Ar­cous­tic CPH-10P

On Magazine - - SOMMAIRE - Al­ban Amou­roux

Les en­ceintes se font plus pe­tites, plus de­si­gn, plus in­té­grables. L’ob­jec­tif est de fa­ci­li­ter leur adop­tion dans tous nos in­té­rieurs. Le fa­bri­cant d’ori­gine da­noise Art­cous­tic a choi­si la fixa­tion mu­rale pour la qua­si-to­ta­li­té de ses mo­dèles. Elles pré­sentent toute la même par­ti­cu­la­ri­té : une faible pro­fon­deur. C’est une ex­cel­lente al­ter­na­tive aux en­ceintes en­cas­trables, qui prennent en­core moins de place mais qui né­ces­sitent de dé­cou­per le mur et qui dé­pendent en­suite du vo­lume de la cloi­son. Avec la CPH-10P, Art­cous­tic a dé­sor­mais une proposition puis­sante dans un for­mat com­pact, qui de­vrait s’ac­com­mo­der de la plu­part des si­tua­tions, mul­ti­room au­dio et pe­tit home ci­ne­ma en tête. Pré­sen­ta­tion : l’en­ceinte la plus pe­tite pos­sible avec un woo­fer le plus gros pos­sible

La CPH-10P me­sure 30x40 cen­ti­mètres en fa­çade. Au­tant dire que le woo­fer de 25 cm en oc­cupe une bonne par­tie. On s’at­tend à trou­ver ce dia­mètre de haut-par­leur dans de grosses en­ceintes co­lonnes, des mo­ni­tors ou des cais­sons de basse. Mais tout de même plus ra­re­ment, ou pour ain­si dire ja­mais dans une en­ceinte aus­si plate : moins de 13 cen­ti­mètres d’épais­seur. Sur­tout qu’art­cous­tic nous avait ha­bi­tués jus­qu’ici à mul­ti­plier les pe­tites mem­branes dans ses autres gammes d’en­ceintes. Le plus haut de gamme de la sé­rie SL em­barque en ef­fet 24 pe­tits woo­fers. Le choix contraire a donc été fait ici, pour mieux des­cendre en fré­quence et que l’en­ceinte se suf­fise à elle-même. On note la pré­sence d’un évent ul­tra fin, comme une lame d’air, tout en bas de la face ar­rière. En haut de celle-ci, le bor­nier est en­fon­cé pour ne pas ve­nir gê­ner le po­si­tion­ne­ment au mur. Juste en des­sous se trouvent les deux en­coches né­ces­saires à ce mode de fixa­tion. Mais on peut tout aus­si bien lais­ser les en­ceintes po­sées sur un meuble ou des éta­gères. La fi­ni­tion, blanc ou noir mat, par dé­faut peut être rem­pla­cée par n’im­porte quelle cou­leur. Il vous suf­fi­ra de la sé­lec­tion­ner dans l’un des nuan­ciers avec les­quels tra­vaille Art­cous­tic. Les grilles sont en op­tions. Là aus­si, en de­hors des clas­siques noir et blanc, tout est pos­sible, et même d’im­pri­mer des oeuvres d’art sur le tis­su.

À l’écoute : une image so­nore tri­di­men­sion­nelle

Pour les be­soins de ce test, je ne suis pas al­lé jus­qu’à faire des trous dans mes murs et je me suis donc conten­té de po­ser les Art­cous­tic CPH10P sur des pieds, à la place de mes en­ceintes de

