LA JEUNE SCÈNE FRAN­ÇAISE

14 PA­RIS

Numero Art - - Septembre Sommaire - PAR IN­GRID LUQUET-GAD. PHO­TOS PAR YULYA SHADRINSKY

ILS ONT “CES­SÉ D’AT­TENDRE”. Ils, ce sont les forces vives de la jeune scène ar­tis­tique pa­ri­sienne. De­puis une poi­gnée d’an­nées, face à l’iner­tie des ins­ti­tu­tions en­fer­mées dans une doxa ar­chaï­sante et trop fran­co-fran­çaise, ils ont dé­ci­dé de “for­cer là où les ad­mi­nis­tra­tions, les pou­voirs pu­blics et les ins­ti­tu­tions ne sont peut-être pas as­sez en ac­cord et en syn­chro­ni­sa­tion avec la créa­tion contem­po­raine et ses en­jeux”, comme l’ex­plique Ra­fae­la Lo­pez, ar­tiste et membre du bu­reau de la struc­ture DOC ins­tal­lée dans un ancien ly­cée tech­nique sur les hau­teurs de Bel­le­ville. Comme elle, toute une gé­né­ra­tion fait souf­fler un vent nou­veau sur la ma­nière de tra­vailler, d’ex­po­ser, de pen­ser et de so­cia­bi­li­ser. Dans le monde de l’art, certes, mais avec une ou­ver­ture plu­ri­dis­ci­pli­naire qui man­quait jus­qu’alors.

Ces ini­tia­tives, on pour­rait les re­grou­per sous le terme gé­né­rique de pro­ject space – à no­ter qu’en fran­çais, le terme adé­quat manque tou­jours. L’hexa­gone ouvre peu à peu les yeux sur le mo­dèle des ar­tist-run spaces, ces lieux de pro­duc­tion et d’ex­po­si­tion gé­rés par des ar­tistes pour des ar­tistes, les­quels n’étaient au­pa­ra­vant re­pré­sen­tés que par quelques vaillants pré­cur­seurs : Glass­box, qui fête son ving­tième an­ni­ver­saire, Treize ou Im­ma­nence. Que ces es­paces soient ad­mi­nis­trés par des ar­tistes, des cu­ra­teurs ou se­lon un fonc­tion­ne­ment as­so­cia­tif im­porte en réa­li­té moins que leur com­mune au­to­no­mie. Ils per­mettent de per­cer le maillage déses­pé­ré­ment ho­mo­gène des po­li­tiques pu­bliques.

Du cô­té du DOC, né au prin­temps 2015, l’accent est mis sur “les idées et l’éthique” que par­tagent la soixan­taine de membres. Le fonc­tion­ne­ment est col­lé­gial, les res­sources éco­no­miques et tech­niques sont mu­tua­li­sées. La pro­gram­ma­tion, née de la vo­ca­tion d’ou­vrir le bâ­ti­ment au pu­blic, n’a rien à en­vier aux ins­ti­tu­tions. Ra­fae­la Lo­pez pré­cise : “Se suc­cèdent les ex­po­si­tions [men­suelles], le fes­ti­val Bruits de ga­lop [fes­ti­val de théâtre, deux fois l’an], les concerts, le pro­gramme de l’uni­ver­si­té libre, les pro­jets de DOC off-site. Et nous lan­ce­rons à la ren­trée le pre­mier fes­ti­val de moyen mé­trage en Île-de-france, le FLIMM [Fes­ti­val libre de moyen mé­trage].” Il n’en reste pas moins que l’on voit mal des clubs de lec­ture anar­chistes (pi­lo­tés par le phi­lo­sophe Pa­trice Ma­ni­glier) être me­nés dans un autre cadre.

Des lieux de pen­sée exi­geants, il y en a, certes, et l’on songe alors à une ini­tia­tive du même type. Ou­verte en oc­tobre 2016, La Co­lo­nie, lieu de “sa­voir-vivre et de faire sa­voir”, est née de la vo­lon­té de l’ar­tiste Ka­der At­tia de créer un es­pace de ré­flexion libre et in­dé­pen­dant. C’est dans une They’re “not going to wait any­more.” “They” are the li­fe­blood of the young Parisian art scene. In recent years, gi­ven the iner­tia of ad­mi­nis­tra­tion-hea­vy French ins­ti­tu­tions, they’ve de­ci­ded to “force our way through in areas where ad­mi­nis­tra­tions, pu­blic au­tho­ri­ties and ins­ti­tu­tions are not al­ways in agree­ment or in sync with contem­po­ra­ry art and its chal­lenges,” as ar­tist Ra­fae­la Lo­pez – a board mem­ber of DOC, an ar­tist-run space in a di­su­sed Bel­le­ville school – explains. Like her, a whole ge­ne­ra­tion is fin­ding new ways of wor­king, ex­hi­bi­ting, thin­king and so­cia­li­zing, with a multidisciplinary ap­proach that has been en­ti­re­ly la­cking up till now.

