob.” Quand il s’agit d’évo­quer la place du ci­né­ma dans un monde où les images af­fluent de par­tout, re­met­tant en ques­tion le ca­rac­tère cen­tral et do­mi­nant du grand écran, Guadagnino de­vient pro­lixe. “C’est in­té­res­sant de com­prendre sa place dans la créa­tion d’au­jourd’hui. Il faut faire at­ten­tion à ne

pas res­ter arc-bou­té sur sa propre pers­pec­tive, mais au contraire à at­teindre un sur­plomb, au- de­là du ju­ge­ment. Au­jourd’hui, les images sont per­çues dif­fé­rem­ment, le ci­né­ma n’est plus seul. C’est une ques­tion ma­jeure. Je ne peux pas y ré­pondre trop vite. Di­sons que j’ai gran­di dans un cli­mat où beau­coup af­fir­maient que cet art était en train de mou­rir. ‘ Le ci­né­ma est mort. Le ci­né­ma est mort. Le ci­né­ma est mort.’ Ils ré­pé­taient tous ce­la. Une fois, c’était à cause de la té­lé ; une autre, à cause de la VHS ou du DVD. Main­te­nant on parle de la VOD et du strea­ming. Et pour­tant, nous re­cher­chons tou­jours col­lec­ti­ve­ment des his­toires, des ré­cits, pour com­prendre un peu mieux nos vies. Donc le ci­né­ma n’a pas l’air vrai­ment mort à mes yeux.” Re­gar­der le plan­ning de Lu­ca Guadagnino reste la meilleure fa­çon de s’en convaincre, même si ce­lui à qui l’on prête de nom­breux pro­jets in­ter­na­tio­naux avec des stars dé­si­rables – Rio, avec Be­ne­dict Cum­ber­batch, Jake Gyl­len­haal et Mi­chelle Williams ; une ver­sion du Lac des Cygnes ; un thril­ler avec Jen­ni­fer La­wrence ; une suite à Call Me by Your Name… – ne semble pas exal­té à l’idée de tra­vailler sans

cesse. “Si je suis hon­nête, mon rêve se­rait plu­tôt de par­tir à la re­traite. L’idée d’ajou­ter en­core du tra­vail à ce que je suis en train d’ac­cu­mu­ler me fait un peu froid dans le dos. J’es­père que j’au­rai l’oc­ca­sion de par­tir à la re­traite. Je ne sais pas en­core exac­te­ment ce que je vais faire main­te­nant. J’ai en­vie de pro­duire, de réa­li­ser… et de culti­ver mon jar­din. Pour l’ins­tant, je vous l’avoue, je n’ai pas en­core de jar­din [ rires].”

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