Il en faut peu pour être heu­reux

Octane (France) - - Sommaire - Yan-alexandre Da­ma­sie­wicz Ré­dac­teur en chef

Les jour­na­listes au­to­mo­biles sont des gens heu­reux. Nous pas­sons une par­tie de notre vie à conduire les voi­tures les plus in­croyables dans des lieux qui ne le sont pas moins, et l’autre à ra­con­ter de belles his­toires. Un rêve pour tout pas­sion­né de voi­tures – ce que nous sommes tous, avant tout.

À peine suis-je ren­tré de la Lam­bor­ghi­ni Av­ven­tu­ra, où j’ai par­cou­ru avec quelques confrères les plus belles routes de Nor­vège au vo­lant de la gamme mo­derne du construc­teur, que je me suis en­vo­lé pour New­port Pa­gnell où m’at­ten­dait une paire d’as­ton Mar­tin his­to­riques. Voi­là qui a lar­ge­ment as­sou­vi mes be­soins de conduite pour l’été, et je dois avouer que pa­reilles ex­pé­riences ont au fil des an­nées un peu at­té­nué en moi ce be­soin fon­da­men­tal de rou­ler à la pre­mière oc­ca­sion ve­nue.

Mon ga­rage n’est pas vide pour au­tant. On y trouve une BMW 1600ti, sou­ve­nir d’an­nées d’une jeu­nesse pas­sée à écu­mer les routes d’eu­rope en ma­ra­thons à vive al­lure, et qui at­tend pa­tiem­ment que je me dé­cide à la res­tau­rer. Et une Ford Tau­nus TC3… Je vous épar­gne­rai le fais­ceau de cir­cons­tances qui l’a me­née à moi, mais une cou­leur ori­gi­nale, un ha­bi­tacle dans l’état du neuf et un prix ri­di­cule, consé­quence de nom­breuses (mais simples) ré­pa­ra­tions in­dis­pen­sables, ont vite ache­vé de me convaincre d’ac­qué­rir cette ma­chine à re­mon­ter le temps. La Tau­nus est ma com­pagne des ba­lades tran­quilles du week-end, que ce soit pour al­ler cher­cher le pain le ma­tin où pour me pro­me­ner entre les champs du pla­teau cé­réa­lier du Vexin, toutes fe­nêtres ou­vertes, ac­com­pa­gné d’un peu de folk, aux heures où les seules âmes que l’on croise sont celles de re­nards ou de biches éga­rées.

J’ai trou­vé cet été un point po­si­tif à la nou­velle li­mi­ta­tion à 80 km/h : c’est la vi­tesse à la­quelle la Ford est la plus à son aise, ron­ron­nant tran­quille­ment en 4e. Car je garde le meilleur pour la fin : sous son ca­pot se cache un mo­deste 1,3 l d’une cin­quan­taine de che­vaux. Le bon­heur est une chose par­fois tel­le­ment simple.

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