France is gra­dual­ly opening its eyes to the concept of ar­tist-run spaces, whose few va­liant pio­neers in­clude Glass­box – cur­rent­ly ce­le­bra­ting its 20th bir­th­day –, Treize and Im­ma­nence. Whe­ther these spaces are ad­mi­nis­te­red by ar­tists, cu­ra­tors or as­so­cia­ti­ve­ly is ac­tual­ly less im­por­tant than their com­mon pur­pose: au­to­no­my, in or­der to get round the des­pe­rate ho­mo­ge­nei­ty of pu­blic po­li­cy.

Laun­ched in 2015, DOC prio­ri­tizes the “ideas and ethics” sha­red by its 60-odd mem­bers. It func­tions col­le­gial­ly by poo­ling its eco­no­mic and tech­ni­cal re­sources, and its pro­gram­ming ea­si­ly stands com­pa­ri­son with more es­ta­bli­shed ins­ti­tu­tions. “We put on [month­ly] ex­hi­bi­tions, Bruits de Ga­lop [a twice-year­ly theatre fes­ti­val], concerts,

14 SEPT. PA­RIS

IN SQUATS, CAR PARKS, ITINERANT VE­NUES OR COL­LEC­TIVE SPACES, THE YOUNG PA­RIS ART SCENE IS BLOSSOMING, PROPELLED BY A GE­NE­RA­TION THAT NO LON­GER WANTS TO WAIT FOR THE OF­FI­CIAL INS­TI­TU­TIONS TO OFFER THEM A PLACE IN THE SUN. COLLEGIAL, MULTIDISCIPLINARY AND RESOLUTELY INTERNATIONAL, THIS NEW WAVE OF CREATORS HAS BROUGHT A REFRESHING SPI­RIT OF FREE­DOM TO THE WORLD OF FRENCH ART. Pa­ris THE FU­TURE OF ART IS IN THE CAR PARK

an­cienne boîte de nuit congo­laise que se sont dé­rou­lés d’am­bi­tieux col­loques dé­diés à la pen­sée post­co­lo­niale, tan­dis que le lieu conti­nue à fonc­tion­ner comme un bar de quar­tier. Pra­tiques et idées exi­geantes, émer­gentes ou non re­pré­sen­tées trouvent un cadre aus­si sé­rieux que ce­lui du mu­sée, du centre d’art ou de l’uni­ver­si­té – la ra­di­ca­li­té per­mise par l’au­to­ges­tion en sus.

Le son de cloche change in­sen­si­ble­ment au Won­der/liebert. Da­van­tage que la re­pré­sen­ta­tion de telle ou telle pra­tique, le risque et l’ex­pé­ri­men­ta­tion y sont culti­vés comme des va­leurs car­di­nales. “Le par­king en ex­té­rieur nous offre, pour les ex­po­si­tions que nous y conce­vons, la li­ber­té de faire des feux, des trous, du bruit. Des choses plus dif­fi­ciles à né­go­cier dans les centres d’art”, sou­ligne Nel­son Per­nis­co. L’hi­ver der­nier, l’ancien Won­der de Ba­gno­let s’est dé­pla­cé à Gal­lie­ni pour s’ins­tal­ler tem­po­rai­re­ment dans une an­cienne usine de ma­té­riel de cli­ma­ti­sa­tion vouée à la des­truc­tion. À dix, les membres ac­cueillent quarante-cinq ar­tistes, mu­si­ciens et com­mis­saires en ré­si­dence dans ce bâ­ti­ment de six étages, où chaque pla­teau a été équi­pé pour un type de pra­tique. Ca­rac­té­ris­tique des es­paces grand for­mat comme le DOC ou le Won­der/liebert, la plu­ri­dis­ci­pli­na­ri­té conta­mine éga­le­ment des for­mats plus res­treints et mo­biles.

