1ER OCT.

Numero Art - - La Une - FR 108 Quel a été votre par­cours ? Comment vous êtes-vous in­té­res­sé à la cé­ra­mique ja­po­naise ? THE TER­RY ELLIS TREASURE TROVE Nu­mé­ro art: Ter­ry Ellis: What’s your back­ground? EN What made you shift from Ca­rib­bean to Asian culture? How did you get in­ter­est

LA MAI­SON DE TER­RY ELLIS, dans le quar­tier lon­do­nien de Brix­ton, est unique. Son at­mo­sphère re­flète la culture du maître des lieux, collectionneur de cé­ra­miques ja­po­naises. Ce Ja­maï­quain d’ori­gine a une pré­di­lec­tion pour le style min­gei, un cou­rant ar­ti­sa­nal ja­po­nais ins­pi­ré des Arts & Crafts, dont les pré­ceptes théo­riques ont été conçus par le phi­lo­sophe Soet­su Ya­na­gi (père du de­si­gner So­ri Ya­na­gi). Dans la mai­son de Ter­ry, un disque de reggae tourne sur la pla­tine tan­dis que les hôtes s’ex­ta­sient sur les nom­breuses boîtes dans les­quelles sont conser­vées les pièces les plus pré­cieuses. D’autres sont uti­li­sées au quo­ti­dien, comme ces bols à thé ou ces as­siettes que nous tend Ter­ry. Il a consti­tué l’une des plus belles col­lec­tions de po­te­ries d’oki­na­wa – une île au sud-ouest du Ja­pon –, au style brut re­haus­sé de mo­tifs co­lo­rés in­ha­bi­tuels, en même temps qu’il com­man­dait aux po­tiers des pièces pour le la­bel Fen­ni­ca, du ma­ga­sin lon­do­nien Beams, dont il est une sorte de di­rec­teur ar­tis­tique.

Nu­mé­ro art : Ter­ry Ellis :

Je suis né à la Ja­maïque, mais je vis au Royau­meU­ni de­puis l’âge de 8 ans. Après des études d’art dra­ma­tique à Londres, j’ai com­men­cé à tra­vailler dans une bou­tique de vê­te­ments parce que j’avais be­soin d’ar­gent et que j’étais plu­tôt doué pour ça. Jus­qu’à la fin des an­nées 70, j’ai conti­nué de tra­vailler dans dif­fé­rentes bou­tiques du West End, au­tour de Bond Street.

Comment se fait-il que vous soyez pas­sé d’une culture ca­ri­béenne à une culture ex­trême-orien­tale ?

En Ja­maïque, ma fa­mille pos­sé­dait une bou­tique où l’on ven­dait des uni­formes d’éco­lier, des chaus­sures de sport, du ma­té­riel de cui­sine, etc. Le soir, cette bou­tique, te­nue par ma grand-mère, se trans­for­mait en bar. Dans le vil­lage, les pro­prié­taires de la seule autre bou­tique étaient chi­nois. Leurs en­fants sont de­ve­nus mes amis. Ça a été mon pre­mier contact avec la culture asia­tique. J’ado­rais leur cui­sine, mais je ne sa­vais pas qu’elle était “chi­noise”. Pour moi, c’était sim­ple­ment leur cui­sine. J’ai com­men­çé à tra­vailler à Londres pour l’en­seigne Beams, un fa­bri­cant de vê­te­ments ja­po­nais. Je suis par­ti au Ja­pon et j’en suis re­ve­nu avec la pos­si­bi­li­té de sé­lec­tion­ner moi-même ce que je vou­lais pour la bou­tique. À ce mo­ment-là, j’ai dé­ci­dé de vendre autre chose que des vê­te­ments. J’ai com­men­cé par des meubles scan­di­naves contem­po­rains ou da­tant des an­nées 40 et 50. Mais je vou­lais aus­si des ob­jets ty­pi­que­ment ja­po­nais, contem­po­rains. Au dé­but des an­nées 90, j’ai fait la ren­contre du de­si­gner So­ri Ya­na­gi, qui était alors le di­rec­teur du Min­gei Mu­seum [le mu­sée d’ar­ti­sa­nat po­pu­laire ja­po­nais] à To­kyo. Je suis de­ve­nu en quelque sorte son dis­ciple. Nous avons com­men­cé à tra­vailler avec lui pour re­lan­cer DURING PAD IN LON­DON, NU­MÉ­RO VI­SI­TED JAMAICAN COL­LEC­TOR TER­RY ELLIS, WHO’S MAD ABOUT JAPANESE CERAMICS AND SERVED US TEA IN PRECIOUS BOWLS TO THE SOUND OF REGGAE.

Ter­ry Ellis’s Brix­ton house is un­like any­thing you’ve ever seen. It’s a por­trait of its ow­ner, who’s cra­zy about Japanese ceramics, with a par­ti­cu­lar pen­chant for the min­gei style, an Arts & Crafts-ins­pi­red cur­rent in Japanese crafts­man­ship whose phi­lo­so­phi­cal un­der­pin­nings were laid out by Soet­su Ya­na­gi ( fa­ther of the de­si­gner So­ri Ya­na­gi). Ellis has put together a par­ti­cu­lar­ly fine col­lec­tion of pot­te­ry from Oki­na­wa, an is­land in sou­th­wes­tern Ja­pan, which is cha­rac­te­ri­zed by its rough style pi­cked out with unu­sual co­lou­red mo­tifs. But he al­so com­mis­sions Japanese pot­ters to pro­duce pieces for the Fen­ni­ca brand of Lon­don shop Beams, of which he is the ar­tis­tic di­rec­tor.

I was born in Ja­mai­ca but mo­ved to the U.K. when I was eight. I stu­died dra­ma in Lon­don but drop­ped out and star­ted wor­king in a clo­thing shop be­cause I nee­ded mo­ney. It tur­ned out I was good at it – so good that I car­ried on wor­king in va­rious shops in the West End around Bond street during the late 70s.

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