Les meubles- sculp­tures de Karl La­ger­feld ex­po­sés à Pa­ris, à la Car­pen­ters Work­shop Gal­le­ry.

Fin connais­seur des arts dé­co­ra­tifs, le créa­teur su­per­star Karl La­ger­feld ex­prime une nou­velle fa­cette de son ta­lent hors norme en pro­po­sant, à la Car­pen­ters Work­shop Gal­le­ry, une ligne de mo­bi­lier sculp­tu­ral ins­pi­rée de l’An­ti­qui­té.

Numéro - - Sommaire - Par Os­car Du­boÿ

On se sou­vient de la grande vente or­ga­ni­sée par la mai­son So­the­by’s à Mo­na­co en 1991, qui ré­vé­lait l’im­pres­sion­nante col­lec­tion de pièces du groupe Mem­phis dont Karl La­ger feld s’était en­tou­ré dans son ap­par te­ment mo­né­gasque. Il a en­suite en­chaî­né les ré­si­dences, et ac­cu­mu­lé, au fil de celles- ci, une abon­dante col­lec­tion de mo­bi­lier de de­si­gners fa­meux, de Süe et Mare à Marc New­son, sans ou­blier un pen­chant pro­non­cé pour le XVIIIe siècle. Nul n’ignore en ef­fet que Karl La­ger feld est un fin connais­seur des arts dé­co­ra­tifs. On ne s’éton­ne­ra donc pas de voir ex­po­sée, der­rière la vi­trine pa­ri­sienne de la Car­pen­ters Work­shop Gal­le­ry, la pre­mière col­lec­tion de de­si­gn du cé­lèbre cou­tu­rier.

Gué­ri­dons, tables, mi­roirs, ce sont au to­tal 24 meubles – ou plu­tôt 24 Ar­chi­tec­tures, puisque c’est ain­si qu’ils ont été bap­ti­sés – qui sont nés de son ima­gi­na­tion foi­son­nante. Un nom par­fai­te­ment choi­si car ce ne sont même plus des pieds mais de vé­ri­tables co­lonnes en marbre qui sou­tiennent, par exemple, les pla­teaux des tables. Des co­lonnes qui, à la ma­nière d’un jeu de construc­tion, su­per­posent di­vers types de can­ne­lures ( creu­sées dans la même ma­tière) abou­tis­sant à un ré­sul­tat très gra­phique. Une fa­çon ex­trê­me­ment per­son­nelle de re­vi­si­ter l’hé­ri­tage de la Grèce an­tique pour l’ins­crire dans l’époque contem­po­raine, to­ta­le­ment as­su­mée par Karl La­ger feld : “Tout se dé­mode, sauf ça. C’est la beau­té des stan­dards. Rien n’est plus mo­derne que l’An­ti­qui­té”, sou­li­gne­til. L’ar­chi­tecte Aline As­mar d’Am­man, qui a sui­vi le dé­ve­lop­pe­ment de cette ligne de

mo­bi­lier, in­siste sur l’har­mo­nie ex­cep­tion­nelle de ces pièces, d’une beau­té ca­no­nique : “On re­trouve dans les des­sins de Karl ce sens des pro­por­tions idéales… Un cen­ti­mètre de plus ou de moins chan­ge­rait to­ta­le­ment l’al­lure de ces créa­tions.”

Si Aline As­mar d’Am­man avait dé­jà tra­vaillé en col­la­bo­ra­tion avec le cou­tu­rier pour deux suites de l’Hô­tel de Crillon, c’était en re­vanche une pre­mière pour Loïc Le Gaillard et Ju­lien Lom­brail, fon­da­teurs de la Car­pen­ters

Work­shop Gal­le­ry. “Karl a d’abord été client de la ga­le­rie, et un jour il est ve­nu nous pro­po­ser ce pro­jet, ex­plique Ju­lien Lom­brail. Pour nous, c’était un vé­ri­table exer­cice de style et on ai­mait bien cette idée de pièce par­faite. Le fait de pou­voir maî­tri­ser la pro­duc­tion nous per­met aus­si de prendre en compte cer­taines né­ces­si­tés pra­tiques comme la du­ra­bi­li­té et la lo­gis­tique, tout en réa­li­sant des pro­jets am­bi­tieux. En l’oc­cur­rence, le marbre a été tra­vaillé par des ar ti­sans ita­liens de Vi­cence, qui ont al­lé­gé sa struc­ture en em­ployant du nid- d’abeilles afin de gar­der la so­li­di­té tout en ne dé­pas­sant pas les 500 ki­los.” Car la ma­tière est tout de même im­po­sante. Il s’agit, plus pré­ci­sé­ment, de marbre noir Mar­qui­na, ou Ara­bes­ca­to pour les ver­sions blanches, ra­ris­sime de­puis que les car­rières de Tos­cane ont été fer­mées. Noir ou blanc… le créa­teur reste fi­dèle à lui- même, s’im­po­sant plus que ja­mais comme une si­gna­ture, jusque dans le mo­bi­lier… en ver­sion ex­clu­sive bien sûr, puisque l’édi­tion est li­mi­tée à huit pièces plus quatre épreuves d’ar tistes.

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