Ain­si, le jour de l’inau­gu­ra­tion du Won­der/liebert, les plus té­mé­raires se sou­vien­dront d’avoir pour­sui­vi les ré­jouis­sances au Chinois, un bar-club de Mon­treuil. Là se tiennent tous les mois les soi­rées Parkingstone. Au cours de celles-ci, Si­mon Thiébaut, lui-même is­su d’une for­ma­tion ar­tis­tique (il se dit d’ailleurs cu­ra­teur) mêle une pro­gram­ma­tion mu­si­cale poin­tue ca­rac­té­ris­tique de la gé­né­ra­tion Sound­cloud glo­ba­li­sée et post-éti­quettes, et un vo­let ar­tis­tique non moins exi­geant, in­vi­tant de jeunes ar­tistes comme Gaëlle Choisne ou Ben­ja­min Bla­quart à re­pen­ser l’uni­vers vi­suel.

Col­lé­gial, plu­ri­dis­ci­pli­naire, international et an­ti- white cube : tel est l’es­prit de la nou­velle scène pa­ri­sienne. Au point que l’on est en droit de se de­man­der si l’at­ta­che­ment à un lieu phy­sique est for­cé­ment si im­por­tant pour les struc­tures n’ayant pas vo­ca­tion à of­frir un es­pace de tra­vail. Pour le dire au­tre­ment, les es­paces d’ex­po­si­tion au­to­nomes peuvent-ils sub­sis­ter sur le mo­dèle des soi­rées en club, agré­geant une com­mu­nau­té au­tour de ren­dez-vous ré­gu­liers mais po­ten­tiel­le­ment iti­né­rants ? En quelques an­nées seule­ment, le constat s’est pro­gres­si­ve­ment im­po­sé : re­grou­per les pro­ject-spaces sous l’éti­quette d’émer­gence ne suf­fit plus. “Au­jourd’hui, il y a des con­fé­rences sur le thème des pro­ject spaces, qui

“COL­LÉ­GIAL, PLU­RI­DIS­CI­PLI­NAIRE, INTERNATIONAL ET AN­TI- WHITE CUBE : TEL EST L’ES­PRIT DE LA NOU­VELLE SCÈNE PA­RI­SIENNE.”

our open-uni­ver­si­ty pro­gramme and off-site pro­jects. And we’ll be laun­ching FLIMM, the first fes­ti­val of me­dium­length films in the Île-de-france.” It’s hard to ima­gine the col­lec­tive’s anar­chist rea­ding club (mo­de­ra­ted by phi­lo­so­pher Pa­trice Ma­ni­glier) in any other set­ting.

Ano­ther such ri­go­rous space of thought is La Co­lo­nie, laun­ched in Oc­to­ber 2016 by ar­tist Ka­der At­tia, where am­bi­tious sym­po­sia on post-co­lo­nial thin­king take place in a for­mer Con­go­lese night­club, which al­so func­tions as a neigh­bou­rhood bar. Challenging, emer­ging and un­der­re­pre­sen­ted thought and prac­tices are trea­ted as se­rious­ly as in a mu­seum, art cen­ter or uni­ver­si­ty with a free­dom and ra­di­ca­li­ty that on­ly self-ma­na­ge­ment al­lows.

Ra­ther than re­pre­sen­ting par­ti­cu­lar prac­tices, ten-mem­ber Won­der/liebert makes risk and ex­pe­ri­men­ta­tion its car­di­nal va­lues. “The out­door car park al­lows us to make fires, holes and noise, which is har­der to arrange in of­fi­cial art cen­ters,” explains Nel­son Per­nis­co. Ear­lier this year, Won­der mo­ved from Ba­gno­let to a tem­po­ra­ry home in Gal­lie­ni – a for­mer fac­to­ry sche­du­led for de­mo­li­tion, whose six sto­reys now wel­come 45 ar­tists, mu­si­cians and cu­ra­tors in re­si­dence, with each floor equip­ped to ac­com­mo­date a spe­ci­fic ar­tis­tic genre. Cha­rac­te­ris­tic of large spaces like DOC and Won­der/liebert, this multidisciplinary ap­proach is al­so sprea­ding to smal­ler,