ré­fé­rence. Les bor­niers sont d’ex­cel­lente qua­li­té et ils ac­ceptent bien sûr les fiches ba­nanes. Sur les conseils du dis­tri­bu­teur fran­çais de la marque, j’ai sui­vi une longue pé­riode de ro­dage avant de pas­ser à l’écoute. Lorsque l’on écoute de nou­velles en­ceintes, la pre­mière im­pres­sion est sou­vent la bonne. Dans le cas de ces CPH-10P, ce qui frappe en pre­mier lieu, c’est l’image so­nore ho­lo­gra­phique qu’elles pro­posent. Les en­ceintes dis­pa­raissent tout sim­ple­ment, il est qua­si­ment im­pos­sible de les lo­ca­li­ser. La scène so­nore est très pro­fonde, elle se dé­ploie fa­ci­le­ment der­rière les en­ceintes. «Li­ber­tan­go», de Grace Jones, se joue dans une am­biance très ca­rac­té­ris­tique qui fait même dis­pa­raître le mur der­rière les en­ceintes. Sur de la musique très dé­taillée et aé­rée, ces en­ceintes sont à leur aise. Tout est par­fai­te­ment dé­fi­ni, dans les contours et le pla­ce­ment. Les cla­que­ments de doigt et autres pe­tites per­cus­sions sont réa­listes dans leur res­ti­tu­tion, grâce à l’as­so­cia­tion du twee­ter à la dé­fi­ni­tion ex­cep­tion­nelle et aux ca­pa­ci­tés du woo­fer en termes de ra­pi­di­té. Le mé­dium est donc ra­pide et l’ai­gu arrive à être ci­se­lé sans être fa­ti­gant, un très bon point. Sur «Her­man’s Ha­bit», mor­ceau is­su de la B.O. de «La La Land», les dif­fé­rents ins­tru­ments sont par­fai­te­ment dé­ta­chés, les per­cus­sions de la bat­te­rie jazz sont pré­cises et nettes, et les cuivres af­firment leur pré­sence sans de­ve­nir agres­sifs. La CPH-10P sait aus­si être à l’aise sur les mor­ceaux les plus mo­dernes, au mes­sage plus com­plexe, et bien char­gé en basses. Et ce même à ni­veau confor­table. L’en­semble sait ne ja­mais se mon­trer agres­sif tout en rem­plis­sant la pièce sans en­combre. Pour­tant, même si le bas du spectre est sec et ra­pide, il manque un soup­çon de des­cente dans les fré­quences les plus graves. Avec une paire de 25 cm de­vant soi, on au­rait pu s’at­tendre à se faire trem­bler les bas de pan­ta­lon. Mais il faut re­mettre cette en­ceinte dans son contexte : des­ti­née au monde de l’in­té­gra­tion, son vo­lume in­té­rieur ré­duit ne per­met pas d’at­teindre les tré­fonds de l’in­fra grave, parce qu’elle n’a pas été conçue pour ce­la. Par exemple, «I Got U», de Duke Dumont, qui rem­plit la pièce par ses ef­fets exa­cer­bés, sait se mon­trer dy­na­mique et per­cus­sif dans le grave ca­rac­té­ris­tique de l’elec­tro-dance, mais il en manque un peu en des­sous pour que ce soit com­plet. Mal­gré ce­la, en écoute nor­male, et dans le cadre des uti­li­sa­tions pro­po­sées par Art­cous­tic, on ne se­ra pas vrai­ment gê­né pas cette li­mi­ta­tion : dif­fu­sion au­dio multi pièce, pe­tit home ci­ne­ma, Hi­fi com­pacte, so­no­ri­sa­tion de bar/res­tau­rant, etc. À ce titre, l’en­ceinte est d’ailleurs ven­due à l’uni­té et non par paire. Si l‘on sou­haite al­ler plus loin, rien n’em­pêche de lui as­so­cier un cais­son de basses. Et là, on peut po­ten­tiel­le­ment ob­te­nir un sys­tème 2.1 re­dou­table. La CPH-10 se­ra bien­tôt pro­po­sée en ver­sion A, c’est-à-dire am­pli­fiée. Elle sau­ra même être au­to­nome avec l’in­clu­sion du Blue­tooth. En mode mul­ti­room ou en Hi­fi, la mise en place se­ra alors en­core plus fa­cile.

En conclu­sion : des en­ceintes qui savent se faire ou­blier, dans tous les sens du terme, pour lais­ser place à la musique

En ver­sion pas­sive, cette CPH-10P reste une en­ceinte d’ex­cel­lente qua­li­té. Elle est certes pro­po­sée à un ta­rif qui peut sem­bler un brin exa­gé­ré. Mais il cor­res­pond aux qua­li­tés qui ont fait la re­nom­mée d’art­cous­tic : construc­tion, fi­ni­tion, choix des haut-par­leurs, ver­sa­ti­li­té d’ins­tal­la­tion, cus­to­mi­sa­tion pos­sible en op­tion. Elles dis­til­lent une su­perbe image so­nore et elles pré­sentent une ra­pi­di­té dans le mé­dium que l’on ne re­trou­ve­ra pas for­cé­ment sur des en­ceintes plus ac­ces­sibles. Dans tous les cas, ce ne sont pas des en­ceintes avec les­quelles on s’en­nuie.

2000 €

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.