“COLLEGIAL, MULTIDISCIPLINARY,

INTERNATIONAL AND AN­TI-WHITE CUBE: THIS IS THE SPI­RIT OF THE NEW PA­RIS ART SCENE.”

ont des sec­tions dans presque toutes les foires in­ter­na­tio­nales. Ce qui est bé­né­fique pour la vi­si­bi­li­té des jeunes ar­tistes, mais va pro­ba­ble­ment fi­ger le for­mat. Il va bien­tôt fal­loir trou­ver d’autres so­lu­tions”, avance Éli­sa Rigoulet, co­fon­da­trice avec An­toine Donzeaud d’exo Exo. S’ils or­ga­nisent de­puis 2013 des ex­po­si­tions dans son ate­lier à lui, ils ont aus­si com­men­cé à réa­li­ser des pro­jets hors les murs : à Mexi­co dans le cadre de Ma­te­rial Art Fair, à Vienne à la ga­le­rie New Jörg, ou à Londres à la ga­le­rie Clear­view.

Il fau­drait dès lors dis­tin­guer les es­paces de tra­vail, les es­paces dé­diés à dé­fendre un cer­tain type de pro­gram­ma­tion et les “hub ou pla­te­forme”. L’ex­pres­sion nous a été souf­flée par Fran­ces­ca Man­gion, qui s’oc­cupe, avec Va­len­ti­na Ci­pul­lo, de La Plage. En 2015, une ad­jonc­tion in­fra­mince ve­nait ponc­tuer le bou­le­vard Saint-mar­tin : à peine une vi­trine de ma­ga­sin, sans si­gna­lé­tique au­cune. Pour les deux cu­ra­trices, le dé­sir était d’avoir un site où ma­té­ria­li­ser cer­taines dis­cus­sions, lieu dont la pe­ti­tesse tra­dui­rait le manque de place dans le centre – sa­tu­ré – de la ca­pi­tale. D’où la né­ces­si­té d’en­vi­sa­ger en pa­ral­lèle une pro­gram­ma­tion hors les murs, comme au ZKM à Karls­ruhe, où La Plage par­ti­cipe à l’ex­po­si­tion col­lec­tive Hy­brid Layers. Pour Fran­ces­ca Man­gion, “cette par­tie de notre pro­gram­ma­tion re­flète éga­le­ment notre ré­ti­cence à adhé­rer à tout mo­dèle pré­dé­fi­ni de ce que de­vrait être un pro­ject-space”.

Même son de cloche chez le da­nois Ras­mus My­rup, dont le pro­jet iti­né­rant ra­di­ca­lise cette idée de dé­ra­ci­ne­ment. Ve­nu tra­vailler à la New Ga­le­rie à Pa­ris, il fonde la pla­te­forme d’ex­po­si­tions Wee­kends en 2013 de re­tour au Da­ne­mark. Comme les ar­tistes qu’il ex­pose, cet ar­tiste/cu­ra­teur/ pro­duc­teur est mul­ti­cas­quette, connec­té et ul­tra­mo­bile. Alors étu­diant aux Beaux-arts la se­maine, il montre des ar­tistes comme Ar­tie Vier­kant, Cé­dric Fargues ou Ama­lia Ul­man dans son ap­par­te­ment le week-end – d’où le nom. Wee­kends va en­suite se dé­lo­ca­li­ser en Au­triche, aux ÉtatsU­nis et à Londres, avant de re­ve­nir à Pa­ris. Sous la forme de group shows poin­tus et dé­ca­lés, Wee­kends mêle jeunes pousses en de­ve­nir et grands noms grand pu­blic, et le fait cette fois-ci dans un jeu sub­til avec le cadre ins­ti­tu­tion­nel. À la New Ga­le­rie, les ex­po­si­tions s’in­ter­calent pen­dant une di­zaine de jours dans le temps de flot­te­ment entre le mon­tage et le dé­mon­tage des autres ex­po­si­tions. Au fi­nal, ces lieux ne sont plus uni­que­ment dans l’op­po­si­tion à un mo­dèle éta­bli, mais consti­tuent à leur tour au­tant de pro­po­si­tions en puis­sance. more mo­bile ve­nues. One example is Le Chinois, a bar/ club in Mon­treuil that holds a month­ly event cal­led Parkingstone at which ar­tist-cu­ra­tor Si­mon Thiébaut com­bines so­phis­ti­ca­ted post-la­bel ge­ne­ra­tionSound­cloud mu­sic with equal­ly ri­go­rous ar­tis­tic pro­gram­ming, re­gu­lar­ly in­vi­ting young ar­tists like Gaëlle Choisne and Ben­ja­min Bla­quart to re­think the space.

Collegial, multidisciplinary, international and an­ti-white cube: this is the spi­rit of the new Pa­ris art scene. To the point that one won­ders whe­ther at­tach­ment to a phy­si­cal place is real­ly so im­por­tant. Could ex­hi­bi­tion plat­forms be run on the itinerant club-night mo­del? “To­day, there are lec­tures on the theme of pro­ject spaces, and they’re present at al­most eve­ry international art fair, which is help­ful for young ar­tists’ vi­si­bi­li­ty but will pro­ba­bly stifle the for­mat. We’ll soon have to find other so­lu­tions,” says Eli­sa Rigoulet, co-foun­der with An­toine Donzeaud of Exo Exo. As well as or­ga­ni­zing ex­hi­bi­tions in Donzeaud’s stu­dio, they’ve laun­ched pro­jects abroad, in Mexi­co, Vien­na and Lon­don among others.

There is now a dis­tinc­tion to be made bet­ween work spaces, plat­forms that run a cer­tain type of pro­gram­ming and “hubs or plat­forms,” as Fran­ces­ca Man­gion calls them. To­ge­ther with Va­len­ti­na Ci­pul­lo she runs La Plage, a ti­ny space on the bou­le­vard Saint-mar­tin consis­ting of a shop win­dow with no si­gn. They al­so pro­gram off-site events, as is cur­rent­ly the case at Karls­ruhe’s ZKM. For Man­gion, “this al­so re­flects our re­luc­tance to fol­low any pre­de­fi­ned mo­del of what a pro­ject-space is.”

The same is true of Ras­mus My­rup, whose ex­hi­bi­tion plat­form Wee­kends ra­di­ca­lizes this idea of root­less­ness. In 2013, as an art-school student in Co­pen­ha­gen, he be­gan ex­hi­bi­ting ar­tists such as Ar­tie Vier­kant, Cé­dric Fargues and Ama­lia Ul­man in his apartment eve­ry wee­kend (whence the name). La­ter the plat­form sho­wed in Aus­tria, the US and Lon­don be­fore co­ming to Pa­ris for its fifth sea­son. Com­bi­ning up­co­ming ta­lent with more es­ta­bli­shed names, it now plays a subtle game with the es­ta­bli­shed ins­ti­tu­tio­nal fra­me­work by ex­hi­bi­ting at Pa­ris’s New Gal­le­ry in the down time bet­ween their of­fi­cial shows – a si­gn that these new ven­tures are no lon­ger sim­ply in op­po­si­tion to the es­ta­blish­ment, but have become po­wer­ful al­ter­na­tive sup­ple­ments in their own right.

Exo Exo : 10 ter, rue Bisson, 75020 Pa­ris. Ex­po­si­tion Isaac Ly­th­goe, à par­tir du 14 sep­tembre. DOC : 26, rue du Doc­teur-potain, 75019 Pa­ris. Wondert/liebert : 124, ave­nue Gal­lié­ni, 93170 Ba­gno­let. La Plage : 25, bou­le­vard Saint-mar­tin, 75010 Pa­ris. New Ga­le­rie : 2, rue Bor­da, 75003 Pa­ris.

2

1 AN­TOINE DONZEAUD ET ÉLI­SA RIGOULET, DE LA GA­LE­RIE EXO EXO, PHOTOGRAPHIÉS AU SEIN DE L’EX­PO­SI­TION SWEATY HANDS D’AGATA INGARDEN. DÉ­TAIL.3 4 1

VUES DES ES­PACES IN­TÉ­RIEURS DU WONDERT/LIEBERT ET DE SON PAR­KING, OÙ SONT ÉTEN­DUES DES OEUVRES DE JU­LIETTE VI­LAIN ET DE SAEIO. L’AR­TISTE, PHO­TO­GRA­PHIÉ SUR PLACE, EST DÉ­CÉ­DÉ BRU­TA­LE­MENT AU MOIS D’AOÛT. L’EX­PO­SI­TION QUI SE­RA INAU­GU­RÉE LE 10 NO­VEMBRE LUI REN­DRA HOM­MAGE.5 6

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.